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ALEXANDRE (Arsène) . Les fées en train de plaisir .

ALEXANDRE (Arsène) . Les fées en train de plaisir .

SKU : 9501451
450,00 €Prix
Paris, Ancienne librairie Furne, Boivin & Cie, éditeurs, [1907], in-8 (26 x 20,5 cm), percaline verte striée, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, les quatre fées en costume de voyage et portant bagages (au centre), débarquant du train à la gare Saint-Lazare (en haut, ill. p. 17) et marchant vers Paris, silhouetté en bas dans un soleil levant rayonnant (Panthéon, Arc de triomphe et Tour Eiffel, ill. p. 22). Second plat muet, titre noir en long au dos dans un cartouche, tr. dorées (Weill, relieur), (4)-128-(4) pp. ¦Édition illustrée de 107 gravures in-texte et de 8 compositions hors texte par Lucien Métivet.Première édition en 1899.Arsène Alexandre (1859-1937), journaliste et écrivain, ancien inspecteur des beaux-arts, est lauteur de monographies sur des artistes, de catalogues de vente, et de livres sur lhistoire de lart. Il a écrit des livres pour les enfants, dont Le Guignol des Champs-Elysées (avec Adolphe Tavernier, Delagrave, 1889, PH 30/580) et La Sœur de Pierrot (Delagrave, 1893, ill. Adolphe Willette, PH 40/727). Il publie chez Hachette, Quantin, May et Motteroz, etc.Illustrateur réputé, Lucien Métivet (1863-1932) est lauteur dune œuvre considérable. Il illustre de nombreux livres : pour léditeur Jouvet (Ancienne librairie Furne) les quatre premiers titres de Paul dIvoi dans la collection des Voyages excentriques (1894-1897, PH 12/237), et Crackville de Pierre Legendre (1898, PH 33/632) édité par lAncienne librairie Furne devenue la Société dédition et de librairie. Cest pour ce même éditeur quil illustre Les Fées en train de plaisir (1899), qui sera réédité par Boivin, lequel a repris lAncienne librairie Furne en 1907. Il travaille aussi bien pour Mame (Guy Chantepleure, Le Château de la vieillesse, 1901, PH 25/476) que pour Paul Paclot (Guy de Montgaillard, La Bête à bon Dieu, 1903, PH 41/758, un magnifique album au format oblong).Le texte dArsène Alexandre quil illustre est une amusante variation dans le genre des contes de fées modernisés. Le conte de fées connaissait en effet un regain de popularité à la fin du XIXe siècle : il est pratiqué par de nombreux écrivains-journalistes comme Jean Lorrain, Catulle Mendès, Marcel Schwob, Théodore de Banville, Jules Lemaître, Remy de Gourmont, Henry de Régnier et même Emile Zola ou Jules Verne ! (Voir Si les fées métaient contées, anthologie de Francis Lacassin, Omnibus, 2003).Arsène Alexandre connaît ses classiques : Charles Perrault, Mme dAulnoy, Mme Leprince de Beaumont, Mlle Lhéritier (p. 11). Sur leurs traces, il place son récit dans le Royaume des fées, dirigé par la fée Urgèle, personnage inventé par Voltaire dans son conte Ce qui plait aux dames (1764), adapté comme opéra-comique en 1765 par Charles-Simon Favart. Son récit se ressent de cette influence de comédie au rythme un peu fou. Il imagine que quatre gentilles fées, un peu espiègles, qui s'ennuient à mourir dans le royaume des fées, obtiennent de la reine Urgèle la permission de partir pour la Terre en simples mortelles, armées chacune d'un seul talisman. Elles sembarquent (accompagnées dune voyageuse non prévue, la méchante et laide Carabosse), pour visiter la France, direction : Paris ! Ville des plaisirs, des enfants et du merveilleux. Les fées dessinées par Lucien Métivet sont de belles dames, charmantes, très « fin de siècle », qui ont plus dun tour dans leur sac (grâce à leurs talismans).Le Journal général de l'imprimerie (1898) raconte : « Mlles Candide, Violante, Mab et Colibri, ont quitté le pays des étoiles et décidé de venir faire un tour à Paris. Et les voici dans la grande ville où leur capricieuse fantaisie accomplira des miracles. Nos jolies voyageuses ont en effet résolu de taquiner nos civilisations trop raffinées et de mettre bien des choses à l'envers. D'un coup de leur baguette malicieuse, elles opèrent des métamorphoses bizarres : c'est ainsi, par exemple, que dans les jardins publics on verra les mamans jouer au cerceau, et les papas, grondés par les enfants, pleurer comme des bébés ».« Je dirais volontiers que leurs aventures sur notre planète peu féerique sont inénarrables, si elles n'avaient été narrées avec gaité et esprit par deux excellents artistes », dit la Revue politique et littéraire (Revue bleue, 1898), qui donne comme exemple un chapitre des plus amusants sur les conversations par téléphone, où le talisman employé permet de percevoir, en même temps que les paroles, les véritables pensées des interlocuteurs, ce qui crée une série de confusions et de quiproquos.Le clou du livre est constitué par lépisode de la révolte des poupées, poupons, pantins, guignols et autres jouets en bois, en chiffon ou en caoutchouc qui tous se lèvent et descendent dans la rue, remplissant la ville de leur immense cohorte, libérant leurs frères et sœurs des magasins où ils sont enfermés. Cette vision de la « révolte des poupées » est une joie et un rêve denfant matérialisé par laction des fées en goguette qui mettent lunivers sens dessus dessous.« M. Arsène Alexandre est un de nos rares écrivains dont le talent ait su véritablement s'assouplir aux puérilités charmantes qui conviennent aux contes enfantins. Son imagination sait inventer les histoires merveilleuses qui captivent l'attention candide des enfants et découvre, avec le plus rare bonheur, les images de la vie un peu féerique qui allume dans leurs yeux des étonnements émerveillés. Il a inventé, cette année, pour les tout petits, les enchantements de ce conte délicieux. Les Fées en train de plaisir sont un livre exquis de forme, illustré de dessins qui semblent, avec le texte, rivaliser d'imagination et d'esprit. »On rapprochera ce livre de celui de Mrs Elphinstone Hope, LEtoile de fées, traduit par Stéphane Mallarmé (Charpentier, 1881, PH 8/162).Très bel exemplaire.
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