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ARTILLEUR (UN). Notre 75, par un Artilleur .

ARTILLEUR (UN). Notre 75, par un Artilleur .

SKU : 9500732
450,00 €Prix
Paris, Librairie Aristide Quillet, 1915, in-4 (31 x 25 cm), percaline beige grisâtre, plats biseautés, premier plat orné d'un décor noir et gris clair, représentant le canon de 75 vu de face, en pleine action, dans un encadrement d'obus et d'un listel noir aux coins arrondis, second plat orné du même listel aux angles arrondis avec au centre le motif des trois obus du premier plat dans une couronne de lauriers et de feuilles de chêne, dos orné du titre en long et du dessin de deux obus, l'un en tête l'autre en pied (A. Pierson, graveur, Engel, relieur), (2)-52-(2) pp.¦Édition originale illustrée de 22 reproductions photographiques, 12 figures schématiques dans le texte, 5 dessins (culs-de-lampe) et une lettrine signés A. PIERSON, et une planche synthétique en couleurs (modèle démontable légendé). Cette publication patriotique de circonstance, à la gloire du canon de 75, "merveille du génie français", venait à point nommé pour redonner du courage aux troupes et surtout soutenir le moral de l'arrière, après seulement six mois d e combats et un enlisement progressif de la guerre dite alors de "1914-1915". "Le mot canon évoque nécessairement des images un peu sinistres, des idées de force brutale et de conséquences funestes. Aussi notre esprit ne se figure-t-il volontiers que de s canons de couleur sombre, aux formes massives, au roulement sourd et grave (...) Or, il y a un peu plus de quinze ans, nous avons vu circuler par les rues des villes de garnison, sur les routes qui avoisinent les polygones, de légers instruments, pimpants et sveltes, de couleur gris-bleu, auxquels un attelage de six chevaux semblait un luxe (...). Ce freluquet de canon provoqua des éclats de rire de l'autre côté du Rhin... Au jour de la bataille, que pèserait cette pièce de musée devant les grosses "Bertha" de 420, dont on tenait la naissance secrète, et même devant le 77 de Krupp ?" Mais, nous autres artilleurs, dit l'auteur anonyme, "ne demandions pas mieux que de voir le 75 faire ses preuves. Il les a faites", conclut-il. L'ouvrage examine la genèse du 75, sa description technique, ses projectiles, sa manoeuvre, pour aboutir à une comparaison entre "notre 75" et "leur 77" et à un inventaire des prouesses en faveur du premier : tous ces détails "font que le 75 est un article soigné, un article français, et non un exemplaire de camelote allemande"... Pour soutenir l'effort du guerre de ce canon, il a même été organisé une "Journée du 75", le dimanche 7 février 1915, où "des essaims de jeunes filles se répandirent dans toute la France", pour collecter pièces blanches et gros sous. On sait que, malgré la propagande qui en fut faite, ce canon ne suffit pas à gagner la guerre, puisque les deux belligérants, de force sensiblement égale, campèrent peu ou prou sur leurs positions durant quatre longues années, s' épuisant en manoeuvres et contre-manoeuvres, perdant des milliers d'hommes pour quelques arpents perdus un jour, regagnés le lendemain. Les éditeurs contribuèrent eux aussi à l'effort de guerre en publiant force livres de propagande. Pas moins de trois ouvrages parurent simultanément sur "Notre 75", chez Quillet, Nilsson (par Jean Claudin), Bloud et Gay (par Francis Marre), sans compter Les Mémoires d'un "75" par André Tudesq (Éditions et Librairie, déc. 1914) et l'on sait que les hommes de lettres ne furent pas en reste. Ne voit-on pas Edmond Rostand recenser les livres sur le conflit dans Les Livres de la guerre, août 1914-août 1916 (le 75 est en page 115) ou Maurice Barrès vanter "le tapage amical de notre 75" ? Précisons que l'artilleur Paul Lintier a laissé deux volumes de souvenirs sur le 75 : Ma pièce (1916) et Le Tube 1233 (1917). Voir Témoins de J. Norton Cru, pp. 179-186. Fort de sa jeune expérience et de ses succès, Quillet était tout désigné pour une publication technique de qualité. Il n'y manque même pas le modèle démontable du canon sur carton fort, dérivé des modèles figurant dans ses livres sur la mécanique ou la médecine, procédé emprunté à l'édition allemande (Bilz, etc.), et qui se retourne ironiquement contre eux, par publication interposée... Certains exemplaires ont des gardes de papier bleu décoréOuvrage rare et en parfait état.
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