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BARRON (Louis) . Le Nouveau Voyage de France .

BARRON (Louis) . Le Nouveau Voyage de France .

SKU : 9500177
600,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, 1899, in-4 (33 x 24,5 cm), percaline bleue. Premier plat polychrome et doré signé L. TRUMEAU, de style Art Nouveau, représentant (en haut) le château de Chenonceau, dans un encadrement en arabesques se prolongeant vers le bas par un bouquet floral, un groupe d'hirondelles s'échappant de la figure. Second plat orné d'un encadrement de motifs géométriques, dos orné de motifs dorés, tr. dorées, 504 pp., index des lieux cités. ¦Édition originale illustrée de 276 gravures et photog raphies dont 18 hors-texte, par A. de BAR, CLERGET, Maurice DULAC, K. GIRARDET, E. GRANDSIRE, A. LEPERE, RIOU, H. TOUSSAINT, Gaston VUILLIER, etc., carte des principales lignes de chemins de fer et de paquebots de France. En tant qu'ancien Communard, tardivement (1877-79) déporté à l'île des Pins, après un parcours atypique, Louis Barron (1847-1914) fait l'objet de notices biographiques détaillées, tant dans Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier) que dans O'Reilly (Calédoniens), éléments repris dans Les Baron ou Barron, dictionnaire biographique de M.-H. Trouvelot et M.-A. Pirez (1994). Ancien militaire réformé, revenu à Paris en avril 1871, devenu secrétaire du fameux colonel Rossel, un des principaux chefs militaires de la Commune, il passe au travers des plus lourdes sanctions, n'ayant pas été reconnu ès-qualités (non-lieu en 1871, condamné par contumace en 1872). Ayant repris la vie civile, il fut identifié par la police lors d'un congrès ouvrier en 1876, où il intervint comme orateur, et fut déporté l'année suivante. Il a écrit ses souvenirs dans Sous le drapeau rouge (1889), "intéressante description de la vie à l'île des Pins, qu'il ne connaît qu'organisée et acceptable, avec une presse, une littérature, des artistes et un théâtre" (O'Reilly). Lui-même est éditeur d'un journal de déportés, Le Parisien hebdomadaire, devenu Le Parisien illustré (1878). Amnistié, il entame une nouvelle carrière de publiciste et se lance dans des ouvrages sur (et autour de) Paris à partir de 1883 : Paris étrange, moeurs parisiennes (in-18, Marpon et Flammarion, tableau des bas-fonds de Paris), suivi de plusieurs ouvrages illustrés : Les Environs de Paris (Quantin, 1886, illustré de 500 dessins par Gustave FRAIPONT), Autour de Paris (idem, 1891), Paris pittoresque, 1800-1900 (May, 1899), trois grands in-4 à plat historié. Parallèlement, à partir de 1888, il écrit sa série Les Fleuves de France, qui comprend quatre volumes, parus de 1888 à 1891 chez H. Laurens : La Loire, La Seine, La Garonne, Le Rhône, illustrés par Auguste CHAPON, série renommée, réédités plusieurs fois un siècle après. Ces ouvrages assoient sa réputation de vulgarisateur. L'ouvrage qu'il publie chez Mame est leur prolongement naturel, bien qu'on puisse être sur pris que l'éditeur catholique ait fait appel à un ancien communard pour l'écrire (cela indique surtout que l'amnistie n'est pas un vain mot). En fait, Louis Barron appartient à la rédaction de la Revue Mame (où il s'occupe de la partie géographique, avec G. Cochard), aux côtés de Maurice Maindron, Léo Claretie, Paul Bory, Gaston Vuillier, etc., sous la direction d'Henri Guerlin. Louis Barron y publie des articles à la fois géographiques et touristiques, réunis ensuite dans ce "bel et bon ouvrage", dit Le Carnet historique et littéraire (1899), qui le recommande "à tous les pères de famille soucieux de l'éducation de leurs enfants." De fait, il est intéressant de le rapprocher du livre classique d'Amable Tastu, Voyage en France, publié chez Mame de 1846 à 1892 en une douzaine d'éditions, ouvrage pionnier de la vulgarisation géographique de la France sous forme de guide de voyage ou de description d'itinéraires. Ce livre, écrit sous Louis-Philippe, ayant enchanté deux ou trois générations de lecteurs, n' était plus adapté aux changements profonds que le pays avait connus depuis un demi-siècle (ouverture des lignes de chemins de fer, démocratisation et mise à la mode des voyages, excursions, pèlerinages, villégiatures de toutes sortes, etc.). En 1877, le livre de lecture courante Le Tour de la France par deux enfants de G. Bruno devient une référence obligée dans le genre. Il est imité par d'autres auteurs, comme Le Tour de la France d'un petit Parisien de Constant Améro (1885) ou Voyage en zigzags de deux jeunes Français en France de Gaston Bonnefont (1889, cf. PH 212), qui font l'objet de cartonnages à plat historié. A la fin du siècle, la formule du tour de la France par un ou deux enfants semble épuisée. Les guides pratiques (guide Joanne ou Baedeker) inondent le marché. La géographie statistique et descriptive a Élisée Reclus comme chef de file (remarquons que le tome II de sa Nouvelle géographie universelle, consacré à La France, paraît en 1877, la même année que le livre de G. Bruno). D'autre part, les livres de vulgarisation sur les régions françaises se multiplient, privilégiant notamment les côtes de France (d'un côté les petits guides de Constant de Tours, de l'autre l'imposante série de Vattier d'Ambroyse), ou certaines régions touristiques, comme la Bretagne ou l'Auvergne (voir la série de H. Labesse éditée chez Ducrocq). La France est morcelée, à travers ces ouvrages multiples, et de niveau différent. Louis Barron offre une synthèse de ces tendances. Son livre quadrille littéralement la France, tout en suivant les lignes de chemin de fer : il promène son lecteur "Aux bords de la mer", "Dans les montagnes", et "A travers plaines". Nous assistons en somme à l'apothéose du livre de voyage en France, à la fois ouvrage pédagogique, recueil d'itinéraires et d'anecdotes pittoresques, inventaire des curiosités artistiques, historiques, géographiques, livre d'images abondamment illustré par la gravure et la photographie, tout en étant un ouvrage magnifiquement réalisé. D'autre part, ce livre permet d'identifier l'artiste illustrant les plats des cartonnages Mame de style Art Nouveau, entre 1898 et 1902, dont on discerne les initiales LT sur les couvertures de Montcalm et Lévis (Casgrains, 1898, PH 108), La Roche-qui-tue (Maël, 1898, PH 117), Le Bateau-des-sorcières (Toudouze, 1899, PH 79), Les Libres Burghers (Saint-Yves, 1901), Le Guide de l'empereur (Bazin, 1901, cf. PH ***), Les Saints par les grands maîtres (Ponsonailhe 1902, cf. PH ***), entre autres. Ici, l'artiste signe de son patronyme en toutes lettres, L. TRUMEAU. Cet artiste talentueux et totalement inconnu mériterait de faire l'objet de recherches. Comme premier élément, on nous signale que Trumeau est l'illustrateur, dès 1896 chez Mame, de La Fille du brahmane, par Delaunay du Dezen (143 p., in-8). Très bel état général.
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