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BAZIN (René) . Contes de Bonne Perrette .

BAZIN (René) . Contes de Bonne Perrette .

SKU : 9501356
350,00 €Prix
Tours, Maison Alfred Mame et fils, [1925], gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline verte. Au premier plat, polychrome et or, le meunier Maître Humeau, à la fenêtre de son moulin, contemple la veuve du Guenfol et son fils apportant deux sacs de blé (conte Le Moulin qui ne tourne plus, p. 131), décor végétal au premier plan (marguerites, épis de blé). Au second plat, encadrement de filets noirs, au dos, polychrome, Guillaume Soret le bûcheron émondant un chêne (conte Deux anciens, p. 53), tête dorée (L. Trumeau, graveur), 282-(6) pp. ¦Édition illustrée de 45 gravures, dont un frontispice signé E. Rudaux, 4 à pleine page et 40 in-texte signés E. Vulliemin, gravés par V. Duterte et (pour trois d'entre elles) signées A. R. Gorguet, gravées par A. Léveillé [aucun de ces artistes nest nommé dans le livre].La couverture porte en plus Souvenirs d'enfant.1re édition fin 1897 (datée 1898). Nouvelle édition dans la 2e série in-4° (n°1208).25 contes en deux parties : Souvenirs d'enfant (onze contes), Contes de Bonne Perrette (14 contes).René Bazin (1853-1932) raconte ses souvenirs denfant et les contes dune paysanne, Bonne Perrette. Il souligne combien, enfant de la ville résidant souvent à la campagne, ses lectures lont marqué :« Il me semble que javais une douzaine dannées, mon frère en avait dix. Nous vivions un peu plus que les vacances réglementaires à la campagne, les médecins ayant déclaré que je vivrais seulement à cette condition ; et nous étions grands dénicheurs de nids, grands chasseurs à la sarbacane, assoiffés daventures et lecteurs convaincus de Mayne-Reid et de Gustave Aymard (…). Le soir, quand il ny avait plus de jour du tout, faute de mieux, nous lisions. Lexcellente comtesse de Ségur, à laquelle je suis revenu depuis, nous semblait un peu rose, comme sa collection. Il nous fallait du drame. Jules Verne commençait à peine à tailler sa plume ; mais nous avions Les Chasseurs dours, Les Vacances des jeunes Boers, La Guerre aux bisons, Les Enfants de la prairie, et je savais par cœur, dans Gérard le Tueur de lions, lapostrophe qui remuait mon cœur : « Disciples de Saint-Hubert, mes [con]frères, cest à vous que je madresse. Vous voyez-vous en pleine forêt, la nuit, debout contre un gaulis doù séchappent des rugissements capables de couvrir le bruit du tonnerre ? » (Jules Gérard, Le Tueur de lions, Hachette, 1855, p. 84).Bazin a 12 ans en 1865, ce qui correspond aux débuts de Jules Verne. En ce temps, en effet, les deux romanciers daventures les plus célèbres étaient Mayne-Reid et Gustave Aimard. Ce passage a été relevé par Joffre Galarneau (René Bazin et le problème social, Lethielleux, 1966) puis par Gabriel Thoveron (Deux siècles de Paralittératures : lecture, sociologie, histoire, 1996, p. 218).À la sortie du livre en 1897, les critiques apprécient loriginalité de ce recueil de contes. Lun deux (qui nomme les illustrateurs du livre) écrit : « Ce que nos écrivains ont souvent écrit de plus exquis, ce sont de petites œuvres courtes, nouvelles et contes. Nous croyons qu'on en devra dire autant de M. René Bazin, à propos de son livre le plus récent, les Contes de bonne Perrette. Qu'on lise Le Petit chantre, La Jument bleue, Celui qui menait la rivière, Le Retour, et les autres récits qu'il a groupés dans ce volume, et sans doute on pensera que par la variété, l'émotion, l'observation mêlée de poésie, la langue si souple et si nette, les Contes de bonne Perrette feront bonne figure parmi les meilleures œuvres de nos conteurs français. L'illustration ne contribuera pas peu à la diffusion de ce charmant ouvrage, et MM. Vulliemin, Rudaux et Aug. F. Gorguet ont su traduire tout le pittoresque et toute la poésie du texte. » (Revue de Bretagne, 1897, p. 465, même texte dans Le Correspondant, 1897, p. 993).Un autre souligne : « On s'est demandé, à propos du roman intitulé De toute son âme, si M. René Bazin n'avait pas écrit un demi chef-d'œuvre ; on n'hésitera pas à dire, après avoir lu les Contes de bonne Perrette, que plusieurs des courts récits réunis sous ce titre sont de véritables chefs-d'œuvre. Parmi les Souvenirs d'enfant, comme parmi les Contes eux-mêmes, on trouve des choses ravissantes, qui ne plairont pas seulement aux petits mais qui feront aussi les délices des grands : Le Château de Sombrehoux, Bonne Perrette, Deux Anciens, sont de charmants récits auxquels répondent, dans la seconde partie du volume, Le Moulin qui ne tourne plus, La Boite aux lettres et Le Quatrième pauvre. Quant aux Deux chagrins et La Réponse du Vent, ce sont les joyaux de cet écrin, deux merveilles de délicatesse, de sentiment et de poésie. Aucune de ces qualités ne manque aux autres récits de M. Bazin, et beaucoup sont bien près de toucher à la perfection : ces deux contes sont la perfection même. » (Revue politique et parlementaire, 1897, même texte dans La Revue du Bas-Poitou et des provinces de l'Ouest, 1897, et dans Questions diplomatiques et coloniales : revue de politique extérieure, 1898).Lauteur justifie son sujet en sadressant à ses lecteurs : « Enfants, auxquels ce livre est dédié, vous avez un âge délicieux. Je lai eu avant vous. Et jen ai joui plus librement et plus pleinement que dautres, ayant eu cette chance de passer une partie de ma première jeunesse à la campagne. Je travaillais assez peu le De viris illustribus, mais japprenais ce qui ne senseigne pas : à voir le monde indéfini des choses et à lécouter vivre.Au lieu davoir pour horizon les murs dune classe ou dune cour, javais les bois, les prés, le ciel qui change avec les heures, et leau dune mince rivière qui changeait avec lui. Mes amis sappelaient le brouillard, le soleil, le crépuscule, où la peur vous suit dans votre ombre ; les fleurs, dont je savais les dynasties mieux que celles des rois dÉgypte ; les oiseaux, qui ont leur nom écrit dans le mouvement de leur vol ; les gens de la terre, qui sont des silencieux pleins de secrets. Je me rappelle quà certains jours mon âme débordait de joie, et quelle était alors si légère, quelle me paraissait prête à séchapper et à se fondre dans lespace. Je faisais ma moisson sans le savoir. Depuis, jai reconnu que la richesse dimpressions amassée en ce temps-là est une provision qui dure.Avant de dire les contes de bonne Perrette qui ont bercé cette enfance heureuse, jai donc pensé que je devais expliquer en quel milieu ces histoires mont été apprises, avec quel esprit disposé à laventure je les écoutais et les retenais ; quelle fut lhumble femme qui me les récita.Elle ne les inventait sûrement pas. De qui les tenait-elle ? Du peuple où la source de la légende, plus ou moins pure, plus ou moins abondante selon les temps, na jamais cessé de couler ? De quelque poète ou savant chez lequel elle aurait servi avant dentrer dans notre maison ? Ny ai-je rien ajouté moi-même, au moins dans le détail ? À quoi bon approfondir ces choses ? Jen serais au surplus incapable, nayant jamais bien su où finit le souvenir et où commence le rêve.Jaime mieux vous dire, enfants, quil ma été doux décrire ce livre à cause de vous, de votre sympathie si vite donnée, de votre attention rapide, de votre âme tout ouverte, et aussi pour lémotion de ce retour que nous qui vieillissons, poursuivis par la meute grossissante des jours, nous faisons vers notre enfance, lièvres chassés, qui revenons au gîte. »Existe en rouge, orangé, vert et gris-vert.Bel exemplaire.
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