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BAZIN (René). L'Enseigne de vaisseau Paul Henry, défenseur de la mission Pékin

BAZIN (René). L'Enseigne de vaisseau Paul Henry, défenseur de la mission Pékin

SKU : 9501016
800,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, [1910], gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline grise. Au premier plat, noir, vert, bleu et or, portrait de Paul Henry (frontispice), dans un large encadrement en forme de vase, avec dragons chinois, arabesques Art Nouveau et, de part et d'autre du titre, motifs stylisés (une tour à gauche). Encadrement noir au second plat, au dos trois feuilles de vigne noir et or, tr. dorées (Paul Souze, graveur), 286-(2) pp. ¦Édition illustrée d'un portrait-frontispice, neuf hors-texte (huit d'Alfred PARIS, un de C. W. ALLERS : une rue de Singapour, p. 113, voir PH 19/362), gravés sur bois par V. Dutertre, Deloche et Bauchart, 28 photographies in-texte, et deux plans de Pé-Tang (pp. 229 et 249). N° 1215 de la 2e série in-4°. Numéro d'imprimeur 36 653.Édition originale en 1901, format in-18. Première édition in-4 illustrée en 1902, dont plusieurs retirages. La guerre des Boxers et le siège des Légations de Pékin (1900) eurent un grand retentissement en Occident (ce sont les fameux 55 jours de Pékin) et firent l'objet de maints ouvrages, notamment dans la série des Voyages extraordinaires de Paul d'Ivoi, qui leur consacre son roman Cigale en Chine (1901, cf. PH 12/237-8). En 1901, l'adaptation théâtrale des Cinq sous de Lavarède ajoute cet épisode plein d'actualité. C'est un des aspects de la lutte des puissances occidentales (et du Japon) pour prendre pied dans l'empire chinois et s'y maintenir. Rappelons que les puissances coloniales, au premier rang desquelles l'Angleterre, se heurtent, tout au long du XIXe siècle (guerre de l'opium, etc.), à l'empire chinois qui ne se laisse ni envahir ni contrôler, alors qu'on le disait "décadent". La France, en particulier, a plusieurs fois maille à partir avec la Chine, notamment lors de la conquête de l'Indochine (cf. M. Loir, L'Escadre de l'Amiral Courbet, 1894, PH 5/98 ; Duboc, 35 mois de campagne en Chine, 1898, PH 8/155). En 1900, les Chinois se révoltent de nouveau contre les Occidentaux. L'Enseigne de Vaisseau Paul Henry (né à Angers en 1876), tué lors de la défense de la cathédrale du Pé-Tang, le 30 juillet 1900, entre à l'École navale en 1893, aspirant de 1ère classe en 1896, il embarque sur la Melpomène, école des gabiers à Brest. En 1897, il est sur le croiseur Amiral Charner en Méditerranée, avec lequel il participe aux opérations de Crète, puis devient officier élève au bataillon d'apprentis fusiliers à Lorient. Enseigne de vaisseau en octobre 1898, il passe sur le croiseur-cuirassé D'Entrecasteaux à la division navale d 'Extrême-Orient. Ce bâtiment fait partie de l'escadre internationale destinée à assurer la défense des établissements européens assiégés par les révoltés... Officier fusilier, Henry se porte volontaire pour aller, avec 30 marins français et 10 italiens, défendre la cité du Pé-Tang, au centre de Pékin, refuge de plus de 3000 catholiques chinois. Il s'acquitte de cette mission avec le plus grand courage et meurt à la tête de ses hommes le 30 juillet 1900 (notice biographique du site de l'École navale, source : Dictionnaire des marins français d'Étienne Taillemite). "Dans une lettre écrite de Pékin et adressée à un journal français, Pierre Loti écrivait : "L'enseigne Henry, qui mourut, traversé de deux balles, sur la fin du dernier grand combat ! Ses trente matelots, qui eurent tant de tués et qui furent blessés presque tous !... Il faudrait graver quelque part en lettres d'or leur histoire d'un été, de peur qu'on ne l'oublie trop vite, et la faire certifier telle parce que bientôt on n'y croirait plus." (Figaro, 8 septembre 1901). Cette histoire est écrite, et désormais l'oubli n'atteindra plus ces beaux faits d'armes. Elle a été écrite par les héros du drame, par Paul Henry, par Mgr Favier, par les matelots français, par les Missionnaires et les Frères assiégés, et ce sont leurs notes, leurs lettres ou leurs témoignages qu'a rassemblés M. René Bazin" (cité dans Études et dans Le Correspondant, 1902). Pierre Loti, pseudonyme de l'officier Julien Viaud, avait participé à la campagne d'Indochine avec l'amiral Courbet (cf. le livre de M. Loir cité ci-dessus) et suivait toujours avec intérêt les événements d'Orient. René Bazin explique dans sa préface : "Il importait, en effet, que ces exemples et ces hommages ne fussent pas perdus. Et ce fut la première raison qui me détermina, non pas à écrire la vie de l'enseigne Henry (...) mais à mettre en ordre le plus souvent et à résumer quelquefois les documents qui la racontent. J'étais heureux, également, de rendre cette justice et ce dernier devoir à quelqu'un qu e j'ai connu et aimé, qui appartenait à une famille depuis longtemps liée avec la mienne, qui fut mon compatriote, l'ami de mon fils et le fils d'un de mes amis." Depuis 1902, un monument à Paul Henry s'élève devant l'église de Plougrescant (Finistère). Habituellement en rouge, rarissime en gris et vert anis. Superbe exemplaire sans rousseurs. Ors repris.
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