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BAZIN (René). Le Guide de l'empereur. Histoire de pauvres gens.

BAZIN (René). Le Guide de l'empereur. Histoire de pauvres gens.

SKU : 9500173
350,00 €Prix
Tours, Maison Alfred Mame et fils, [1901], gr. in-8 (28 x 22 cm), percaline grise, bords biseautés. Premier plat polychrome représentant la cathédrale de Strasbourg et deux blasons (Metz à gauche et Strasbourg à droite), dans un encadrement floral (composition signée LT, c'est-à-dire L. TRUMEAU, ne figurant pas dans l'iconographie du volume). Second plat orné du logo de Mame (une tour à ses initiales), dos orné du titre doré en long, tr. dorées (Paul Souze, graveur), 158-(2) pp. ¦Édition originale, illustrée de 15 compositions, dont deux à pleine page, par Georges DUTRIAC, de ce recueil de quinze nouvelles. Note : il existe une variante de cartonnage, sans impression rouge. Le blason de Metz peut être imprimé en blanc ou au palladium.Sommaire : Le Guide de l'empereur. Le Soldat Fréminet. La Coiffe blanche. Le Nouveau bail. La Source. La Mère Chaussée. Le Maître maçon Pignechatte. Trois arbres. Sur le tard. Les Gourmets du Bugey. Le Pin-Sauvage. Miss Ellen. Le Moulin de Bienluivient. Les Yeux tristes. Le Petit de treize ans. C'est en 1897 que Mame devient un des éditeurs attitrés de René Bazin (1853-1932), en publiant une édition de son premier roman, Stéphanette, illustrée par Ernest Vulliemin, en format gr. in-8, avec un cartonnage à plat historié. Depuis la parution de ce roman en 1884, son auteur poursuit une double carrière de professeur de droit criminel à l 'Université catholique d'Angers et de romancier à succès, qui allait être couronné, en 1903, par une élection à l'Académie française. Le romancier continuait de donner ses principaux romans aux grandes revues littéraires parisiennes (comme la Revue des Deux Mondes), qui les publiaient en livraisons, et qui étaient ensuite publiés en volume par Calmann-Lévy au format in-18. À partir de 1898, certains inédits sont publiés d'abord par Mame, en format gr. in-8 (ou in-4) illustré et à plat historié. Le Guide de l'Empereur fait partie de ces derniers. Cependant, la plupart des éditions Mame sont des rééditions illustrées de titres parus chez C. Lévy. Mame réédite régulièrement les livres de René Bazin dans ses différentes collections illustrées, jusque dans les années 1950. Les relations entre Mame et René Bazin tiennent à la fois d'une proximité géographique entre Tours et Angers, et d'affinités de pensée, Bazin représentant un courant littéraire traditionaliste et catholique qui ne pouvait que plaire à l'éditeur tourangeau. Le deuxième titre de Bazin qu'il publie est un inédit, Contes de Bonne Perrette (1898, illustré par Georges Roux ; réédité en 1900 avec des illustrations d'Ernest Vulliemin). Vient ensuite une réédition : Une tache d'encre (1899, ill. d'André Bouillet). On compte au total une vingtaine de livres de Bazin chez Mame, dont sept inédits. Certains ont connu une dizaine de rééditions sous différentes formes. La nouvelle qui donne son titre au présent recueil, Le Guide de l'empereur (d'abord parue dans Le Correspondant, 25 juillet 1900), a été résumée ainsi dans le Dictionnaire thématique du roman de moeurs en France, 1814-1914 (2008) : "Après la guerre de 1870, un militaire français à la retraite et sa fille, qui vivent à Toul, recueillent et élèvent un jeune enfant Allemand. À leur grand désespoir de patriotes, ce dernier part s'engager dans l'armée allemande. Il meurt d'un refroidissement pour avoir guidé l'empereur d'Allemagne sur un champ de manoeuvres." (tome I, p. 59). La revue Études s'exclame : "Oh ! les jolies histoires, que ces histoires de pauvres gens (une quinzaine), et combien délicieusement racontées par l'aimable narrateur que l'on sait ! Toutes ces choses mélancoliques ou gaies, simples ou émouvantes, gracieuses ou dramatiques, il les a vues, il les a vécues ; et voilà pourquoi, sans doute, il se complaît à nous les dire avec cette vivacité d'impressions, avec cette abondance de souvenirs, ce luxe charmant de menus détails où l'on s'attarde si volontiers avec lui." "Avez-vous lu Le Guide de l'empereur?", demande Gaston Rageot. "Cela prépare Les Oberlé ! Faut-il donc tant d'années et de soins pour préparer Les Oberlé ?... En vérité, René Bazin est un personnage délicieux. Il a des façons d'ecclésiastique et des allures d'officier de cavalerie. Ses yeux bleus sont brillants et placides. Il ne s'y reflète qu'une pensée facile et nulle sensualité. Sa personnalité discrète, pleine de nuances, distinguée, comme on l'a tant dit, échappe. C'est un homme qui ne compte pas. Pourtant ses principaux romans ont eu bien au delà de vingt-cinq éditions." Cette nouvelle, qui a frappé ses lecteurs, a fait l'objet de nombreux commentaires. Par exemple, Victor Giraud y voit, en 1914, une possible source du livre de Maurice Barrès, Au service de l'Allemagne (1905). En 2000, Frances Edge en fait le sujet d'une étude, en analysant les "pertes et sacrifices" dans les textes de ce recueil, montrant que, pour René Bazin, la nouvelle, dans sa concision, doit proposer au lecteur des modèl es d'honneur, d'héroïsme, d'abnégation, car "l'art ne peut être anti-social, anti-humain" (cité par les Cahiers Octave Mirbeau n° 7 (2000), dans leur compte-rendu du colloque La Nouvelle dans l'Ouest, l'Ouest dans la nouvelle, Université d'Angers, 2000 ). L'art, poursuit Bazin (dans Questions littéraires et sociales, 1905), "doit être un agent de progrès, une force pour soulever les âmes et - comme le dit quelque part Tolstoï - un moyen de communiquer d'homme à homme les plus nobles des pensées." C'est peut-être là aussi un des objectifs du plat historié magnifique qui habille cet ouvrage... PH 52-933 = PH 14-262
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