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BILZ (Friedrich Eduard). La Nouvelle médication naturelle .

BILZ (Friedrich Eduard). La Nouvelle médication naturelle .

SKU : 9501115
450,00 €Prix
[Paris-Dresde], F. E. Bilz, [1902], 3 vol. in-8 (24 x 16,5 cm), percaline rouge. Au premier plat polychrome, allégorie de la Santé, une femme en tunique, sous un pommier, portant un plat de fruits d'une main, l'autre posée sur la tête d'un malade, assis, tenant un bâton, au second plan une source, à l'arrière-plan un groupe d'enfants s'ébattant nus dans une rivière, paysage de sapins sur fond de soleil irradiant (masqué par la femme), dans un décor Art Nouveau, le symbole médical de la croix rouge, entre deux nénup hars, en bas. Encadrements à froid au second plat, décor polychrome au dos (pommier, soleil radiant, conque crachant de l'eau), tr. mouchetées, (2)-IV-2080 pp. et (2)-1010-(2) pp. ¦Traité et aide-mémoire de médication et d'hygiène naturelles. Traduit de l' allemand. Avec 735 figures in-texte (723 annoncées), des planches en couleurs hors-texte et des modèles démontables du corps humain et de ses organes aux pages de garde. Avec un volume III intitulé Supplément indispensable à Bilz, Médication naturelle. La page de titre du vol. III porte les mentions "Hautes récompenses. Diplômes d'honneur, médailles d'or, Grand Prix. Hors concours, membre du jury". Deuxième édition française avec un nouveau plat historié. La page de titre affirme "1 million d'exemplaires ont été vendus" (de l'édition allemande). Publié en de multiples éditions et présentations depuis 1882, le "Bilz-Buch" est en effet un des best-sellers de l'édition allemande de la fin du XIXe siècle. La première édition française paraît en 1899, et sera suivie d'au moins quatre nouvelles éditions jusqu'en 1914, avec cinq plats historiés différents, reprenant ceux des éditions allemandes successives, publiés par plusieurs succursales françaises d'éditeurs allemands (Haar et Steinert, puis Muller) ou p ar la Librairie commerciale d'Aristide Quillet (très lié à Bilz). Bilz lui-même ouvrit un comptoir parisien pour commercialiser son livre, en 1902. La diffusion du Bilz est un phénomène éditorial sans précédent. Elle a donné lieu à peu d'études en langue française. Celle de Maurice Garden a l'intérêt de contextualiser ce succès et de le mettre en perspective dans le mouvement général de la médecine naturelle qui s'opposa longtemps, en Allemagne (et ailleurs) à la médecine officielle (Maurice Garden, "Médec ine "savante" et médecine "naturelle" en Allemagne (fin XIXe-début XXe siècle). Un essai de compréhension d'un conflit par la lecture de la presse corporative et de la littérature de vulgarisation" (1988), recueilli dans Maurice Garden, un historien dans la ville, textes réunis par René Favier et Laurence Fontaine, 2008). Cette opposition est toujours d'actualité. "Au début du XXe siècle, le plus souvent, la médecine naturaliste se définit bien comme une médecine "parallèle" qui s'est imposée contre la mé decine officielle, qui a conquis son droit de cité, et qui entend bien obtenir aussi les droits juridiques auxquels son succès populaire semble lui donner accès", dit Maurice Garden. La médecine naturaliste est l'objet d'attaques incessantes de la part de la médecine officielle, et le conflit est à son plus haut niveau en 1910-14. Pourquoi le succès de Bilz et autres, telle est l'interrogation des médecins "officiels" dans différents articles. Ils "reconnaissent la supériorité du système de Bilz : les méde cins seraient incapables d'écrire des livres populaires, dès qu'il est question de science, "le peuple est aussitôt, instinctivement méfiant"." L'un d'eux, le Dr Carl Reissig, écrit même un "antiBilz" en 1904 (Das Aerztliche Hausbuch fur Gesunde und Krake , Le Livre de la maison du médecin pour la santé et les maladies), "sans conviction" dit M. Garden. "Par-dessus tout, les livres de Bilz et de Platen apportent au peuple l'attrait d'une automédication (das Hilfdirselbstevangelium), qui est la cause mê me de tout leur succès. Une comparaison rapide entre un de ces essais médicaux, le Conseiller médical du docteur Siebert, et les ouvrages de Bilz, Kneipp ou autres, confirme pleinement ce pessimisme médical. A la différence du vocabulaire, du style, de l 'écriture, au ton de l'historiette populaire, ou du catéchisme pour enfant employé par Kneipp surtout, mais aussi par les autres, s'oppose tout de suite le ton doctoral, savant du médecin, qui surtout ajoute à son pédantisme une permanente leçon de morale" . "Il n'est pas jusqu'à l'illustration qui oppose les deux types d'ouvrages. Les planches en couleurs de Siebert, en dehors de l'ésotérisme des grossissements de bacilles, cellules et bactéries, sont une sorte de galerie de monstres, horribles à regarder et qui sont autant de repoussoirs (...), alors que les planches de Bilz ou d'Anna Fischer montrent un corps féminin serein et apaisé. Face à ces cauchemars, les plantes de montagnes qui illustrent Kneipp, les images de douches, de bains ou de massages, les scènes champêtres de la marche nu pieds dans la prairie que représente Bilz, paraissent sorties de livres d'enfants, dans le style colorié et reposant des images d'Épinal... Il faudrait d'autres enquêtes pour savoir comment sont pratiqués ces livres, ouve rts, consultés, pris à la lettre dans chaque foyer, mais il est sûr que jusqu'à 1914 ils n'ont pas encore trouvé de concurrents." Bel exemplaire, dont les systèmes sont en parfait état.
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