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BOULANGIER (Edgar) . Un hiver au Cambodge .

BOULANGIER (Edgar) . Un hiver au Cambodge .

SKU : 9500733
500,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, 1888, gr. in-8 (30 x 21,5 cm), percaline rouge, premier plat orné d'un riche décor noir et or représentant des statues et sculptures cambodgiennes, notamment du temple d'Angkor-Vat (têtes monumentales, éléphant, bas-reliefs, colonnes, etc., d'après les gravures des pp. 43, 44, 324, 329, etc., certains éléments n'étant pas tirés de l'iconographie du volume), avec une frise dans le cartouche inférieur composée de motifs inspirés du costume de danseuse de la p. 260, second plat orné de motifs géométriques formant encadrement, dos décoré d'un visage inspiré de ceux des antiquités cambodgiennes des pp. 42-44 ou 336-38 avec des motifs inspirés du bas-relief de la p. 44, tr. dorées (A. Souze, graveur), 400 pp. ¦Chasse au tigre, à l'éléphant et au buffle sauvage. Souvenirs d'une mission officielle remplie en 1880-1881. Deuxième édition, revue et augmentée (la première datant de 1887). 54 gravures gravées sur bois dont 3 cartes (deux à pleine page), un frontispice de LIX et 18 hors texte à pleine page, signés BAUDE, GERLIER, F. LIX, B. SCHMIDT, SMEETON-TILLY, gravés par W. FREEMAN, A. NORMAND, POUTENIER, L. ROUSSEAU, Ch. SAUVAGEOT, D. VERDET. Edgar Boulangier (1850-1899), ingénieur des Ponts et Chaussées, fut chargé d'une mission officielle en Indochine en 1880-81, puis envoyé au Sahara (1885). En 1886, il étudie les chemins de fer russes en Asie centrale (le transcaspien) et poursuivit cette étude le long du transsibérien en 1890. Il publie des relations de ces différents voyages. Le Polybiblion (1886, p. 501) offre une analyse détaillée de son premier livre : "Un hiver au Cambodge a bon aspect (...), l'auteur y décrit ses pérégrinations à travers des forêts inondées, à la recherche des mines de fer du pays des sauvages Kouys et des mines d'or et de diamants exploitées par des ouvriers birmans dans les montagnes au sud du Cambodge ; il visite ensuite les merveilleuses ruines d'Angkor (...). La compétence de l'auteur lui aurait permis de se livrer à bien des dissertations scientifiques que justifiait, d'ailleurs, la mission minéralogique dont il était chargé. Il se borne cependant à exposer en un chapitre la formation des filons métalliques dans l'écorce terrestre et les divers systèmes d'exploitation en usage pour les gisements aurifères. Il a préféré faire un livre à la portée des jeunes lecteurs, et il y a multiplié les anecdotes humoristiques et les récits dramatiques de chasse aux bêtes féroces qui pullulent dans les forêts cambodgiennes. Ce qu'il dit des moeurs administratives du pays et des fantaisies despotiques et sanglantes de son souverain n'est pas pour rendre sympathique ce protégé de la France. Sous forme de conclusion, M. Boulangier expose ses idées sur la colonisation de l'Indo-Chine française ; on ne saurait lui reprocher un optimisme excessif ; il ne dissimule pas les difficultés de l'oeuvre entreprise, mais son patriotisme lui fait espérer qu'on saura les surmonter." La situation du Cambodge est particulière dans l'Indochine française en cours de constitution à cette époque. Le souverain régnant, le roi Norodom, avait demandé la protection de la France en 1863 contre ses voisins et les rébellions internes. Le capitaine de frégate Doudart de Lagrée (1823-1868) fut le premier représentant du protectorat français. Il mourut au cours d'une mission d'exploration du Mékong (1866-68) avec Francis Garnier (1839-1873), qui le relata dans Le Tour du Monde à partir de 1870, puis chez Hachette en 1873, illustrée d'après les croquis de Delaporte. Le pays fut ensuite exploré par le Dr. Jules Harmand (1875-76). La France, déjà présente dans les provinces voisines de Cochinchine et de l'Annam, affermit puis officialisa son protectorat sur l'ancien royaume des Khmers en 1884 et dans les années suivantes, lorsque le roi abandonna le pouvoir au profit d'un résident exercant une autorité directe sur l'administration. Un des plus célèbres administrateurs de l'Indochine (qui comprenait le Cambodge) fut Paul Doumer, de 1897 à 1902, mais, lorsque Boulangier est envoyé en mission, en 1880, le roi avait encore une certaine autorité sur le pays, et l'auteur en brosse une description de première main, précieux témoignage aujourd'hui, sur la période pré-coloniale. Après avoir décrit son voyage de France au Cambodge (en passant par Saigon), l'auteur décrit son expédition aux montagnes de fer, ses voyages à Posat, à Battambang, et son excursion à Angkor. Il est l'un des premiers voyageurs à parcourir le pays, à la fois dans un but professionnel (inventorier les ressources minières) et touristique, après les explorateurs cités ci-dessus, et il entreprit la publication de son voyage à la suite du traité de 1884, au moment où l'attention du public se portait sur la mise en valeur du Cambodge. On doit en effet rappeler que le parti colonial était divisé au sujet de l'intérêt de colonies en Asie (c'est le célèbre "Lâchons l'Asie, prenons l'Afrique" d'Onésime Reclus en 1904). Ce contexte permet de comprendre le sens de la mission officielle dont l'ingénieur Boulangier fut chargé. Il est par ailleurs amusant de remarquer qu e son livre a servi à l'iconographie du livre tiré du film de Jean-Jacques Annaud, Deux frères (2004), qui relate les aventures de deux bébés tigres séparés l'un de l'autre et de leurs parents. Cordier, IV, 2765. Chadenat, 2561. Thiébaud, 122. Broc, As ie, 58. Rousseurs. Ex-dono à l'encre, daté janvier 1898. Cartonnage en excellent état.
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