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BROSSOLETTE (Léon). Paris et sa région à travers l’histoire.

BROSSOLETTE (Léon). Paris et sa région à travers l’histoire.

SKU : 9501357
450,00 €Prix
Paris, Librairie Delagrave, 1934, 2e édition, gr. in-8 (29,5 x 20 cm), percaline bleue. Au premier plat, rouge et or, la nef de Paris stylisée avec sa devise "Fluctuat nec mergitur" sur l'oriflamme. Second plat muet, au dos héraut à cheval (d'après la statue du grand escalier de l'Hôtel de Ville, ill. en frontispice), frise de petites nefs en pied, tête jaune, 240 pp. ¦Édition illustrée de 93 reproductions de documents et photographies et de 45 dessins, lettrines et culs-de-lampe signés Nelson Dias et datés 1903 ou 1904.Première édition 1933.Historien, inspecteur de l'enseignement primaire (1896), anticlérical et militant de la laïcité, Léon Brossolette (1868-1938) se mit à rédiger des manuels dhistoire pour le certificat détudes à partir de 1906, pour léditeur Delagrave, à réunir pour Hachette des anthologies de poésies pour les lycées et collèges (1908), et à écrire une Histoire de la Grande Guerre pour Armand Colin (1919). En 1934, avec sa fille Marianne Ozouf (1897-1983), agrégée de l'université, il publie chez Delagrave Mon premier livre d'histoire de France. Cours élémentaire, illustré par René Giffey.Lannée précédente, son éditeur principal, Delagrave, lui offrait décrire une petite synthèse historique de Paris et sa région à travers lhistoire, qui serait le livre de prix idéal pour les élèves méritants.Le sujet nest pas nouveau mais a toujours le même attrait dinstruction pittoresque, et chaque génération de lecteurs et de collégiens aime à apprendre lhistoire de Paris, qui est aussi celle de la France. Ce nest pas un livre de plus sur Paris, centré sur les événements historiques et les monuments de la capitale. Lauteur esquisse une histoire sociale de Paris, une étude de mœurs des Parisiens, depuis lépoque gallo-romaine, notant les évolutions dans des chapitres comme : « Les nautes », « Les mérovingiens à Paris », « Lindustrie à Paris aux temps mérovingiens », « Activités de Paris au moyen âge », « Misères et plaisirs de Paris au moyen âge », « La Renaissance à Paris », « Paris devient plus moderne », « La vie à Versailles », « Lopposition de Paris à la royauté », « Le bois de Boulogne » (au XVIIIe siècle), « Bagatelle », « La société dAuteuil », « La mode à Paris sous la révolution », « Salons et théâtres pendant la Révolution », « Les amusements de Paris sous le Directoire », poursuivant cette chronique sous les régimes successifs du XIXe siècle, jusquà la Grande guerre et lépoque contemporaine.Ce livre se distingue donc et complète ceux dEugène de La Gournerie (Histoire de Paris et de ses monuments, 1881 (PH 36/678), de Louis Barron (Les Environs de Paris, 1886, PH 18/344), de Léo Claretie (Paris depuis ses origines jusquen lan 3000, 1886, PH 27/506), de Victor Fournel (Le Vieux Paris, 1887, PH 4/70), de Paul Strauss (Paris ignoré, 1892, PH 26/503) ou dAlbert Robida (Paris de siècle en siècle et Le Cœur de Paris, 1895-96, PH 39/722) : il propose une approche à la fois « moderne » et républicaine.En effet, Léon Brossolette est une figure de léducation républicaine, laïque et anticléricale. Il est le père du héros de la Résistance Pierre Brossolette (1903-1944). A ce titre, il est évoqué dans les nombreux livres consacrés à son fils. Dans Il s'appelait Pierre Brossolette (2015), Gilberte Brossolette évoque les discussions de Léon Brossolette, son père, « champion de la fameuse morale républicaine « la plus austère que j'ai connue » (…). Léon Brossolette était un radical de lépoque 1914, cest-à-dire dune tendance jacobine, clémenciste extrêmement marquée. » Guillaume Piketty le confirme dans Pierre Brossolette : Un héros de la Résistance (1998) : « C'est que l'on ne plaisantait pas avec les études et la discipline sous le toit de Léon Brossolette. Il fallait travailler pour apprendre et apprendre pour travailler, sous l'égide d'un père qui n'admettait, pour sa progéniture, que les toutes premières places du classement. »En septembre 1909, dans le contexte tendu de la séparation de lEglise et de lEtat, suite aux lois de 1905, Léon Brossolette et son éditeur Delagrave sont mis en cause par les milieux catholiques pour la manière dont ils présentent Jeanne dArc et Saint Martin dans leur manuel dhistoire. Menacé dexcommunication, lauteur refuse de modifier son texte. Dans Pierre Brossolette (2011), Eric Roussel écrit : « En vérité, lorsquon se plonge aujourdhui dans les très nombreux livres de Léon Brossolette, on est plus étonné par le caractère extrême de la mesure qui sabattit sur lui que par laspect blasphématoire de son discours. Radical-socialiste et fervent admirateur de Clemenceau, il laisse évidemment percer ses inclinations (…) Hostile par principe au système monarchique, Léon Brossolette ne se montre pas tendre pour lAncien régime. Henri IV est le seul roi à trouver grâce à ses yeux. Quant aux deux Napoléon, ils se voient notamment reprochés avec violence, davoir liquidé sans scrupule les restes de lEtat républicain, lun le 18 Brumaire, lautre le 2 décembre 1851. A Napoléon III, lauteur ne reconnaît en définitive quun seul mérite : la nomination au ministère de lInstruction publique du libéral et novateur Victor Duruy qui dailleurs suscita la méfiance du clergé. Lhistoire de France vue par Léon Brossolette est conforme en tous points, on le voit, au catéchisme républicain. »Pour son fils Pierre, « lexemple donné par Léon Brossolette avait dautant plus de force que lhomme incarnait la méritocratie républicaine, le triomphe de la volonté sur les déterminismes sociaux. En effet, la famille Brossolette était essentiellement de souche paysanne, fixée depuis la fin du XVIIIe siècle à Loge-Borgne, un village situé aux confins de la Bourgogne et de la Champagne (…). Tout destinait donc Léon Brossolette à reprendre le domaine familial, mais, vite remarqué par ses maîtres pour son intelligence, il entra à lÉcole normale dinstituteurs. Successivement en poste à Bar-sur-Aube, à Saint-Cloud, à Beauvais et à Lyon, il devint en 1897 professeur à lÉcole normale dinstituteurs de Paris. Un an plus tôt, il avait épousé Jeanne Vial, fille dun instituteur dorigine dauphinoise qui allait devenir inspecteur primaire et frère de Francisque Vial, normalien, futur directeur de lEnseignement secondaire au ministère de lInstruction publique. Le couple devait avoir trois enfants : Marianne née en 1897, Suzanne en 1898 et Pierre en 1903.La présence de Nelson Dias (Bordeaux, 1869-1929) comme illustrateur principal (mais non mentionné) de ce livre est surprenante. Ses dessins sont datés de trente ans en arrière. En, fait, ils ont été réalisés pour le livre dHippolyte Bazin Les Monuments de Paris, souvenirs de vingt siècles (Delagrave, 1905). Le peintre Nelson Dias conçoit le plat historié de plusieurs livres de Delagrave, dont Chasses en Abyssinie de H. Decaux (1905, PH 5/89) et La Petite colonelle de Georges Trémisot (1905, PH 31/601). Il illustre aussi les Contes populaires de la Vieille Russie du contre-amiral dAbnour (1910).Très bel exemplaire.
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