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CAHU (Théodore) et LELOIR (Maurice). Richelieu.

CAHU (Théodore) et LELOIR (Maurice). Richelieu.

SKU : 9500771
650,00 €Prix
Paris, Combet et Cie, 1901 (impr. 15 novembre 1900), gr. in-4 (37,5 x 30,5 cm), percaline vert foncé. Premier plat orné d'un portrait en pied polychrome de Richelieu, en armure, couvert de son manteau rouge, tenant une épée, debout devant une carte de la France (dont il a contribué à fixer définitivement les frontières), une couronne royale posée sur un coussin aux fleurs-de-lys, son blason sous son nom. Second plat frappé à froid de son blason et du chapeau cardinalice, dos portant le titre doré en long, tr. dorées, gardes illustrées du même motif du blason au chapeau du second plat (J. Fau, graveur, Lecat-Cartier relieur), (4)-IV-84 pp. montées sur onglets.¦Édition originale illustrée de 40 compositions de Maurice LELOIR. Avant-propos de Gabriel Hanotaux. Ce livre est justement célèbre. Il est le premier de la "Collection des albums historiques" de l'éditeur Combet (devenu Boivin en 1907) et paraît en même temps que La Tour d'Auvergne de Job et Montorgueil. Maurice LELOIR (1853-1940) a également illustré Le Roy Soleil de Gu stave Toudouze dans la même collection (1904). Théodore Cahu (1854-1928) "ancien de Saint-Cyr et de Saumur, officier de cavalerie, avait été le chef du secrétariat du général Boulanger, et son ami. En 1889, il s'était présenté aux élections législatives s ous la bannière boulangiste, au moment même où son futur préfacier de 1901 livrait bataille contre le général factieux et réclamait à la Chambre des poursuites contre lui" dit Christian Jouhaud (La Main de Richelieu, ou le pouvoir cardinal, 1991). Il fa it une carrière militaire jusqu'en 1883. Sorti de l'armée avec le grade de capitaine, il devient écrivain. "Collaborateur de L'Illustration, il est l'auteur, souvent sous le pseudonyme de Théo-Critt, d'études politiques (boulangiste, il est candidat à la députation en 1889), de récits de voyages, de fantaisies militaires, de nouvelles et de romans. Le chroniqueur du Journal du Loiret pour sa notice nécrologique dira que ce ne "sont pas précisément des ouvrages de bibliothèque rose" (notice dans Collect ionneur d'affiches, 1996). Pourtant, il est l'auteur d'une série d'albums pour la jeunesse, "Les Héros de France" chez Jouvet (Jeanne d'Arc, 1895, Histoire de Bertrand du Guesclin, 1896, Bayard, 1897, Turenne, 1898, Hoche, Marceau, Desaix, 1899) . "Richelieu est donc le dernier d'une série", poursuit Jouhaud. "Mais l'histoire que pratiquait Cahu, auteur mondain et cocardier spécimen de la "gaieté française", n'avait jusqu'alors prétendu à aucune espèce de légitimité savante. Hanotaux apportait à son Richelieu les grandeurs de la République et la gravité académicienne. Sa préface marquait, devant la jeunesse, la réconciliation de deux nationalismes. C'était un nouveau miracle de Richelieu. Maurice Leloir était un peintre d'histoire estimé. Pour c e livre in-folio, il a accompli une oeuvre d'une qualité qui frappe encore, saisissant comme par surprise le lecteur désabusé. Les décors sont particulièrement soignés et bien servis par le travail de l'imprimeur qui a conservé la chaleur et la vivacité de s couleurs. Leloir a beaucoup utilisé les gravures anciennes comme source d'inspiration. Elles lui ont fourni à la fois le cadre général, "l'ambiance" et le détail précis. Comme l'écrit Hanotaux : "Après s'être entouré des renseignements les plus exacts, a près s'être plongé dans l'admirable documentation graphique du début du XVIIe siècle, il a pu, par un effort de volonté et d'imagination devenir l'élève et l'émule des Callot et des Abraham Bosse. Ces grands artistes ont, si je puis dire, tenu son crayon. Avec eux, et par eux, il trace une nouvelle histoire de Richelieu qui, pour être dessinée et non écrite, n'en est ni moins exacte, ni moins pénétrante." Mais le procédé de Leloir ne s'arrête pas là. Sur ce "fond" de XVIIe siècle, il a dessiné des scènes de la vie et de l'activité de Richelieu qui reprennent des thèmes de l'iconographie romantique, elle-même souvent inspirée du Cinq-Mars de Vigny ou de Marion de Lorme. Une recherche superficielle permet ainsi de reconnaître parmi les quarante gravures de L eloir des citations de tableaux comme Richelieu chez la duchesse de Chevreuse (salon de 1835), Les loisirs du cardinal de Richelieu ou Richelieu et les chats (salon de 1870), ou encore le Richelieu remontant le Rhône de Paul Delaroche ou Le cardin al de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal de Delacroix. Il utilise aussi des illustrations tirées d'éditions populaires du théâtre de Hugo ou des Trois Mousquetaires, et probablement beaucoup d'autres. Il ne faut pas voir là un ma nque d'inspiration mais plutôt une volonté de réemploi d'images largement diffusées, d'images associées à une vision hostile ou négative de Richelieu, qu'il détourne ad majorem cardinalis gloriam. La dernière gravure représente le tombeau de Richelieu à la Sorbonne. La reproduction est précise mais Leloir a ajouté à son modèle une France ailée et guerrière, debout et dominant la composition de Girardon. Le regard du gisant - Richelieu soutenu par la religion avec à ses pieds la science éplorée - qui se pe rdait au ciel dans la contemplation du Tout-Puissant, est, de ce fait, maintenant braqué vers cette figure de la nation brandissant une couronne de laurier. On comprend l'enthousiasme d'Hanotaux : le travail de captation d'énergie et de syncrétisme iconogr aphique de Maurice Leloir semble ramasser, comme en un instantané, sa propre démarche historique." On voit combien, par ces commentaires très détaillés, cet album est documenté et son iconographie soignée. Il est également riche d'anecdotes, telle celle, fameuse, concernant Richelieu et les chats. F. Hildesheimer (Richelieu, 2004) signale que celle-ci est reprise de Tallemant des Réaux. La passion de Richelieu pour les chats, et l'anecdote de la chatte Piaillon de Mlle de Gournay (orthographiée par erreu r "Pioillon" par Cahu, et dotée, par le cardinal, d'une rente pour elle et ses chatons) figure ainsi en bonne place dans toutes les anthologies félines, et dans de nombreux recueils d'anecdotes historiques, comme par exemple dans Les Grands hommes en robe de chambre de Dumas. Ce livre a été réédité en fac-similé par Atlantica en 1998. Très bel exemplaire.
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