top of page
CALMETTES (Fernand). Mademoiselle Volonté .

CALMETTES (Fernand). Mademoiselle Volonté .

SKU : 9500977
450,00 €Prix
Paris, Charavay, Mantoux, Martin, Librairie d'éducation de la jeunesse, [1892], in-8 (28 x 20 cm), percaline rouge. Au premier plat polychrome et or, une roulotte attelée de six chevaux (frontispice, "La Belle brune"). Au second plat, encadrements à froid, dos historié (La Tour de France à Moret, p. 249), tr. dorées (Paul Souze, graveur, Lenègre, relieur), (2)-290-(4) pp. ¦Édition originale et premier tirage des 24 illustrations de l'auteur, dont 8 hors-texte. Fernand Calmettes (1846-1914), peintre de genre, élève d e A. et L. Glaize, expose au Salon à partir de 1878. Membre de la Société des artistes français, il écrit et illustre une tétralogie romanesque, La Lutte pour le devoir, comprenant aussi Brave fille (1894), Simplette (1888), Soeur aînée (1889), tou s parus en format gr. in-8 illustrés chez Charavay. Le dernier titre, Mademoiselle Volonté (1892), est le plus rare. Archiviste-paléographe de la promotion 1869 avec Étienne Charavay et Camille Pelletan, il est l'ami d'Anatole France depuis 1868. Tous deux ont défendu Paris comme soldats, en 1870. Calmettes épouse ensuite la soeur d'Étienne Charavay, ce qui explique que ses romans ont été publiés chez leur frère Claudius Charavay, associé à Mantoux et Martin (voir l'article sur cette maison d'édition da ns notre Bulletin n° 4). Par la suite, il publie plusieurs livres d'érudition : L'Oeuvre complet d'Eugène Delacroix (1885), les Mémoires du général baron Thiébault (1893) et Un demi-siècle littéraire, Leconte de Lisle et ses amis (1893). Anatole France évoque son ami Calmettes qu'il a rencontré par hasard, pendant l'été 1886 dans la baie de la Somme, à Saint-Valéry, alors que Calmettes y écrit son premier roman, Brave fille, dont l'action se déroule chez les pêcheurs de cette localité : "Si je l e reconnaissais, mon excellent ami Fernand Calmettes, le compagnon de ces années de jeunesse dont le goût fut tant de fois amer et dont le parfum reste si doux dans le souvenir. Heureux que nous étions alors ! Nous n'avions rien et nous attendions tout." "Fernand Calmettes sortait alors [en 1869] de l'École des chartes, où il avait soutenu une thèse sur les manuscrits de Tacite". L'écrivain relate en détail une altercation qui se produisit avec le président de la séance, Jules Quicherat. "Quand je le connu s, en 1868, Fernand Calmettes s'occupait d'épigraphie et de numismatique, et copiait des chartes par les belles nuits d'été. C'était un grand archéologue de vingt ans. Mais c'était un archéologue tout à fait singulier, car il avait des idées générales et u ne merveilleuse abondance de méthodes philosophiques. Il m'en a même donné deux ou trois qui m'ont été fort utiles. Je n'ai jamais connu un constructeur qui fît tant d'échafaudages. Ce n'est pas tout. Cet archéologue n'aimait pas l'archéologie, et il ne ta rda pas à la prendre en horreur. Il y excellait pourtant et si les travaux épigraphiques qu'il a écrits étaient signés de son nom, il serait aujourd'hui de l'Institut. C'est une question de savoir s'il s'y plairait, car il aime terriblement le grand air. I l a l'âme rustique. En 1870, pendant nos longues factions sous les armes, il se prit de goût pour la peinture et il se mit à dessiner avec cette ardeur patiente et cette imagination méthodique qui sont le fond de sa nature. Depuis lors, il est devenu le pe intre qu'on sait et dont on estime le talent énergique, sincère et pensif." ("La Vie littéraire", Le Temps, 9 déc. 1888). Il ne fut romancier que pour cette série de livres brossant des caractères de jeunes filles. Dans Le Roman en France pendant le XI Xe siècle (1909), Eugène Gilbert rapproche Albert Cim et Calmettes. "On les nommerait plus volontiers moralistes. Mlle Volonté, Brave fille et Simplette nous indiquent, déjà par leurs intitulés, que M. Calmettes aime la femme et la jeune fille, qu'i l les aime et les vénère, s'attachant à mettre en relief leurs qualités "domestiques" aussi bien que leurs vertus les plus ennoblissantes." C'est le cas dans Mademoiselle Volonté, où Raymonde, l'héroïne velléitaire, mène le récit tambour battant, confor tant la tendance, encore timide chez les romanciers, à choisir des héroïnes ayant un caractère fortement trempé. On peut citer les héroïnes de Louis Mainard, Une cousine d'Amérique (1891) ou Mademoiselle Sans-le-Sou (1895), les Voyages et aventures de Mademoiselle Friquette de Louis Boussenard (1896), sans oublier La Capitaine Nilia (1899) ou Miss Mousqueterr (1907) de Paul d'Ivoi. De tels personnages donnent un ton nouveau au roman d'aventures hérité de Jules Verne. Impressionnant plat historié dont la dorure couvre totalement l'espace laissé libre par le dessin.
bottom of page