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CALMETTES (Fernand) . Simplette .

CALMETTES (Fernand) . Simplette .

SKU : 9501358
450,00 €Prix
Paris, Librairie d'Éducation de la Jeunesse, [1890], gr. in-8 (28,5 x 20 cm), percaline rouge. Au premier plat polychrome, Simplette (Marcelle) et sa mère Maguelonne, sur un banc (frontispice), dans un encadrement d'arabesques végétales. Au second plat cadre de filets noirs, au dos polychrome, vue d'une forêt, tr. dorées (A. Lenègre et Cie, relieurs à Paris), 312-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de 16 dessins pleine page et d'un frontispice par l'auteur. Préface de lauteur « Au poète Anatole France ».Troisième titre de la tétralogie La Lutte pour le devoir, une des plus belles séries à plat historié, dont chaque couverture flamboie dor et de polychromie. Celle de ce volume est une scène touchante dune mère et de sa fille.Chez Charavay, ce livre est paru en même temps que dautres (notamment Trop grande dErnest dHervilly, PH 53-955), qui sont chroniqués ensemble dans les articles que les journaux consacrent aux livres détrennes : « A côté de ce volume, supérieurement édité [Trop grande], voici un ouvrage qui est, en son genre, presque un chef-dœuvre : Simplette, texte et dessins par M. Fernand Calmettes. Il est impossible de lire sans émotion lhistoire de cette petite Marcelle qui, fille dun peintre découragé par les déboires, à demi-vaincu par la misère, entreprend de rendre à son père la confiance en lui-même, lespoir en lavenir, réussit à faire de lui un grand artiste et ramène laisance au foyer attristé. On peut recommander sans crainte aux mères de famille ce récit dune chasteté sévère, capable dallumer au cœur des jeunes lectrices la plus noble fierté. » (H. Ayraud-Degeorge, LIntransigeant, 31 décembre 1890).Archiviste-paléographe de la promotion 1869 avec Étienne Charavay et Camille Pelletan, Fernand Calmettes (1846-1914) est l'ami d'Anatole France depuis 1868. Tous deux ont défendu Paris comme soldats en 1870. Calmettes épouse ensuite la sœur d'Étienne Charavay, ce qui explique que ses romans ont été publiés chez leur frère Claudius Charavay, associé à Mantoux et Martin (voir l'article sur cette maison d'édition dans notre Bulletin n° 4). Devenu peintre de genre, élève de A. et L. Glaize, il expose au Salon à partir de 1878. Membre de la Société des artistes français, il écrit et illustre une tétralogie romanesque (La Lutte pour le devoir, comprenant aussi Brave fille (1888, PH 25-474), Sœur aînée (1889) et Mademoiselle Volonté (1892, PH 26-490), tous parus en format gr. in-8 illustrés chez Charavay), élevée à lopiniâtreté et à la persévérance dhéroïnes énergiques, prenant leur destin en main.Le premier roman de la série est salué par un grand article d'Anatole France, dans sa rubrique « La Vie littéraire » (Le Temps, 9 déc. 1888). France et Calmettes, camarades de jeunesse et détude, s'étaient retrouvés de longues années après, par hasard, au milieu de la baie de la Somme, à Saint-Valéry, pendant l'été 1886.Dans Sœur aînée, lauteur dédie sa préface autobiographique à la comtesse de Loynes, qui la accueillie dans son salon littéraire. Il y explique comment il est passé des études darchéologie à celle dartiste avant de trouver une voie au contact des écrivains quil y rencontre, tous doués dune faculté quil découvre : « Limagination, la vraie source du génie, la faculté souveraine par excellence, était précisément celle que javais le plus méconnue. » Il précise son projet romanesque, « sorte de légende collective que je veux inscrire en tête de mes ouvrages, afin den résumer la pensée dominante : car vous mavez appris, Madame, la pitié pour les âmes tourmentées du besoin de se dévouer, la pitié pour tous ceux qui se donnent parce quils ont létrange illusion de croire quils sont utiles et quils se doivent. »Simplette a encore un fond autobiographique, son père étant un artiste-peintre, Ludovic, vivant difficilement de son art. Ici encore, le devoir et le dévouement sont loués : « Veiller le berceau, rendre aimable le foyer, telle est la loi de nature, déternelle vérité, la loi de la mère et de lépouse, hors laquelle la femme perd son but, son intérêt et son charme (…) Cest encore par les plus grands instincts de dévouement et de sacrifice, instincts que la science refroidit et raisonne et combat aussi comme des faiblesses vaines. »Ce sont ces vertus féminines quAnatole France peint dans ses livres. Il conclut sa préface : « puisque mest échue la tâche difficile décrire pour les jeunes filles, je crois quon leur doit non des traités pédants dinstruction cérébrale, mais des récits de sentiment pour léducation du cœur. »Bel exemplaire.
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