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CHAMPAGNE (Maurice). L'Ile du solitaire .

CHAMPAGNE (Maurice). L'Ile du solitaire .

SKU : 9500864
500,00 €Prix
Paris, Librairie Delagrave, 1931, 4e édition, in-8 (28 x 18,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, polychrome et or, deux personnages sur la passerelle dun sous-marin émergé dans une crypte souterraine, lun tenant le barreau dune échelle sélevant le long de la paroi, lautre tenant une lampe sengouffrant dans lécoutille (« Guilford sempressa de disparaître par létroit escalier », p. 121). Second plat muet, au dos polychrome « deux hommes faisaient rouler dénormes blocs », au bord dun cratère (p. 95), tête dorée, (4)-240 pp. ¦Édition illustrée de 134 dessins de René Giffey, dont 15 hors-texte.1re publication en feuilleton dans LÉcolier illustré, 1913 puis en volume.Dans son article biographique très documenté sur Maurice Champagne (Le Chasseur dillustrés, 1970, rééd. Le Rocambole n°48-49, 2009), Maurice Dubourg note que LIle du Solitaire « a même lhonneur de quelques lignes dans une publication aussi sérieuse que la Revue de Paris. » Voici ces lignes : « Sam Guidford vit dans une île des mers centrales avec un serviteur dont le dévouement pour lui est absolu. Le solitaire, qui est un savant, mais un savant singulièrement malfaisant, n'a d'autre plaisir que de torpiller les bâtiments et les paquebots qui passent à portée de son palais-laboratoire de Rock-House. Trois Européens, victimes d'une catastrophe suscitée par lui, tombent entre ses mains. Alors commence un roman d'avantures, le plus extraordinairement mouvementé qui se puisse imaginer. La fille du solitaire, séquestrée par lui, est délivrée ; une lutte sans merci s'engage entre les nouveaux venus et le dément dans cette île, qui tout entière est truquée et où chaque coin cache une machine infernale. Le livre se lit d'un bout à l'autre avec un frémissement de terreur et d'anxiété. » (Revue de Paris, 1913).Maurice Dubourg ajoute que, dans ce roman, lauteur « reprend un vieux mythe du roman daventures, celui du savant fou, qui coule depuis son île transformée en forteresse les navires qui passent dans les environs et qui pense devenir ainsi le maître du monde. Le thème de lîle est un des thèmes majeurs de Champagne, car il est toujours mieux à laise avec un nombre restreint de personnages et dans un lieu soigneusement délimité, voire clos. Il affectionne aussi les souterrains, et il ny a guère de ses romans où il nen existe pas. »De son côté, la Revue bleue publie une recension détaillée, plaçant notre auteur dans une perspective historique : « Interpréter les dernières découvertes de la science au gré d'une fantaisie logique et quasiment scientifique, tel fut le secret de Jules Verne, dont les livres connurent un si durable succès ; MM. L. Motta et Maurice Champagne continuent cette tradition, et utilisent au service de leurs imaginations les inventions les plus récentes de la technique contemporaine ; M. Maurice Champagne confie toutes les puissances de la science la plus avancée à une sorte de génie du mal, ce Sam Guidford, qui, embusqué dans une île des mers australes s'emploie à torpiller les bâtiments et les paquebots naviguant à proximité de son palais-laboratoire de Rock-House ; le hasard ayant fait tomber aux mains de ce génial malfaiteur les Anglais Wood et Foggs et le français de Nansac, une lutte va s'engager dans l'île peuplée de machines infernales ; la fille de Sam Guidford, séquestrée par son père, sera délivrée, et le misérable mis hors d'état de nuire... mais après quelles péripéties ! » (Jacques Lux, Revue bleue, 1913, p. 788).Bill Bucko, qui a enquêté sur les lectures de jeunesse dAyn Rand, propose le résumé suivant de LIle du Solitaire : « René de Nansac et James Harris Wood, naufragés dans lOcéan Indien, se retrouvent sur une île dirigée par un savant génial, Sam Guidford, devenu fou par manque de reconnaissance. Il peut projeter de mystérieux rayons verts, faire exploser des navires à distance ; il a aussi construit un sous-marin. Il vit avec sa fille Edith, qui ignore ces méfaits, et un associé félon, Tommy Hab, ainsi quun autre naufragé, Gregory Fogg. Nansac tombe amoureux dEdith, mais est emprisonné par le savant fou dans une galerie qui se remplit de sable lentement, pour létouffer. Sétant échappé, il connaît dautres aventures ; le savant est finalement mordu par un de ses chiens de garde enragé, mais fait exploser lîle par un dernier acte vindicatif. Edith et les naufragés parviennent à séchapper sur un radeau. A mon avis, ajoute Bill Bucko, le fait que le méchant soit totalement fou amoindrit fortement la portée morale du conflit. » (Bill Bucko, 29 juillet 2007).Lillustrateur René Giffey (1884-1965) a débuté en 1904 chez Delagrave. Il se rendit célèbre par ses dessins humoristiques et se spécialisa dans les « petites femmes » pour les publications Offenstadt.Il travaille pour la revue de Delagrave LÉcolier illustré (ainsi que le titre parallèle Saint-Nicolas), qui publie en préoriginale nombre de romans qui seront repris en volumes à plat historié, tous illustrés par dexcellents artistes, notamment les œuvres de Jules Chancel (Tiarko le chevrier de Napoléon, 1909, PH 21/400, Le Prince Mokoko, 1912, PH 23/435, Lulu au Maroc, 1913, PH 11/214, Un petit comédien au Brésil, 1915 PH 22/415), Augusta Latouche (LEnfant de la mine, 1910, PH 04/072) ou Marie Girardet (La Petite Reine de Balkanie, 1915, PH 25/480 à 25/482).Le plat historié du livre est lun des plus belles réussites graphiques et esthétiques de la série des livres de Maurice Champagne chez Delagrave. La clarté rayonnant de la lampe-tempête au centre éclaire de manière circulaire la scène souterraine, comme une bulle, où le personnage debout se détache à contre-jour, révélant les plus proches détails du décor environnant, noyant les plans éloignés dans les ténèbres, offrant un magnifique effet de contraste sur fond rouge, noir et or. La lampe est le foyer central dune scène dramatique et mystérieuse : que font ces personnages dans ce lieu singulier ? Quel est ce sous-marin, cette crypte, où mène cette échelle ? Un des intérêts du plat historié est doffrir au regard une scène intrigante, attrayante et composée à la manière dune affiche.Très bel exemplaire.
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