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CHANCEL (Jules) . Du lycée aux tranchées . Guerre franco-allemande, 1914-1916 .

CHANCEL (Jules) . Du lycée aux tranchées . Guerre franco-allemande, 1914-1916 .

SKU : 9500446
450,00 €Prix
Paris, Librairie Delagrave, 1916, gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline verte. Au premier plat, noir et or, un jeune Saint-Cyrien (gants blancs et plume au képi) courant chevaleresquement à l'ennemi et à la mort (p. 53, "Il s'élance sous la mitraille"). Au second plat, paon à froid, dos orné d'un motif floral noir et or, en long, tr. dorées, (4)-299-(1) pp. ¦Édition originale ornée de 93 dessins (dont 19 à pleine page, avec un portrait de Joffre) par Louis BOMBLED (1862-1927), collaborateur du Journal des voyages, illustrateur des Voyages excentriques de Paul d'Ivoi, spécialiste de l'illustration militaire pour l'éditeur Garnier (Grenest, Relation anecdotique de la campagne de 1870-71 ; Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène ; Galli, La Guerre à Madagascar, etc.). Depuis 1901, Jules Chancel (1867-1944) publie avec succès une série de volumes historiques dont les héros sont des enfants à diverses époques (Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XVI, la Révolution, Bonaparte, N apoléon, la guerre de 1870), façon didactique d'enseigner l'histoire. Parallèlement, il lance la série Les Enfants à travers les Colonies, véritable initiation à la géographique contemporaine (Soudan, Maroc - cf. Lulu au Maroc, PH 11/214, également ill ustré par BOMBLED - Brésil, bientôt Argentine). Pendant la guerre, la série Les Enfants à travers l'Histoire se poursuit, suivant l'actualité, avec ce volume au titre emblématique. Paru au cours du conflit mondial, le livre n'en connaît pas l'issue, et comme souvent, désigne la Grande Guerre par des dates provisoires - ici 1914-1916, laissant entendre qu'elle s'achèvera bientôt, après deux années de combats. Le lycéen Guy d'Arlon, qui vient de remporter deux prix à l'issue de la classe de troisième (don t un de sport qui lui sera bientôt fort utile), est trop jeune pour s'engager régulièrement dans le conflit, mais il est impliqué malgré tout : "Dès septembre, la ville [Senlis] est envahie par l'ennemi et son père, adjoint au maire, est fusillé. Guy le ve nge immédiatement en abattant l'officier responsable de l'exécution et, dès lors, fait le serment de tuer à lui seul dix Allemands ! Il va donc se jeter dans la mêlée et être témoin des événements les plus étonnants comme les plus révoltants", dit en préface à une réédition A. Fuzellier (Encrage, 2012). Guy constate en effet "que la guerre n'est plus celle que l'on s'attendait à connaître. Et il est témoin de scènes anachroniques", comme celle représentée sur la couverture montrant la charge d'un jeune off icier de Saint-Cyr : "Ce jeune homme emballé par sa fougue chevaleresque, ce Saint-Cyrien qui, fidèle à la promesse qu'avaient faites, en se quittant, les officiers de sa promotion, avait mis ses gants pour marcher à l'ennemi, ne trouvait pas encore que c' était suffisant. Oubliant, dans cette minute de glorieuse folie, les mesures de prudence qu'impose la guerre moderne, ignorant encore que les officiers étaient surtout visés par les tireurs allemands, il se souvient seulement qu'il est un chef et qu'un chef n'abdique pas l'honneur d'être une cible." (p. 52 ; extrait figurant aussi dans Les Mots héroïques de la guerre de Paul Souchon, 1915). Notre héros constate que cette guerre est sale, laide, ignoble, désolante, barbare, comme l'ennemi, qui use de pr océdés déloyaux (l'espionnage), dénoncés par l'ensemble de la littérature de cette guerre. Le romancier en dépeint les différents caractères pour conclure que la place d'un lycéen n'est pas sur le front mais sur les bancs de l'école, pour relever le pays l orsque la victoire sera acquise. Las, la guerre s'éternisera encore deux ans, et Jules Chancel aura l'occasion d'écrire deux autres romans de guerre, Sous le masque allemand (guerre franco-allemande 1914-1917) puis Un match franco-américain, la Grande guerre (1914-1919). Pendant le conflit, Jules Chancel fut correspondant de guerre pour L'Illustration, tandis que son fils Jean-Louis Roger (1899-1977), futur caricaturiste, s'engageait en 1916 et rejoignait l'armée d'Orient. Les deux hommes sont évoqu és dans Les Crayons de la propagande de Christian Delporte (1993). Ces livres résultent donc d'une expérience personnelle, avec quelques détails autobiographiques (ainsi les Chancel ont habité Senlis et ont pu être témoins de diverses scènes évoquées dan s le roman). Sur le thème de l'enfant guerrier, on consultera La Guerre des enfants 1914-1918 de Stéphane Audoin-Rouzeau (2004). Bel exemplaire.
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