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CHANCEL (Jules). Le Moucheron de Bonaparte (1795-1805) .

CHANCEL (Jules). Le Moucheron de Bonaparte (1795-1805) .

SKU : 9500750
450,00 €Prix
Paris, Librairie Ch. Delagrave, 1913, 2e édition, gr. in-8 (29 x 21 cm), percaline bleu-violet. Au premier plat polychrome et or, vignette cerclée de tricolore, le héros conduit une berline chargée de bagages, où a pris place Bonaparte en route pour la campagne d'Italie (ill. p. 93), sur champ d'abeilles dorées. Au second plat, paon à froid, au dos semé d'abeilles dorées, baril de poudre, une bougie fumante près de la mèche (scène de l'attentat, p. 173), titre doré bordé de rouge, tr. dorées, 240 pp. ¦Édition illustrée de 34 dessins par Raymond de La Nézière, dont 9 à pleine page. Première édition en 1908, publié d'abord en feuilleton dans L'Écolier illustré et le Saint-Nicolas. « Un petit Parisien, fils d'un conventionnel farouche tué sur les marches de l'église Saint-Roch par les soldats du général Bonaparte, est le héros de cette histoire. Aimable petit moucheron, il débouche, affairé, au milieu de tous les événements historiques du Directoire. Son amie d'enfance, plus tard sa femme, Bonaparte lui-même et Joséphine de Beauharnais, Mme Sans-Gêne, les généraux et l'armée en sont les principaux acteurs. C'est donc le Directoire tout entier qui revit dans ces pages, mais un Directoire vivant, amusant, pittoresque comme le titre de l'ouvrage » (Revue des Deux-Mondes, 1908). Louis Cormas, le héros, « commence par haïr le général, puis, peu à peu, sous l'influence de la grandeur et de la beauté de la vie militaire, il en arrive à l'aimer parce que Bonaparte personnifie pour lui l'heureux génie de la France. Comment le petit Cormas, pour l'amour de sa gentille amie Nicole, participe à la campagne d'Italie, comment ensuite, en voulant sauver Bonaparte, il est pris pour un des auteurs de l'attentat de la rue Saint-Nicaise, comment enfin il en découvre les vrais coupables, M. J. Chancel l'a raconté avec beaucoup d'entrain et d'esprit ». Le Polybiblion ajoute : « Ne doit-on pas, actuellement, être à peu près satisfait en constatant dans un livre destiné à la jeunesse, une rigoureuse neutralité ? C'est le cas du Moucheron de Bonaparte, dont l'action se passe d'ailleurs à une des époques de notre histoire où la société française se montra le moins préoccupée de religion. » (Ceci est écrit au lendemain de la séparation de l'Église et de l'État). « Ce roman est l'un des meilleurs d'une série dès longtemps consacrée par le succès et dont nous signalons, tous les ans, ici-même, le dernier-né », dit la Revue de Paris. « M. Jules Chancel, nos lecteurs le savent, est un dramaturge distingué et souvent applaudi ; c'est dire qu'il excelle à inventer, à corser une intrigue toujours attachante. Ses romans ingénieux, écrits en marge de notre histoire de France, apprendront aux jeunes lecteurs, tout en les amusant, bien des détails, bien des anecdotes curieuses. Et cette petite histoire, au moins aussi intéressante que la grande, leur fera aimer d'avance les hommes glorieux dont ils auront à apprendre plus tard les hauts faits ». Cet habile parallélisme entre « petite histoire » et « petit lecteur » permet de rappeler que c'est au début du XXe siècle que la « petite histoire » prônée par Chancel a trouvé un de ses maîtres en la personne de l'historien G. Lenotre et que c'est en 1909 que fut créée la revue Historia où l'anecdote historique et la « petite histoire » connurent leur plus formidable développement, tant il est vrai que l'anecdotique est à la fois séduisant et révélateur. C'est aussi l'époque où se développent les études napoléoniennes, où foisonnent l'anecdotique et le pittoresque. Dans sa biographie d'Edmond Rostand, Caroline de Margerie retrace le contexte de la fin du XIXe siècle : « Après une éclipse de quelque vingt ans, le culte de l'Empereur reprit. Meissonnier peignait des tableaux de bataille d'après des paysages en carton qu'il saupoudrait de sucre pilé et Detaille l'imitait sans omettre un bouton de guêtre. Ces monuments de piété et d'exactitude triomphaient au Salon, tandis que les impressionnistes n'étaient encore appréciés que d'amateurs avisés. Dans les années 1890, parurent les Mémoires de Marbot, Frédéric Masson publia ses récits sur Napoléon intime et Réjane triompha dans Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou qui avait, une fois de plus saisi le goût du public. » (Edmond Rostand ou le baiser de la gloire, 1997). On retrouvera Louis Cormas, sa femme et leur amie Madame Sans-Gêne dans le volume suivant de Jules Chancel, Tiarko le chevrier de Napoléon, qui se déroule de 1805 à 1815 (1909, PH 21/400).A propos de Madame Sans-Gêne (1774-1861), on lira ces souvenirs, « écrits sous sa dictée par Saint-Germain Leduc » : La Vraie Madame Sans-Gêne. Les campagnes de Thérèse Figueur, dragon aux 15e et 9e Régiments, 1793-1815, (1842, Guillaumin, 1894) ; elle est évoquée par des auteurs modernes tels Colette Piat, Thérèse Sans-Gêne (Albin Michel, 1986) et Christophe Nagyos, Madame Sans-Gêne : Une femme du peuple à la cours de Napoléon (Strasbourg, La Nuée Bleue, 2001) : « Personnage fascinant et ambigu de lépoque révolutionnaire puis napoléonienne, lauthentique « Sans-Gêne » na rien à voir avec lhéroïne de Victorien Sardou. Cette vraie Sans-Gêne, la voici, née Thérèse Figueur en 1774 à Talmay (Côte-dOr). Après avoir perdu ses parents, elle est recueillie par son oncle Joseph. Mais en 1793, ce dernier sengage dans un régiment de dragons. Pour permettre à sa nièce de le suivre partout, même en campagne, il lui fait signer le même engagement. Ensemble, ils se battent sous les ordres du général Carteaux. On a donné à Thérèse un surnom : « Sans-Gêne » ; du siège de Toulon aux grandes batailles italiennes, elle en fera un nom prestigieux... Au cours de la bataille de Savigliano, elle est blessée et prisonnière. Passant pour une sorcière, elle va être brûlée… Miracle : elle échappe à la mort et se retrouve à Paris, chez Joséphine. Bonaparte accueille avec joie celle quil appelle « le petit Sans-Gêne ».La teinte bleue de la percaline fait partie du décor et de l'image : elle permet de cercler la vignette de tricolore, de souligner les zones sombres sur les chevaux et de marquer les traits du dessin, et est utilisée pour la couleur des costumes des personnages. C'est une manière économique d'utiliser la couleur de la toile pour historier le plat. Si la toile avait été d'une autre teinte, il aurait fallu ajouter une impression bleue, voire du noir. Plat historié très décoratif.
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