top of page
CHANGEUR (P.A.) et SPONT (Alfred). Les Grandes infortunes .

CHANGEUR (P.A.) et SPONT (Alfred). Les Grandes infortunes .

SKU : 9501013
500,00 €Prix
Paris, Librairie d'éducation A. Hatier éditeur, [1890], gr. in-8 (29,5 x 21,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, noir, or et argent, Christophe Colomb est ramené en Espagne, enchaîné sur le pont de son navire (ill. p. 163), au loin soleil rayonnant. Au second plat, encadrement de motifs décoratifs, caissons dorés au dos, tr. dorées (Lachtchiver, graveur), VII-(1)-358-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 52 gravures dont 25 hors-texte, par Courtois, J. L. David, Delacroix, V. Foulquier, Gérard, Géricault, Gérôme, Mollet, Jules Pelcocq, Pradille, R. Taylor, Wappers, Zier, gravés par Carbonneau, Catenaci, Gilbert, F. Méaulle, Michelet, Pannemaker fils, Quartley, Trichon, etc.Préface d'Eugène Muller.Bibliothèque anecdotique et littéraire, série in-4°Table en deux parties : Hommes daction (souverains, ministres et favoris, patriotes, soldats, matins et voyageurs), hommes de pensée (inventeurs et médecins, savants et philosophes, artistes, poètes et écrivains), de lantiquité à nos jours.Voici un livre de haute portée morale. Sous une belle couverture maritime se cache un ouvrage historique fondé sur une idée simple : raconter les malheurs et les déconvenues des hommes célèbres, pour illustrer ce principe que la renommée universelle nest pas une garantie dune vie heureuse et sans histoire, bien au contraire. Mais ces épreuves offrent une leçon de courage supplémentaire aux individus supérieurement doués et un exemple à tous. Cest ce qua bien compris le préfacier du livre, qui écrit, en sadressant à ses deux jeunes auteurs : « Placés devant cette incontestable et universelle vérité que la douleur, sous toutes ses formes physiques et morales, est en quelque sorte une des premières et plus formelles conséquences de la vie ; vous étant dit que nul ne saurait échapper entièrement à cette loi, vous navez pas voulu admettre la très banale et très affligeante conclusion dune fatale inertie en face dune force suprême. Tout au contraire, vous vous êtes attaché à mettre en évidence, à laide des plus fameux souvenirs historiques, le bénéfice spirituel qui doit revenir à chacun du spectacle de ces grandes épreuves. »Le livre a une portée chrétienne et catholique : « Vous avez compris que le magnifique symbolisme du Dieu se faisant homme pour enseigner à lhumanité la gloire de vaincre la souffrance ne saurait être une vaine formule. Et, en réalité, quand vous avez rapporté tant dévénements douloureux, vous navez rien fait moins quécrire indirectement lhistoire dune sorte de courage, dont chacun dans sa sphère, si humble ou si élevée soit-elle, devra sarmer un jour ou lautre. »Cest une leçon dhumilité : « Dune part en montrant que le malheur profond, les misères infinies peuvent sattacher, dautant plus terribles, à toutes les plus hautes, plus brillantes et plus enviées situations sociales, vous avez conduit le lecteur à en tirer un puissant enseignement. Par là même, en effet, se trouve indiquée la comparaison à faire entre la commune condition, dont si souvent lon oublie dapprécier les avantages, et ces destinées que lon est trop porté à considérer comme résumant lidéal des terrestres félicités. Dautre part, vous avez rappelé dillustres adversités, coups injustes du sort, qui se sont changées en véritables triomphes pour les grandes âmes, dont elles ont exalté lhéroïque vertu. Et ce sont là pour tous de nobles, de fortifiantes leçons. En maints autres cas aussi frappants, vous avez fait voir combien de fois les plus cruels revirements de destinées ont eu pour artisans, non moins coupables quinconscients, ceux-là même qui en ont été les victimes : notamment quand les favoris dune fortune imméritée, dune élévation sans titres réels ou avouables, ont précipité la catastrophe, en saveuglant sur la fragilité de leur condition anormale, et en ne sachant mettre aucune limite à leurs visées. De tels exemples, dont lapplication est facile à tous les degrés de léchelle sociale, ne sauraient être perdus pour le lecteur intelligent. En somme, votre œuvre dailleurs dune grande variété de composition, dune agréable forme littéraire, et très instructive au point de vue purement historique me semble essentiellement bonne et recommandable comme œuvre déducation, de moralisation. »Cet avis est important : il rappelle en effet ces visées fondamentales, sous-jacentes non seulement à de nombreux ouvrages à plat historié, mais à tous les livres déducation et de récréation de la fin du XIXe siècle.Curieuse ironie du sort, lun des auteurs sera lui aussi victime de ce destin contraire et imprévisible, de cette loi universelle, qui frappe, semble-t-il, au hasard. Alfred Spont est emporté à lâge de 36 ans : « Le Polybiblion est douloureusement atteint par la mort de son collaborateur M. Alfred Spont, enlevé en pleine jeunesse à Amélie-les-Bains, le 2 mai dernier. Né à Paris, le 4 novembre 1863, il fit ses études au collège Sainte-Barbe, les acheva au lycée Louis-le-Grand, puis suivit les cours de l'École des chartes eu même temps qu'il préparait sa licence ès-lettres. Après avoir été quelques années attaché aux bibliothèques Sainte-Geneviève et de l'Arsenal, il quitta la carrière administrative pour se consacrer plus librement à l'érudition. Devenu l'un des hommes le mieux au courant de l'histoire des XVe et XVIe siècles, l'on pouvait attendre de beaux fruits de son érudition. » (Polybiblion. Revue bibliographique universelle, 1899, volume 85, p. 540).On lira une longue notice biographique, « Alfred Spont » dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes (1899, p. 345-350).Louvrage existe aussi en cartonnage gris-bleu. Une 2e édition en 1897 présente le même décor au premier plat, mais en noir, or et argent, sans polychromie.
bottom of page