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CHRISTOPHE. Le Sapeur Camember.

CHRISTOPHE. Le Sapeur Camember.

SKU : 9501249
900,00 €Prix
Les Facéties du sapeur Camember. Paris, Armand Colin, [1896], gr. in-8 oblong (32 x 22,5 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat polychrome, les personnages principaux (le colonel, le gamin Victorin, le sapeur, le soldat Cancrelat, Mlle Victoire, le major), posant de face, au garde-à-vous, saluant de diverses manières fantaisistes, quatre portraits du sapeur dans des vignettes circulaires en écoinçon (pl. 9, deux venant de la pl. 62 de la table, la dernière non identifiée), 61-(3) pl.¦Édition originale illustrée en couleurs par l'auteur de ce classique immortel, un des trois chefs-d'oeuvre de Christophe (Georges Colomb, 1856-1945), dont nous avons déjà présenté le premier, La Famille Fenouillard (1893, PH 16/306). "Nous connaissions aussi par coeur les oeuvres immortelles de Christophe : Le Sapeur Camember, La Famille Fenouillard, Le Savant Cosinus (et Les Malices de Plick et Plock, victimes d'un injuste oubli)" dit Jean-François Deniau (Survivre, 2006). "De ces trois livres sains et gais - Camember, Fenouillard et Cosinus -,Le Sapeur Camember est sans doute le plus original et, malgré l'anachronisme de son héros, celui qui demeure le plus vivant, le plus actuel", dit François Caradec dans son article "Le Centenaire du Sapeur Camember" (Hommes et mondes, j uillet 1956 ; recueilli dans Entre miens : d'Alphonse Allais à Boris Vian, 2010). Caradec poursuit : "Il est vrai que chaque lecteur de Christophe professe généralement une admiration sans borne pour l'un des trois albums, au détriment des deux autres. A quelle raison faut-il attribuer cette préférence exclusive ? (...) Avec un peu d'habitude et d'habileté, il ne serait sans doute pas impossible de démontrer que les amateurs de Fenouillard, de Cosinus et de Camember sont respectivement des explorate urs, des scientifiques et des militaires refoulés. Il n'est pas invraisemblable non plus que chacun d'entre nous ait envers un de ces albums une certaine reconnaissance, soit qu'il ait été le premier que nous ayons lu, soit qu'il nous ait été offert dans d es circonstances particulièrement propices." "De toutes manières, Camember semble avoir encore aujourd'hui plus d'admirateurs que n'en ont les autres albums de Christophe, et sans doute faut-il croire que l'absence du canular et du ton "rue d'Ulm" qui f leurissent dans Fenouillard et Cosinus y est pour quelque chose : Camember est le plus universel et, aussi, le plus typiquement français. Le langage du sapeur Camember, ce paysan franc-comtois naïf et roublard, est une des plus curieuses créations de notre littérature (...)." "Le succès du Sapeur Camember est dû, pour beaucoup, autant au comique des situations, au langage du sapeur et aux illustrations de Christophe si pleines de vie et de mouvement, qui ont manqué au Colonel Ramollot. Courteline et les autres amuseurs connus du grand public n'ont pas apporté le même soin à l'étude de la langue du paysan devenu soldat par les hasards de la conscription, ni cette même patience dans la notation vraie et l'accent authentique. Le personnage de Camembe r est d'une autre classe que le "comique troupier" classique. (...) Je me console aisément de ne pas en dire davantage : j'ai aperçu la reliure rouge des Christophe dans les bibliothèques les plus raffinées, je sais que ses fidèles ont tous, sur tel ou t el album, leurs petites idées qui valent bien les miennes", lance Caradec en conclusion. "Christophe avait envie de dessiner un militaire coiffé d'un bonnet à poils, ce qui est tout à fait une idée d'écrivain ou d'artiste. Aussi a-t-il situé les aventures du sapeur Camember sous le second Empire. A part cela, son héros est très représentatif de l'armée de la IIIe République ou, si l'on préfère, de l'armée de Courteline qui était celle de la conscription et dans laquelle se mélangeaient toutes les classes s ociales", dit Jean Dutourd ("Le Sapeur Camember", Les Militaires qui ont changé la France, 2012). Ainsi, les albums de Christophe, précurseur de la bande dessinée ayant appris les leçons de Rodolphe Töpffer (voir PH 30/581), sont-ils connus dans tous le s foyers français. On assure même qu'ils ont influencé la création de Marcel Proust, qui a eu leur auteur, Georges Colomb, comme professeur à Condorcet, et dont le Sapeur Camember aurait inspiré le personnage d'Aimé, le maître d'hôtel de Balbec (selon Andr é Ferré, Les Années de collège de Marcel Proust). "J'irai plus loin, dit Simon Liberati dans 113 études de littérature romantique, 2013), les lettres du fiancé de Céleste dans Le Temps retrouvé sont du plus pur style "Camember"." Sur Christophe, on consultera la biographie de François Caradec, Christophe (1956, éd. revue Horay, 1981), la meilleure introduction au sujet. Très bel exemplaire.
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