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CLARETIE (Léo) . Paris depuis ses origines jusqu'en l'an 3000 .

CLARETIE (Léo) . Paris depuis ses origines jusqu'en l'an 3000 .

SKU : 9501268
650,00 €Prix
Paris, Charavay frères & Cie, libraire-éditeurs, [1886], gr. in-8 (28,5 x 20,5 cm), percaline émeraude. Au premier plat, polychrome, personnage en costume du XVIIe siècle tenant une bannière aux armes de Paris. Au second plat, en ocre, allégorie de la Ville (p. XI ; femme coiffée d'une couronne crénelée, portant une torche, le bras gauche posé sur un globe, devant lequel se trouvent une palette, une épée et un livre ouvert), au dos, armes de la ville à l'or, tr. dorées (Paul Souze, graveur, Enge l, relieur), XVI-364-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de deux cents dessins in-texte par Paul KAUFFMANN et de onze hors-texte par F. Calmettes, L. Glaize, E. Grasset, Kaemmerer, Leloir père, M. Leloir, Rejchan et Robida, gravés sur bois par Prunaire. Préface de Jules Claretie. Envoi de l'auteur. C'est le premier livre de l'auteur (1862-1924), journaliste, romancier et critique littéraire, auteur, entre autres, d'une étude sur Lesage romancier, d'après de nouveaux documents : le roman en France au début du XVIIIe siècle (1890), d'un livre sur Les Jouets, histoire, fabrication (1893) et de souvenirs de voyage : Feuilles de route en Tunisie (1893) et Feuilles de route aux États-Unis (1895). Sa connaissance de ce dernier pays lui inspire des r omans de style "western", comme La Vallée fumante, roman du far-west américain (1900) et Les Héros de la Yellowstone (1908). Dans le cadre du ministère du commerce et de l'industrie, il participe à diverses expositions internationales en Angleterre, B elgique et Roumanie (Feuilles de route en Roumanie, 1912). Du présent livre, la Revue des Deux Mondes (1886) écrit : "A la librairie Charavay frères, un oncle, M. Jules Claretie, a servi d'introducteur et de préfacier à son neveu, M. Léo Claretie. Il y a de la facilité, de la bonne humeur, il y a de l'érudition et de l'art dans [ce livre] ; et l'illustration, sans prétention, en est bien et heureusement entendu. Mais pourquoi ces chapitres qui terminent le volume : - En 1987, - L'An 3000, - et dans ce cadre un peu usé, les suppositions qu'il comporte, moins amusantes que fantastiques !". Ce qui semblait gêner la Revue est aujourd'hui l'un des principaux intérêts du livre, son titre de gloire qui lui vaut d'être classé parmi les ouvrages d'anticipatio n étudiés par Pierre Versins dans son Encyclopédie de l'utopie et de la science fiction (1972) : "La dixième partie, Après nous, se compose de trois chapitres (En 1987, Les Ruines de Paris et L'An 3000), avec un beau frontispice de Robida et des dessins de P. Kauffmann dont un illustre notre article Archéologie". Il s'agit d'une gravure représentant les ruines de Notre-Dame (p. 341). D'autres dessins représentent les ruines de l'Hôtel de ville, du Panthéon, de la Colonne de Juillet et, plus réj ouissantes, celles du Trocadéro, l'ancienne version qui a été remplacée en 1936... Le chapitre sur "Les ruines de Paris" contient une paraphrase du poème de Victor Hugo sur l'Arc de Triomphe, dit Walter Benjamin (Paris, capitale du XIXe siècle). Le dern ier "reproduit une conférence sur les antiquités de Paris" tenue devant "la célèbre Académie de Floksima, ville très savante, située dans la Cénépire. C'est un continent nouveau dont personne au monde ne soupçonnait l'existence, découvert en l'année 2500 e ntre le cap Horn et les terres australes, et devenu rapidement, par suite d'un déplacement logique de la civilisation, le foyer des lettres, des arts, du commerce, de l'industrie, le rendez-vous universel du beau monde, le centre de la société polie, le ce rcle des beaux esprits". L'illustre archéologue Ti-Kiang, retour de Paris, y expose sa dernière découverte, établie sur des preuves irréfutables lui ayant permis de localiser le Louvre rive gauche et l'Institut rive droite, aux acclamations d'une assistan ce conquise par son érudition puisée aux meilleurs auteurs de l'"antiquité parisienne"... Le thème des "ruines de Paris" et des archéologues de l'avenir, qui cherchent à reconstituer l'agencement de la capitale et à interpréter les traces qui en restent, a été traité plusieurs fois auparavant, en particulier dans Archéopolis d'Alfred Bonnardot (1859), dans L'An 5865 ou Paris dans 4000 ans du Dr. H. Mettais (1865) et par Alfred Franklin dans Les Ruines de Paris en 4875, documents officiels et inédits (1875). C'est surtout ce dernier, historien de Paris, qui fit connaître cette thématique et lui donna une grande ampleur. Les archéologues du futur ont pour point commun de se fourvoyer totalement dans leurs interprétations des ruines et dans leurs analyse s de la société parisienne du passé qu'ils étudient, offrant à chaque fois d'amusantes charges des travers des érudits et des archéologues trop sûrs d'eux, dans la lignée des satires imaginées par Swift ou Rabelais... C'est ce tableau de la fin de Paris q ui a retenu les lecteurs, davantage que la peinture plus classique de sa naissance, de son essor et de son apogée. On lit en filigrane dans cette évocation la grandeur et la chute d'autres capitales, d'autres civilisations, celles de l'antiquité en premier lieu. Le livre, paru "quinze ans après les incendies de la Commune déploie l'histoire de Paris de la fondation à la ruine", dit Jean-Pierre Arthur Bertrand (Les Deux Paris, les représentations de Paris dans la seconde moitié du XIXe siècle, 2001). "Léo Claretie montre qu'il s'agit d'un cycle qui se referme. La ruine finale est loin, très loin, avant la fondation elle ramène à celle-ci, à un état antérieur même : "Paris repose sous ses ruines. Un immense silence, le silence du tombeau pèse sur lui. Une v égétation touffue et envahissante enveloppe, étreint comme un suaire ce gigantesque cadavre d'une ville qui n'est plus. Les ronces, les broussailles enserrent et disjoignent les pierres demeurées encore debout. Les reptiles rampent, les bêtes fauves font l eur repaire au milieu de ce désert, dans cette solitude profonde et morne la nature reprend ses droits. Les forêts d'autrefois ont reconquis leur place sur les rives de la Seine qui coule large et libre, frôlant les roseaux de ses rives, usant dans son cou rs les vieilles pierres moussues coulées dans son lit. A travers les bouleaux et les hêtres, les marais se sont reformés et scintillent au soleil." L'histoire de la grande cité - comme celle de toutes les autres - ne se comprend qu'à la lumière d'une fonda tion et d'une chute. Paris est grand parce qu'il est né d'une élection du destin, c'est de cette grandeur qu'il disparaîtra un jour, pourtant si même les ruines s'effacent, la gloire de la ville survivra de façon immatérielle dans le souvenir : "Paris n'es t plus. Ses ruines elles-mêmes auront bientôt péri. Et qu'est-ce que la vie de Paris dans l'histoire du monde ? La ville-lumière s'est éteinte, semblable à ces apparitions fugitives qui s'éclairent par degré sur l'écran, brillent quelques minutes d'un écla t pur, puis pâlissent, reculent dans la pénombre, s'évanouissent sans laisser d'autres traces que le souvenir." Existe également en vert olive et en azur. Exemplaire superbe.
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