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CLARETIE (Leo) et VIMAR (Auguste) . L'Oie du Capitole .

CLARETIE (Leo) et VIMAR (Auguste) . L'Oie du Capitole .

SKU : 9500967
400,00 €Prix
Paris, Société française déditions dart L.-Henry May, Éditions du Figaro, [1899], in-4 (33 x 25 cm), percaline bleu-gris, bords biseautés. Au premier plat, noir et or, l'oie en tenue militaire (lance, bouclier, casque, épée) parade sur les murailles de la ville, sur fond de quartier de lune et de ciel étoilé. Au second plat, logo de l'éditeur en bleu, titre doré en long au dos, tr. bleu marine, (4)-432-(1) pp. ¦Édition originale illustrée de 84 dessins en couleurs par Auguste Vimar (Marseille, 1851-1916), illustrateur de presse depuis 1893 (Figaro illustré, Revue Mame, Mon Journal, Le Rire, etc.).Après avoir travaillé avec Paul Guigou sur deux albums (L'Arche de Noé, 1894, et L'Illustre dompteur, 1895), puis illustré Les Vertus et les grâces des bêtes dEugène Mouton (1823-1902) (Mame, 1895, PH 13-255), et des fables dauteurs classiques tels La Fontaine (1897, PH 13/258) ou Florian, le dessinateur animalier Auguste Vimar sassocie pour ce livre avec le romancier Léo Claretie (1862-1924), neveu de Jules Claretie, dont nous avons déjà rencontré en plat historié le premier livre, Paris depuis ses origines jusquen lan 3000 (Charavay frères & Cie, 1886, PH 27-506).« L'Oie du Capitole est l'amusante aventure d'une oie qui descend aux enfers et qui y voit des choses surprenantes, l'Énéide ou l'odyssée d'un palmipède, avec de comiques parodies pleines d'imprévu et de variété. Les collégiens en feront leurs délices, car l'antiquité ne leur avait pas encore été présentée sous ce jour riant. Les dessins spirituels et drôles de Vimar mettent le rire et la gaité sur les fronts les plus moroses. Voilà bien le livre de la jeunesse, livre sain et attrayant. » (La Grande revue, 1900).« M. Léo Claretie a eu la rare fortune de découvrir, dans le bûcher d'un couvent du Mont Athos, un manuscrit de L. Calpurnius, qui lui a fourni des notions ignorées sur le fameux épisode du Capitole sauvé par les oies. Telle est l'origine du « succulent » album qu'il nous offre avec les merveilleuses illustrations de Vimar. C'est tout à fait désopilant. Tout ce qu'on pourrait reprocher à L'Oie du Capitole, c'est d'être parfois un peu trop grasse. Il y a, dans le récit des exploits de Cornélie et de son fils Gaius, certains passages qui ne conviennent guère à la jeunesse. C'est dommage, car l'album est vraiment bien joli ! » (Polybiblion, 1900).Sculpteur, peintre, illustrateur, Vimar ne sest presque jamais occupé dautre sujet que les animaux, sauvages ou domestiques, tous les animaux. LOie du capitole, est une comédie animale, où se croisent chiens (figurant les soldats romains), éléphant (gardien du passage des Enfers), cheval (cafetier), dindon (pilote de bateau), arche de Noé, girafe, serpent, hippopotame, perroquet, coq, poule, lion, écureuil, dromadaire, singe, héron, âne, caniche, grenouilles, renard, etc.Cette comédie animale se poursuit dun album à lautre. A lorigine était lArche de Noé (titre du premier livre de Vimar, en 1894) depuis laquelle les animaux se dispersent et se répartissent dans les différentes parties du monde puis vient le temps des Fables animalières, de La Fontaine et Florian à Lachambeaudie. Sous ces divers aspects, ce sont toujours des histoires humaines transposées et représentées.Un article de lEncyclopaedia Universalis sur Vimar exprime très finement la relation de Vimar à son sujet de prédilection et le restitue dans une généalogie artistique qui mène de Rabier à Babar et à Walt Disney :« C'est dans l'illustration de livres d'enfants dont il est souvent l'auteur que Vimar trouve un ton personnel, fondé sur un sens du comique animalier préfigurant le bestiaire humoristique de Benjamin Rabier (…). L'inspiration de Vimar est gaie, fantaisiste et s'exprime dans des associations d'idées au premier degré, à la portée de l'imaginaire enfantin : la poche du kangourou est analogue à la musette du soldat, la bosse du chameau est transformée en gigantesque garde-manger. Vimar dessine en imagier farceur, son talent animalier atteint naturellement au comique par la pertinence du détail saugrenu qui renforce la drôlerie des attitudes. Si la morphologie animale est respectée, la gestuelle et les mimiques imitent celles des hommes. L'atmosphère gouailleuse frôle parfois la vulgarité pour rendre « les airs entendus et la muette insolence » du boy Jingo, l'éléphant héros du Boy de Marius Bouillabès (1906) : ici pas question de sagesse ni de bonhomie, vertus qui feront la réputation de Babar, une génération plus tard. Vimar campe avec faconde un univers burlesque d'animaux acteurs, tour à tour clowns et victimes dans leur relation de dépendance avec la société humaine ; la verve caricaturale jaillit dans un goût du gag dont on peut trouver la descendance chez Walt Disney. »Un article du Larousse mensuel propose une analyse détaillée du style de Vimar : « Vimar excelle à deviner les intentions des animaux, et à les faire deviner. Il ne se contente donc pas de transcrire les formes ; il veut aussi traduire les qualités psychologiques, celles, du moins, que nous attribuons aux bêtes daprès leur aspect et leurs allures. Il se garda de leur imposer des déformations et de trop user, comme Grandville, d'accessoires et d'habillements humains. C'est par des moyens directs, un dessin très sûr, le choix et l'abondance des détails qu'il nous amuse. Il a le comique littéraire, c'est-à-dire qu'il fait naître les commentaires malicieux et complexes. La connaissance des formes lui permet une traduction rapide à la plume, et son trait ferme, élégant, est toujours très expressif. Un tel amoureux de la comédie animale ne pouvait manquer d'être pour les fabulistes un collaborateur de choix. La Fontaine, Lachambeaudie [Fables, PH 12/238], Florian ont donc été illustrés par Vimar : et ces livres sont, parmi tous ceux de l'artiste, dotés du plus sûr agrément. Ainsi, Auguste Vimar fut à la fois un observateur attentif et un maître de l'imagination. Jusqu'à la fin de sa longue carrière, il travailla ; son atelier était, comme on l'a justement dit, une véritable arche de Noé, d'où les bêtes, à l'infini, se répandaient dans le monde. Les musées de Dijon et de Digne conservent des études de Vimar ; sa Causerie de chiens est au musée de Marseille. » (Edme Tassy, Larousse mensuel illustré n°124, juin 1914, p. 164).Bel exemplaire.
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