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COILLARD (François). Sur le Haut-Zambèze. Voyage et travaux de mission .

COILLARD (François). Sur le Haut-Zambèze. Voyage et travaux de mission .

SKU : 9500894
750,00 €Prix
Paris et Nancy, Berger-Levrault et Cie, libraires-éditeurs, 1898, in-4 (28 x 23 cm), percaline gris perle. Premier plat illustré d'une composition en noir, vert foncé et palladium, représentant un lever de soleil dans un encadrement végétal. Second plat muet, dos orné du dessin (noir et au palladium) d'un indigène en pirogue (d'après la pl. 100, "flottille de pirogues"), tête rouge, XXVIII-590-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de deux portraits (l'auteur et sa femme), 40 planches et 2 cartes h.-t. Ce récit de voyage est un des premiers à accorder une aussi grande place à la photographie. Réédité en 1899, format in-8 avec XXIX-(1)-694-(2) pp., les deux portraits, 6 planches, 2 cartes h.-t. et 25 gravures in-texte. Le plat historié est si milaire pour les deux éditions, quoique rehaussé d'ocre en 1899. L'iconographie diffère dans les deux éditions. Le plat de 1898 inspire une planche de l'édition de 1899 (pl. p. 54), tandis que le dos de 1899 provient d'une planche de l'édition de 1898. Un e variante de l'édition de 1898 est co-éditée, la même année, avec Jeheber (Genève). Préface de J. de Seynes. "C'est Livingstone qui fit connaître au monde les chutes du Zambèze, et qui l'intéressa à l'évangélisation du pays" dit Émile Léonard (Histoir e générale du protestantisme: Déclin et renouveau, 1961). Surnommé "le Livingstone français" (Michel Prum, Race et corps dans l'aire anglophone, 2008), pasteur de la Société des missions évangéliques de Paris, François Coillard (1834-1904) est un des r ares Français à s'aventurer, sur les traces de Livingstone, dans l'Afrique australe, "chasse gardée des Anglais et des Portugais" à la fin du XIXème siècle, dit Numa Broc. Il est envoyé au Lesotho où il fonde la mission de Leribé, et rayonne inlassablement vers le Natal, l'Orange, le Transvaal. "En 1877-1878, accompagné de sa femme et d'un groupe de confrères, il entreprend un grand voyage vers le nord, dans le but de convertir les Banyaï, peuple particulièrement hostile aux Blancs, découvert par Livingston e au sud du Zambèze. Les voyageurs traversent ainsi tout le Transvaal, franchissent le Limpopo, visitent le pays des Matabele et sont retenus prisonniers pendant plusieurs mois par les Banyaï. Parvenus enfin sur le Zambèze près des chutes Victoria, les Coi llard y rencontrent l'explorateur portugais Serpa Pinto. Le retour particulièrement pénible à travers le Kalahari, permet à Coillard de découvrir le Koubango (ou Botletlé) qui se jette dans la lagune Makarikari." En 1880-82, l'Europe le voit de retour pou r une tournée de conférences sur le Zambèze, puis il repart. L'ouvrage est son journal d'une vingtaine d'années (1877-1895). En octobre 1891, sa femme meurt à Séfoula où elle est enterrée (l'ouvrage lui est dédié). "En 1891, il a la joie de convertir le r oi du Lessouto [Lesotho], mais il succombe bientôt après quarante-sept ans de luttes, de fatigues et de voyages incessants. Autant que les ouvrages de Livingstone, les livres et les articles de Coillard ont contribué à faire mieux connaître l'Afrique sud-o rientale au public français" (Broc). Sur la même région géographique, paraît la même année le livre de l'explorateur suisse Alfred Bertrand, Au pays des Ba-Rotsi, Haut-Zambèze : voyage d'exploration en Afrique et retour par les chutes Victoria, le Matabé léland, le Transvaal, Le Cap (Hachette, 1898). En 1899, Bertrand publie un second livre, En Afrique avec le missionnaire Coillard : à travers l'Etat libre d'Orange, le pays des Ba-Souto, Boulouwayo (Genève, Ch. Eggimann). Il y relate sa rencontre avec Coillard, qui en fait autant ici (p. 559). Le voyageur genevois avait réuni une collection de 1568 photographies achetées ou réalisées entre 1874 et 1883 que Lionel Gauthier a examinée afin d'étudier l'image des femmes orientales dans la production des pho tographes commerciaux de ces années (article paru dans Cybergéo, 2011) : "à partir de sa rencontre avec le missionnaire François Coillard en 1895, Bertrand va consacrer sa vie à la promotion des missions protestantes. Il va ainsi donner des centaines de conférences dans toute l'Europe afin de convaincre de "la nécessité d'évangéliser le monde sans tarder". Lors de ces conférences, il utilise de nombreuses photographies (généralement des clichés pris par lui-même) pour illustrer les "horreurs du paganisme" et "l'influence bienfaisante du christianisme". (En effet, ses conférences portaient principalement sur l'Afrique australe, région où il prit ses propres clichés, puisque c'est dans la région du Haut-Zambèze qu'il fit la connaissance de François Coillard et qu'il se prit de passion pour le travail des missionnaires)". De l'emploi inattendu de la photographie pour l'évangélisation ! Les travaux de Coillard sont tenus en haute estime. Paul Bory le mentionne dans Les Explorateurs de l'Afrique (Mame, 1890, pp. 264, 277-78, cf. PH 1/02) à propos de l'aide qu'il apporta à l'explorateur portugais Serpa Pinto. Élisée Reclus reproduit ses photographies dans le tome 13 de sa Nouvelle géographie universelle. Édouard Favre a publié une biographie François Coilla rd en trois volumes (Société des missions évangéliques, 1908-1913 : I, Enfance et jeunesse, 1834-1861 ; II, Missionnaire au Lessouto, 1861-1882 ; III, Missionnaire au Zambèze, 1882-1904). Les missionnaires protestants ont fait l'objet de nombreuses publications. Plus récemment, l'oeuvre de Coillard a été étudiée par Jean-François Zorn dans Le Grand siècle d'une mission protestante, la Mission de Paris de 1822 à 1914 (Karthala, 1993). Le même auteur l'évoque dans la revue Histoire et missions chré tiennes ("Entre mémoire et histoire, l'historiographie missionnaire protestante francophone relue d'un point de vue francophone", n° 1, 2007, Bilan et perspectives en histoire missionnaire). Exemplaire très frais.
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