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CREMNITZ (Mme Blanche). Journal d'une petite Alsacienne.

CREMNITZ (Mme Blanche). Journal d'une petite Alsacienne.

SKU : 9501269
350,00 €Prix
Paris, Boivin & Cie, éditeurs, Ancienne librairie Furne, 1917, gr. in-8 (28 x 19,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, polychrome, deux personnages en costume traditionnel, une jeune Alsacienne (portant sur le bras une poupée soldat en uniforme français), tenant par la main un petit Alsacien saluant une cigogne posée sur une borne. Second plat muet, titre doré au dos, tr. dorées (Schmitt, graveur, Engel, relieur), (4)-315-(1) pp. ¦Édition originale illustrée de 54 compositions par Frédéric Régamey, dont 14 à pleine page.Dédié : « A mon fils Maurice Cremnitz, engagé volontaire en 1914. B. C. »Cette dédicace permet d'identifier avec certitude le prénom de Mme Cremnitz (alias Parrhisia), non mentionné sur la page de titre : Blanche (cf. notice pour La Petite impératrice, Juven, 1911, PH 31/586 où l'on s'interrogeait sur ce prénom en raison de l'existence d'une autre Mme Cremnitz prénommée Marguerite).Les sources concernant Maurice Cremnitz (1875-1935) sont plus nombreuses que celles sur sa mère. Il fut poète et critique d'art sous le nom de Maurice Chevrier. En 1897, Gide a rendez-vous avec lui en compagnie de Louis Rouart (André Gide, Eugène Rouart, Correspondance, David H. Walker (éd.), volume 1 p. 381, 2006). Dans Deux sœurs, Yvonne et Christine Rouart, les muses de l'Impressionnisme (2012), Dominique Bona le signale comme un inséparable de Léon-Paul Fargue. Le biographe de ce dernier écrit : « C'est ainsi que Fargue entre dans ce groupe de jeunes enthousiastes d'art encore lycéens, qui entourent [Francis] Jourdain : Maurice Cremnitz, Louis Rouart groupe auquel se joindront plus tard Charles-Louis Philippe et ses amis : Charles Chanvin, futur avocat poète ; Jules Iehl, le magistrat romancier qui signera Michel Yell, décédé en 1951 ; Marguerite Audoux. Ils resteront longtemps unis par une de ces profondes amitiés, comme on en forme à seize ans. » (Louise Rypko Schub, Léon-Paul Fargue, 1973), De son côté, Guillaume Apollinaire écrit : « Dans la sombre maison du carrefour Buci habite encore M. Maurice Cremnitz, qui piqua fort la curiosité en publiant sous les initiales M. C, dans Vers et Prose, un poème excellent intitulé Anniversaire et qui fut composé à la mémoire de Jean Moréas » (Le Flâneur des deux rives, suivi de Contemporains pittoresques, 1975), et André Salmon, Souvenirs sans fin, 1903-1940 (1955, rééd. 2004) lui consacre tout son chapitre XV, « Avec Ronsard au carrefour Buci ».Le Journal d'une petite Alsacienne sapparente au livre dOlympe Gevin-Cassal, Légendes dAlsace, illustré par Albert Robida (Boivin, 1917, PH 17/332), par son sujet et son cartonnage au plat historié gravé par Schmitt et relié par Engel. Parus au même moment, chez le même éditeur, les deux livres se ressemblent.Dans son livre Cartonnages entre art & industrie 1860-1920 (2017), Christine Esch écrit : « Ce roman engagé raconte la vie quotidienne en Alsace au début de la Première Guerre mondiale, au travers du journal dune jeune Alsacienne, France Metzger, surnommée Francette par sa famille ou Frida à lécole encore allemande. Lhistoire se situe à Thann et ses environs, redevenus français dès le 7 août 1914. » (p. 114-115).Le livre dOlympe Gevin-Cassal est décrit par Christine Esch, aux pages précédentes (p. 112-113).Se déroulant du 19 avril 1914 au 1er juin 1915, ce récit très vivant nous décrit létat desprit, les réactions et le comportement des divers protagonistes : habitants, autorités allemandes, troupes françaises. Les dessins de Frédéric Régamey (1849-1925) ponctuent le récit et lui donnent un caractère documentaire indéniable.« Marié à lAlsacienne Jeanne Heilmann, dit Christine Esch, également écrivain, Frédéric Régamey milite dans ses écrits pour une Alsace française. »Jeanne et Frédéric Régamey ont écrit ensemble de nombreux livres évoquant lAlsace (Au pays des cigognes, Librairie mondiale, 1907, plat historié décrit par Christine Esch, p. 108-109), dont le dernier avant la guerre est : L'Alsace après 1870. L'Alsace au lendemain de la conquête (1911). A partir de 1915, ils publient plusieurs livres sur la guerre contre lAllemagne ou évoquant toujours la région : L'Allemagne à cheval (Librairie mondiale, 1915), L'Alsace qui rit (A. Michel 1915), La Guerre à l'allemande (Berger-Levrault, 1915), Les Honnestes dames allemandes (A. Michel, 1915), Les Histoires de la Mère Grétel (Delagrave, 1916), L'Allemagne qu'on nous cache ("Éditions et librairie", 1919), La Caricature allemande pendant la guerre (préface et notes par Frédéric Régamey, Berger-Levrault, 1921).Le plat historié ne représente pas une scène particulière du récit, mais constitue une allégorie du retour de lAlsace à la France, comme le souligne Mme Esch, thématique ordinaire des alsatiques français de la période, notamment dans les livres dHansi parus avant le conflit.En 1918, lAlsace est définitivement retournée à la France et Paul Kauffmann peut publier Nos petits Alsaciens chez eux (PH 20/383).Très bel exemplaire.
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