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DANRIT (Capitaine) . L'Aviateur du Pacifique .

DANRIT (Capitaine) . L'Aviateur du Pacifique .

SKU : 9500411
350,00 €Prix
Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 10-1909, gr. in-8 (27,5 x 20 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, le major Heuzey hisse la bannière étoilée, sur la tourelle du fort de l'île de Midway, face à l'escadre japonaise, en saluant un aéroplane français qui la survole (chap. VI, "Le pavillon étoilé", scène pp. 139-141, ill. p. 137). Au second plat, monogramme EF de l'éditeur, au dos, bannière étoilée dorée, tr. dorées (Engel, relieur), (8)-512 pp. ¦Édition originale illustrée de 47 compositi ons par Georges DUTRIAC, dont 17 hors-texte, et d'une carte des Iles Hawaï ou Sandwich, au milieu du Pacifique (pp. 248-249), montrant le trajet de l'aéroplane, de San Francisco à Hawaï puis à Midway, avec deux vues détaillées des huit îles du groupe d'Haw aï et de la région d'Honolulu sur l'île d'Oahu. A l'automne 1909, l'aviation est en pleine actualité, et fait la une tous les jours ou presque : traversée de la Manche par Blériot, meetings d'aéronautique, exploits de ces pilotes intrépides, accidents, et c. Les progrès techniques sont enregistrés en continu par la presse. Dans Le Figaro, le critique Philippe-Emmanuel Glaser a noté les qualités et l'originalité de l'ouvrage qui reflète ce courant technologique, en anticipant ses résultats : "Le capitaine Danrit, romancier militaire dont la généreuse imagination nous a valu déjà cette célèbre Guerre de demain, cette Invasion jaune, cette Guerre fatale, et tant d'autres belles histoires dramatiques dont le succès fut considérable, entreprend, aujourd' hui, le grand roman de l'aviation. Fidèle à sa méthode, le capitaine Danrit a écrit ce roman sur une donnée rigoureusement établie au point de vue scientifique et géographique, poussant le scrupule jusqu'à dresser une carte sur laquelle nous pouvons suivre les exploits de son héros. Sur une base si solide, il peut bâtir les fictions les plus extraordinaires, les péripéties les plus imprévues, assuré qu'elles nous paraîtront toujours vraies, sinon vraisemblables. Et, de fait, elle est bien extraordinaire cet te épique envolée de l'ingénieur français Maurice Rimbaud à travers le Pacifique, sur un biplan de fortune improvisé par l'ingénieur avec un moteur échappé à un naufrage, quelques planches et quelques mètres de toile. Sur ce frêle esquif aérien, à travers les périls sans nombre que sèment autour de lui l'hostilité des éléments et celle des hommes, il réussit à accomplir la fantastique mission qu'il s'est donnée : il apporte aux États-Unis en guerre avec le Japon une chance de salut et il retrouve, par surcr oît, sortie saine et sauve des plus effroyables dangers, une jeune fiancée qu'il aime tendrement. Cette dramatique histoire est impressionnante au possible ; son auteur, sans rien perdre de son originalité, a été à la bonne école de notre grand Jules Verne , et puis, il garde, comme toujours, un louable souci d'édification patriotique, dans ce livre qu'il dédie "aux officiers français qui ont jalonné de leurs corps le rude chemin de la conquête de l'espace." (Le Mouvement littéraire (Petite chronique des le ttres), 1910). Un spécialiste, l'ingénieur Marcel Hegelbacher, décrivait dans le Larousse mensuel illustré (1911) l'avenir des avions militaires : "Leur premier rôle, en guerre, sera de servir aux reconnaissances : ils permettront de dévoiler très rapi dement les formations de l'adversaire et de les fixer sur une carte ; pendant la bataille, l'aéroplane découvrira l'emplacement des réserves. (...) Comme instrument d'attaque, l'aéroplane pourra transporter quelques kilogrammes de puissants explosifs, qui pourraient être précipités sur des groupes importants." Dans le cas, notait cet ingénieur, où les deux armées en présence posséderaient des aéroplanes, "de terribles luttes s'engageraient dans l'atmosphère". Toutefois, l'avance prise par la France dans le domaine de l'aviation devrait lui assurer la suprématie dans les airs" (cité par François Broche, Jaurès, Paris, 31 juillet 1914, 1978, p. 44). On sait ce qu'il advint ensuite, et comment l'aviation militaire fut utilisée, d'ailleurs tardivement, durant la Grande Guerre. Le livre du capitaine Danrit rejoignit ensuite le rayon des aimables fantaisies romanesques autour des précurseurs de l'aviation, jusqu'à la Seconde guerre mondiale, où il fut relu dans une autre perspective. En 1960, un article de Steph en Spriel ("L'astronautique est un rêve vécu", La Nef n°2), le fait figurer en bonne place dans le tableau des inventeurs littéraires pour avoir imaginé un avion à essor par fusées sur des calculs d'Esnault-Pelterie lui-même. C'est ensuite Jacques Bergie r, sous les traits de Blumroch l'admirable dans le roman de Louis Pauwels du même titre (1972) disant que, dans ce livre, "on assiste à l'attaque japonaise sur Pearl Harbor et Midway" (rappelons que Pearl Harbor est le port militaire d'Honolulu, représen té sur le plan de détail p. 249). Dans L'Invention du temps, Journal littéraire, 1982-1983 (L'Or des dioscures, 2009), Claude Michel Cluny demande : "Qui donc se rappelle avoir lu L'Aviateur du Pacifique du Capitaine Danrit ? L'auteur, spécialiste de l'histoire fiction, obsédé par "le péril jaune", faisait de l'atoll de Midway une sorte de Gibraltar américain (un peu loin des probabilités pour ce qui est de cet atoll, pourtant ce n'était pas mal vu !). Surtout, Danrit décrivait avec une sorte de presci ence l'attaque surprise de la marine nippone sur Pearl Harbor pour anéantir l'US Navy. Un scénario que les exercices d'état-major américains décrivaient comme possible, et dont les conséquences pourraient être catastrophiques. Elles l'ont été, relativement ." Bernard Cazes confirme : "il a correctement prévu dans L'Aviateur du Pacifique, une guerre future entre les États-Unis et le Japon, dont il situe le point de départ dans le Pacifique central, non loin de Pearl Harbor, par conséquent" (Histoire des f uturs, 2008). Danrit est considéré, au même titre que Robida, comme un des Précurseurs et prophètes de l'aviation militaire (colloque SHAT, 1992) par Marcellin Hodeir, autant que par Pierre Berger qui, dans L'Information libère l'humain : la relativit é digitale (2000), ajoute : "y compris en matière de technologie de l'information" ; "Il faut aussi citer les dessins de Robida, les intuitions sidérantes de Danrit (qui imagine déjà Pearl Harbour et parle de guerre électronique entre le Japon et les État s-Unis)." L'ouvrage fait partie d'une série de six volumes de Danrit chez Flammarion, après Robinsons sous-marins (1907) et Robinsons de l'air (1908), et avant L'Alerte (1910), Au-dessus du continent noir (1911) et Robinsons souterrains (1912). Bel exemplaire.
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