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DANRIT (Capitaine) . L'Invasion jaune .

DANRIT (Capitaine) . L'Invasion jaune .

SKU : 9500576
750,00 €Prix
Paris, Ernest Flammarion, [1906], gr. in-8 (28 x 19,5 cm), bradel demi-percaline vert foncé à coins, plats de percaline jaune, plats biseautés. Premier plat orné d'un petit dragon vert et rouge sur une corolle de marguerite stylisée dorée. Second plat muet, dos orné du médaillon doré en forme de marguerite avec le titre en lettres dorées, tr. dorées, (4)-858-(2) pp.¦Portrait-frontispice de l'auteur en tenue militaire et 107 compositions à pleine page de G. Dutriac ; deux cartes à double page dont une en coul eurs et une carte à pleine page. Édition en un volume des 108 livraisons originales, dans un cartonnage différent de l'édition en deux volumes au cartonnage polychrome (cf. PH 3). Écrit pendant la guerre russo-japonaise de 1905, ce roman est situé quelques années après. Il a été lancé par une fracassante affiche de G. Dutriac représentant une des scènes finales du roman, le défilé des troupes sino-japonaises triomphantes sur les Champs-Élysées, devant le Grand Palais en ruines (reproduite dans Collectionneur d'affiches, Rennes, 1996, dans Dictionnaire de la France coloniale, Flammarion, 2007, p. 769 et dans Babar, Harry Potter et Cie, BNF, 2008, p. 444). Ce roman a frappé ses lecteurs. Roger Caillois se souvient : "L'Invasion jaune racontait comment l'armée japonaise, après avoir asservi la Chine et en avoir gonflé ses effectifs, envahissait l'Europe. Pour traverser un large fleuve, le commandant en chef ordonnait à des régiments entiers d'entrer dans le courant et de s'y noyer jusqu'au moment où la cavalerie pourrait le franchir sur un pont de cadavres. Au dernier chapitre, il défilait à la tête de ses troupes sous l'Arc de triomphe et s'écriait : "La Grande Armée, maintenant, c'est l'armée jaune." A ce moment, un obus de 75 tiré par un saint-cyrien héroïque le tuait net sous la voûte glorieuse. Pareils souvenirs sont durables" (Le Fleuve Alphée, 1978, p. 56). Le capitaine Danrit (Émile Driant, 1855-1916), appelé "le Jules Verne militaire" par son biographe Daniel David, à la suite de Chincholle en 1890, s'était spécialisé dans le récit de "guerre future" à outrance, et y a remporté d'énormes succès entre 1890 et 1914, préparant de manière prémonitoire ses lecteurs aux conflits dévastateurs du XXe siècle. Lucien Rebatet en donne un intéressant portrait dans son roman Les Épis mûrs (1954) : "Au collège Favereau, un des professeurs, un vieux ballot médaillé de Soixante-Dix, prêtait aux élèves une infinité de bouquins d'un certain capitaine Danrit, dont Pierre se rappelait les couvertures coloriées et les titres, toutes les combinaisons possibles de bagarres effroyables, La Guerre de forteresse, La Guerre en rase campagne, La Guerre en ballon, La Guerre fatale (contre l'Angleterre), La Guerre en sous-marin, L'Invasion noire, L'Invasion jaune (...) avec, à la dernière i mage, un Mikado ou un maréchal chinois qui descendait à cheval les Champs-Élysées parmi les cavaliers tartares". Ce faisant, le capitaine Danrit popularisait le thème du "péril jaune", et prenait la suite d'auteurs comme Jules Lermina (La Bataille de Str asbourg : histoire de l'invasion chinoise en Europe au XXe siècle, 1891-92) ou Louis Gastine (L'Asie en feu : roman de l'invasion jaune, 1904), qui allaient tous être surpassés par La Guerre infernale (1908) de Pierre Giffard et Albert Robida. L'expression "péril jaune" date de 1895 et fut forgée par le Kaiser Guillaume II, pour avertir le tsar Nicolas II de veiller sur l'Asie afin de prévenir ce danger militaire (voir "Jules Lermina et le péril jaune", revue Le Rocambole n° 43-44, 2008, pp. 159-16 2). Si ce thème, renouvelé des invasions barbares comme celles d'Attila, de Gengis Khan, ou de Tamerlan, s'avérait complètement fantasmatique dans la réalité, il fut largement exploité dans la fiction par des auteurs imaginatifs à la recherche de sensationnel ! Ce roman a été réédité plusieurs fois par Flammarion, en trois volumes in-12 illustrés, notamment en 1909 et 1926, et jusqu'en 1979 dans une collection pour la jeunesse, la Bibliothèque du Chat perché ! (Le Rocambole n° 32, pp. 129-130). Daniel David, Le Colonel Driant, 225, 264 (2006). Les Guerres du capitaine Danrit, numéro spécial, Le Rocambole n°74, 2016.Ouvrage rare et recherché, en très bon état.
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