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DANRIT (Capitaine) . Robinsons de l'air .

DANRIT (Capitaine) . Robinsons de l'air .

SKU : 9500549
350,00 €Prix
Paris, Ernest Flammarion, éditeur, [imp. nov. 1908], gr. in-8 (28 x 19 cm), percaline rouge, plats biseautés. Au premier plat, polychrome signé G. Dutriac, ours polaire (d'après l'ill. p. 289) sur la banquise observant un dirigeable (d'après le frontispice). Au second plat, initiales EF à froid du nom de l'éditeur, au dos, dirigeable doré, tr. dorées (Engel, relieur), (6)-503-(1) pp., carte du Pôle Nord pp. 152-153. ¦Édition originale et premier tirage des 48 illustrations de Georges Dutriac, dont un frontispice et 14 à pleine page.Décrivant une expédition au-dessus du Spitzberg et vers le Pôle, en dirigeable, le roman du capitaine Danrit est inspiré d'événements réels, la disparition de l'aéronaute Andrée en 1897 dans un voyage en ballon vers le Pôle Nord, et la catastrophe du dirigeable La Patrie à Paris en 1907 (qui donne son nom au dirigeable imaginé par Danrit, La Patrie n° 2). Les héros du roman se lancent sur les traces de l'expédition Andrée, dont ils retrouvent les vestiges au cours d'aventures qui les mènent jusqu'en Alaska. Le roman est paru en feuilleton dans Le Journal des voyages, du n° 620 au n° 648 (18 octobre 1908 au 2 mai 1909), avec les illustrations de Dutriac, et il est étudié en détail dans l'article de Thierry Chevrier, « Le Pôle par trois chemins » (Le Rocambole n° 15, pp. 60-75). Précisons que la présente édition originale reprend bien le texte intégral du Journal des voyages, contrairement aux rééditions ultérieures dans d'autres formats. Ce roman démontre que l'œuvre romanesque du capitaine Danrit, pseudonyme du colonel Driant (1855-1916), ne se réduit pas à des romans où il se fait le chantre des guerres futures. La carrière de Georges Dutriac (1866-1958) a été détaillée par Jean-Luc Buard dans un article du numéro spécial Les Guerres du capitaine Danrit de la revue Le Rocambole (n° 74, 2016) : « Dans l'atelier de Georges Dutriac, illustrateur populaire de l'action et de l'aventure ». L'auteur s'est livré à une petite statistique (révisée dans le numéro suivant, n°75-76, p. 342) de laquelle il ressort que Dutriac a composé plus de 630 dessins pour illustrer les œuvres du capitaine Danrit, de 1904 à 1912, dont 289 pour les six volumes de la collection Danrit chez Flammarion et 335 pour trois autres romans, Ordre du Tsar (1904), L'Invasion jaune (1905-1906, PH 01/03 et PH 32/604) et La Révolution de demain (1909-10). C'est dire que l'osmose était parfaite entre le romancier et son illustrateur.La collection Danrit chez Flammarion se compose de six volumes : Robinsons sous-marins (1907, PH 28-528), Robinsons de lair (1908), LAviateur du Pacifique (1909, PH 27-508), L'Alerte (1910, PH 25-478), Au-dessus du continent noir (1911, PH 33-627) et Robinsons souterrains (1912, PH 26-492). Chaque année à la rentrée, de 1907 à 1912, un nouveau roman paraît en épisodes dans Le Journal des voyages, et en volume pour les fêtes de fin dannée, sans attendre la fin du feuilleton, montrant lexistence dun double public, le lectorat populaire de lhebdomadaire et le public un peu plus fortuné des livres détrennes.Il est manifeste que Flammarion souhaitait créer une série concurrente (quoique dune ampleur plus limitée) de celle de Paul dIvoi ou de Jules Verne, après avoir édité, de 1899 à 1905 (et un dernier volume en 1910), les œuvres de Paul de Sémant, ami et illustrateur du capitaine Danrit. De fait, le dernier volume de Paul de Sémant paru en 1910, Le Fulgur (PH 33/635), offre de curieuses ressemblances de présentation avec Robinsons sous-marins de Danrit.Avec ce titre et deux autres de la collection Flammarion, Danrit enrichit la thématique des robinsons en imaginant ses héros naufragés (ou plus précisément prisonniers) sous la mer, dans les airs et sous la terre.Les naufragés aériens cependant ne forment pas un thème neuf en 1908. Le principe du ballon est précisément dêtre à la merci des éléments : à la suite de Jules Verne (Cinq semaines en ballon, LIle mystérieuse, et autres romans où interviennent des ballons), les auteurs reprendront cette situation comme Jean Bruno (Aventures de Paul enlevé par un ballon, 1869, PH 23/434), Sarah Bernhardt (Dans les nuages, 1878, PH 20/377), Fortuné Méaulle, qui intitule déjà son roman Le Robinson des airs (1889, PH 16/313). En tant que « plus léger que lair, le dirigeable nest pas, lui non plus, à labri dun naufrage aérien, comme le démontre Danrit dans son roman, surtout si la région à explorer est aussi inhospitalière que les pôles.Anticipant le destin de lexpédition Andrée, lécrivain polonais W. Uminski avait déjà montré la voie avec Au pôle sud en ballon (trad. française 1897), où il décrit le naufrage de ses héros. Dix ans plus tard, Danrit compose lui aussi un roman dactualité, mêlant exploration polaire (en cours) et transport aérien. Mais, lannée suivante, lactualité nest plus dominée par le plus léger que lair : écrit sous le coup de lexploit de Blériot traversant la Manche, LAviateur du Pacifique (1909) donne la première place au plus lourd que lair, lavion, qui désormais dominera la scène.Versins. Daniel David, Le colonel Driant, p. 115 (reproduction du plat et du dos), et passim, notamment chap. V et pp. 264-65. Le Rocambole n° 32, pp. 129-30 et passim. Bel exemplaire.
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