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DANRIT (Capitaine). Robinsons souterrains .

DANRIT (Capitaine). Robinsons souterrains .

SKU : 9500570
500,00 €Prix
Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1912, gr. in-8 (28 x 19 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, signé Dutriac, trois hommes sont soufflés par une explosion dans une mine (chap. III), second plat estampé à froid des initiales EF de l'éditeur dos orné d'un motif (une lampe de mineur) et du titre dorés, tr. dorées, (4)-516 pp. ¦Édition originale de cette "robinsonnade" minière située en Lorraine sous le joug allemand, par l'auteur, alors député de Nancy, illustré de compositions de Georges DU TRIAC, dont 16 hors-texte, avec deux plans (forteresse, travaux de mine) et trois schémas techniques. Ce récit, paru en feuilleton dans le Journal des voyages, du n° 829 au n°865 (20 octobre 1912 au 29 juin 1913), avec les illustrations de Dutriac, est le dernier des six "volumes d'étrennes" polychromes des oeuvres du capitaine Danrit publiés par Flammarion dans une présentation uniforme, formant une sorte de trilogie, par le titre, avec les Robinsons sous-marins (1908) et les Robinsons de l'air (190 9), tout en revenant, une dernière fois, à son thème de prédilection, la guerre future. "Les ouvrages théoriques, traitant de fortification ou de cryptologie, n'ont jamais tenté, jusqu'à nos jours, d'établir une relation entre l'une et l'autre", dit Jean- Jacques Langendorf ("Le chiffre démantelé ; la forteresse décryptée", dans Sophie de Lastours, dir., Le Chiffre, le renseignement et la guerre, 2002). Il faut aller la chercher là où on ne s'attendrait guère à la trouver - et où elle apparaît d'ailleurs fortuitement : dans une oeuvre de fiction destinée à l'édification patriotique de la jeunesse française, publiée à Paris en 1912 sous le titre de Robinsons souterrains [Driant republiera l'ouvrage en 1915 sous un titre nouveau, La Guerre souterraine, s upprimant les passages dans lesquels il présentait les instituteurs socialisants comme des traîtres vendus à l'Allemagne]. L'auteur en est Émile Auguste Cyprien Driant (1855-1916), plus connu sous son nom de plume de capitaine Danrit, qui fut certainement un des auteurs les plus lus et les plus fêtés de la "Belle Époque" et qui est aujourd'hui bien oublié. Cet officier de carrière, capitaine instructeur à Saint-Cyr, beau-fils du général Boulanger, député ultra-nationaliste de Nancy, et qui allait être tué p rès de Verdun durant la Première Guerre mondiale, fut un écrivain d'une confondante fécondité, son oeuvre imprimée totalisant une bonne dizaine de milliers de pages ! Pratiquant ce que l'on pourrait nommer l'utopie guerrière romancée, il a pour thème centr al et obsessionnel les menaces militaires auxquelles sont exposées la France et l'Europe. (...)" "Les Robinsons souterrains ont pour cadre une guerre fictive franco-allemande qui se déroule en 191... Les Français, qui ont repoussé l'agression germanique , sont partis à la reconquête de la Lorraine et ont mis le siège devant Metz. Un groupe de sapeurs, ayant à sa tête un héroïque sergent, est bloqué dans un boyau, devant le fort de Manstein, à vingt mètres sous terre, à la suite de l'explosion d'une contre -mine allemande. Ayant déterré un fil de cuivre qui communique avec un poste émetteur allemand, le sergent parvient à effectuer un branchement (oublions les invraisemblances !) et à capter un message chiffré qu'il arrive à décrypter sans grande peine grâce à un heureux concours de circonstances" : il s'était emparé, sur un officier bavarois qu'il avait tué, d'un système de chiffrement que L. Zehnder avait prôné en 1912 dans la revue Der Prometheus ("Geheimaltung drahtolser Telegramme" / Cryptage par TSF, vol. XXIII, 18 mai 1912 ; voir note de Danrit p. 220 de son roman). "On voit que Driant était bien renseigné sur la question, comme il connaissait à fond les problèmes de fortification", ajoute Langendorf. "Il apprend ainsi que les Allemands sont informés de l'heure de la grande offensive française et qu'ils sont prêts à y faire face. Il s'agit donc pour le sergent d'arriver à s'échapper du boyau pour prévenir d'urgence ses compatriotes. Il y parviendra après maintes péripéties et après avoir erré dans un labyrinthe de galeries souterraines." "Nous trouvons ainsi réunis, au centre de ce roman, les deux éléments identiques de la cryptographie et de la fortification. Le sergent-sapeur est en même temps déchiffreur et poliorcète, c'est par la forteresse qu'il accède au message chiffré et c'est ce dernier qui lui permet de prévenir ses camarades prêts à l'attaque de la menace qui pèse sur eux. En creusant sous terre, il découvre le message, et en creusant le message, il parvient à la vérité, c'est-à-dire à la p rise de la forteresse elle-même. Nous avons là une parfaite allégorie qui peut servir d'illustration à la nature de notre propos". Versins. Daniel David, Le Colonel Driant, p. 101 (reproduit le premier plat) et passim, notamment pp. 264-65. Bel exempl aire dans son cartonnage d'éditeur.
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