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DE WET (Général Christian). Trois ans de guerre .

DE WET (Général Christian). Trois ans de guerre .

SKU : 9500678
450,00 €Prix
Paris, Félix Juven, [1902], in-8 (24,5 x 19 cm), percaline bleu nuit. Premier plat orné d'une composition en noir, blanc et doré représentant un burgher (soldat boer) à cheval examinant son fusil (dessin signé SP), dans un encadrement doré de style Art Nouveau. Second plat orné d'un fer décoratif noir, dos orné du titre blanc et d'un petit fer doré, tête dorée, (4)-556 pp. ¦Édition originale française illustrée de 36 photographies hors-texte, dont un frontispice, et d'une carte. La guerre des Boers opposa de 1899 à 1902 les colons néerlandais de l'Afrique australe aux Anglais désireux d'établir une liaison terrestre entre le Cap et le Caire. Ce conflit, bien que ne concernant pas les Français, eut un énorme retentissement en France, peut-être parce que lord Kitchener, qui mit fin à la guerre des Boers, avait, en septembre 1898, humilié la France en la personne de Marchand lors de l'affaire de Fachoda (cf. PH 14/280, Marchand l'Africain). Les difficultés rencontrés par la puissante Angleterre victorienne au Transvaal frap pèrent les contemporains et André Maurois pouvait écrire, dans son Histoire d'Angleterre : "Moins de trois ans après la glorieuse procession du Jubilé [de Victoria en 1897], à la pointe du continent africain, deux petites républiques de paysans, le Trans vaal et l'Orange, tenaient en échec le plus puissant Empire du monde. A la grande surprise des Anglais et de l'Europe, ce conflit inégal dura plus d'un an. Il révéla la faiblesse de l'armée britannique, la mauvaise organisation du War Office, et aussi les inimitiés que l'Angleterre, par sa politique d'égoïsme impérial, avait éveillées dans le monde entier". Christiaan Rudolf De Wet (1854-1922) était l'un des principaux commandants des armées Boer pendant la guerre du Transvaal (octobre 1899-31 mai 1902). " Cavalier et général de cavalerie accompli", dit le Larousse mensuel (1922), "sachant user avec une incomparable maîtrise de ses faibles, mais prodigieusement mobiles armées, faire tourner à son avantage l'immensité du champ de bataille (...), il tint en échec, plus de trois ans, la force britannique", commandée par lord Kitchener, organisant une guérilla de tous les instants. Surnommé "l'Insaisissable", "on le voit, par d'étranges ruses de guerre (camps-fantômes gardés par des sentinelles en bois, branche ment des lignes télégraphiques anglaises sur les siennes propres), égarer ses adversaires et s'amuser à les surprendre". "Au cours de la lutte, il était apparu au monde étonné comme l'exemple de ce que peut faire l'énergie d'un homme confiant en la justice de sa cause ; il avait forcé l'admiration de ses ennemis même". "L'un des chefs boers dont les exploits légendaires avaient le plus frappé l'opinion, De Wet jouissait d'une réputation quasi mondiale. Peu avant sa mort, les nationalistes irlandais lui adre ssaient une députation" (idem). Au même moment paraissaient en France les Mémoires du président Paul Kruger (1825-1904, président de la république du Transvaal), traduits par Jules Hoche, pour le même éditeur Juven (1902). L'actualité boer battait son p lein, les sympathies de la France allaient aux Boers, et le président déchu était accueilli triomphalement à Paris, au cours de sa tournée européenne en faveur de la cause boer. L'Angleterre n'était pas encore l'alliée de la France (l'Entente cordiale dat e de 1904) et tous les prétextes étaient bons pour critiquer son impérialisme. De nombreux romans et publications portèrent cette actualité, notamment des ouvrages de Conan Doyle (La Guerre dans l'Afrique australe, 1902) et de Rider Haggard (L'Enfant d es Boers, un roman, 1900), côté anglais, mais aussi, côté français et en plat historié, Les Libres Burghers de G. Saint-Yves (Mame, 1901) par exemple. Même en éditions ordinaires, les livres en français sur le sujet sont rares : O. d'Etchegoyen, Dix mo is de campagne chez les Boërs [sic] (Calmann-Lévy, 1901 - l'auteur était ancien lieutenant du colonel de Villebois-Mareuil) et G. de Villebois-Mareuil, Carnets de campagne (1902), sont des témoignages de volontaires français engagés aux côtés des Boers. Le volontaire D. Reitz (fils du président de l'État libre d'Orange) a publié le sien : La Guerre des Boers (Payot, 1930). Sur l'état de l'opinion française à l'époque, citons J. G. Pelletier, L'Opinion française et la guerre des Boers (1973, thèse no n publiée) et, en 1990, La France et l'Afrique du Sud de D. Bach (Karthala). Tout au long du XXème siècle, l'épopée boer fut porteuse des symboles de liberté, d'esprit d'aventure, et aussi de l'Afrique blanche (Bernard Lugan, La Guerre des Boers, 1998 ). L'épopée de l'Afrique du Sud a été retracée par James A. Michener dans son roman L'Alliance, une saga passionnante en 885 pages (1982). La synthèse historique la plus récente est Histoire de l'Afrique du Sud de F.-X. Fauvelle-Aymar (Seuil, 2006). En 1901, on baptisa une rue de Paris du nom de "Christian-Dewet" (12ème arrondissement). Plat historié peu commun. Bel exemplaire.
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