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DEBANS (Camille) . Moumousse .

DEBANS (Camille) . Moumousse .

SKU : 9501267
450,00 €Prix
Paris, Librairie d'éducation de la jeunesse, H.-E. Martin, éditeur, [1901], gr. in-8 (28,5 x 20 cm), percaline rouge. Au premier plat, polychrome (bleu, noir, or, argent), un poste militaire en bois (case et tour d'observation portant un drapeau français) sur une falaise, gardé par deux factionnaires, indigènes dominant un rivage, à l'horizon marin duquel on voit un navire échoué sur un rocher, silhouetté sur un soleil rayonnant. Second plat muet avec filets à froid, au dos polychrome, un guerrier indigène portant un bouclier et brandissant une lance sur la même falaise dominant la mer, tr. dorées, 239-(1) pp. ¦Édition illustrée de 27 gravures par Charles Clérice, dont 13 à pleine page.Première publication en feuilleton sous le titre "Moumousse, reine éphémère des Somalis" dans Le Journal des voyages, n°118-151, du 5 mars au 22 octobre 1899, puis en volume chez Mongrédien, Librairie illustrée, 1900, 304 pp.Camille Debans (1832-1919 et non 1834-1910 comme indiqué généralement), romancier, conteur et journaliste, reste connu pour ses romans daventures et de science-fiction, ses récits fantaisistes tels Les Drames à tout vapeur (1869), Histoires de tous les diables (1882), Les Malheurs de John Bull (1884), ses collaborations à La Science illustrée (Le Vainqueur de la mort), au Journal des Voyages (Graour le monstre), etc.En plat historié, nous avons présenté L'Aventurier malgré lui (Librairie d'éducation de la jeunesse, 1899, illustrations de Damblans et Dunin, PH 2/29), sur le thème classique du voyage involontaire, initié par Jules Verne ou Lucien Biart et repris par plusieurs auteurs.« Le motif du blanc proclamé roi malgré lui par les Africains prend parfois des formes humoristiques. Ainsi dans le roman de Camille Debans intitulé Moumousse, aventures dune petite fille dans le Sud-africain (Pris, Mongrédien, Librairie illustrée, 1900, 304 p.) A la suite dun double naufrage sur la côte de Somalis (qui nest pas exactement lAfrique du Sud !), Moumousse, une petite Française de six ou sept ans, est proclamée reine à la demande de ses futurs sujets après que leur sultan a été vaincu et pendu par léquipage du navire échoué et quelle a par hasard mis la main sur son trésor. Age, mérite ou moralité ny font rien : en Afrique la couleur de sa peau suffit à faire de nimporte quel Français un roi potentiel. » (Jean-Marie Seillan, Aux sources du roman colonial. L'Afrique à la fin du XIXe siècle, 2006, p. 306).Moumousse est un roman daventures africaines et maritimes mais aussi un roman daventures humoristiques.Matthieu Letourneux analyse ce courant romanesque : « Lorsquon se penche sur les productions de la période envisagée, on se rend compte quune part considérable des romans daventures donne une place centrale au rire. Cest le cas de bien des romans de Jules Verne (Citons Le Tour du monde en 80 jours, 1873, LEcole des Robinsons, 1882, Le Testament dun excentrique, 1899, etc.), cela lest a fortiori de ceux de certains de ses épigones, comme Louis Bousssenard, Paul dIvoi, Camille Debans, Ernest dHervilly (auteur, entre autres de LIle des Parapluies, aventures du gâte-sauce Talmouse, 1891 et des Chasseurs dédredons, voyages et singulières aventures de M. Barnabé, 1896 [PH 5/92 et 5/93]), etc. [On pourrait ajouter Paul de Sémant] Ce courant dun roman daventures humoristiques, particulièrement bien représenté entre 1870 et 1914, au point dêtre une des formes majeures du genre, et déclinant sensiblement par la suite, est plus important en France que dans les autres pays dEurope. Cela tient probablement à linfluence de Jules Verne comme parangon auquel se réfèrent les auteurs, mais aussi au milieu dont sont issus les écrivains, souvent journalistes de la « petite presse », et qui en conservent la désinvolture et le refus de lesprit de sérieux. (…) Si le roman daventures a volontiers pris, en France, une forme humoristique, cela na jamais été au point que le genre ait été perçu comme comique. Au contraire, les définitions ont toujours insisté sur lidée de péril, et sur la présence de situations effrayantes dans un univers dépaysant, lors même quon est frappé, à lire les œuvres, de leur absence de sérieux. Pourtant, même dans les récits à forte coloration comique de Paul dIvoi, de Louis Boussenard, les traits définitoires du genre sont conservés : dépaysement, refus du quotidien, structure événementielle marquée thématisée autour dun danger de mort couru par le protagoniste, confrontation à un ordre de la sauvagerie, etc. Ce sont des traits qui permettent didentifier tous ces romans comme des romans daventures (…). Si lon compare ces œuvres à dautres productions explicitement parodiques, on voit que les effets produits ne sont pas du tout les mêmes. » Lauteur les compare avec Tartarin de Tarascon de Daudet (1872) et Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul de Robida (1879) qui « se situent, face au genre, dans une perspective critique de déconstruction et de mise à plat des procédés. Rien de tel chez Louis Boussenard, Paul dIvoi ou Camille Debans. Rien de tel chez Ernest dHervilly. Tous se situent clairement dans le genre, dont ils acceptent les contraintes, en lui donnant une version comique (...). Le fait que les personnages puissent plaisanter des situations dramatiques dans lesquelles ils se trouvent, ou que nous soyons invités à rire des malheurs des protagonistes, est révélateur de cette conscience que les auteurs ont et que nous avons des artifices du genre, artifices nécessaires à notre plaisir de lecteur de romans daventures, puisque ce sont eux qui sont à la source de cette vraisemblance du genre fondée sur les connivences avec lauteur (…). Ils nous indiquent en particulier combien, loin dune adhésion aveugle à lintrigue stéréotypée, le lecteur oscille entre participation et distance amusée du moins est-il invité à le faire. » (« Rire dans le genre et rire du genre. Pratiques sérielles et humour dans le roman daventures », Le Rire moderne, dir. Alain Vaillant et Roselyne de Villeneuve, Presses universitaires de Paris Ouest, 2013).Comme toujours avec la Librairie d'éducation de la jeunesse (ex-Charavay, Mantoux, Martin, devenu Martin seul), le plat historié polychrome est superbe, mais louvrage est imprimé sur un papier qui a jauni. Linventaire des livres de cet éditeur a été publié dans notre bulletin Le Plat historié n°4.Bel exemplaire.
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