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DEROULEDE (Paul). Feuilles de route, 1870 .

DEROULEDE (Paul). Feuilles de route, 1870 .

SKU : 9500608
450,00 €Prix
Paris, Librairie Félix Juven, Société d'édition et de publications, 1907, gr. in-8 (28 x 19,5 cm), percaline rouge, bords biseautés. Premier plat orné de deux illustrations polychrome, l'une d'un dragon aux avant-postes (d'après l'ill. p. 130), l'autre d'un zouave (d'après l'ill. p. 91). Second plat orné d'une rosace illustrée d'un pin au centre, dos orné d'une vignette noire (un drapeau), tr. dorée, VIII-287-(1) pp. ¦Première édition illustrée de dessins par Jules ROUFFET. Premier volume des souvenirs de l'auteur : Des bois de Verrières à la forteresse de Breslau. Avant-propos daté "Saint-Sébastien, 1904-Langély, 1906". Publié le 15 janvier 1907. Dédié "A mes deux amis, au Mort et au Vivant, Alphonse de Neuville, Édouard Detaille, au peintre des Dernières Cartouches, a u peintre de Vers la Gloire." L'édition originale est de la même année, en in-16. Le second tome, qui s'intitule Nouvelles feuilles de route : de la forteresse de Breslau aux allées de Tourny (1907), n'est paru qu'en in-16. Paul Déroulède (1846-1914) est l'auteur emblématique de la revanche après la défaite de 1870. Toute sa vie et son action sont tournées vers l'idéal patriotique. "Peu de figures ont été plus populaires en France que celle de ce grand patriote dont la loyauté, l'intrépidité, le cou rage apportaient à la vie politique l'atmosphère des cimes avec plus d'héroïsme et de poésie dans la conception que de sens pratique dans la réalisation, en telle sorte que les causes qu'il soutenait ne tirèrent pas toujours un fruit suffisant de ses parol es et de ses actes. Le rôle politique de Déroulède fait tellement corps avec sa formation intellectuelle, et son oeuvre d'écrivain est tellement inséparable de son amour de la patrie, qu'en esquissant les traits de sa physionomie littéraire, il est impossi ble de ne point parler du fondateur de la "Patrie française" et de l'exilé de la Haute-Cour. Poète, auteur dramatique, romancier, sa verve, sa facilité, son érudition solide et la flamme d'un idéal chevaleresque (...) tout était subordonné chez lui au fait d'enflammer les coeurs, de réchauffer les enthousiasmes, d'élever les sentiments populaires" (Talvart et Place). Il "entama très tôt une carrière littéraire tournée vers le culte du patriotisme et l'idée de revanche après la défaite de 1870" écrit Franço is Pairault. "Il créa des sociétés de tir et fonda, en 1882, la Ligue des patriotes qui eut un moment près de 300 000 adhérents et dont la devise était : "Qui vive ? France !" Il se mit au service du général Boulanger à partir de 1887 et fut député de la C harente de 1889 à 1893 et de 1898 à 1899. Entraîné par les soubresauts de l'affaire Dreyfus, il tenta en 1899, au moment de la mort du président Félix Faure, d'inciter les troupes et la population parisienne à faire un coup d'État. Traduit devant le Sénat constitué en Haute-Cour, il fut déchu de son mandat parlementaire et condamné au bannissement. Il ne rentra d'exil à Saint-Sébastien qu'en 1905, à la suite d'une loi d'amnistie et, reprenant la tête de la Ligue des patriotes, il adopta pour devise : "Qui v ive , France! Quand même !" (La Charente, 1900-1920, mémoire d'hier, 2002). Il était "issu d'une vieille famille charentaise propriétaire du manoir de Langély (...). Collégien, il y vint en vacances ; blessé en 1871, il y passa sa convalescence et prit ensuite l'habitude d'y séjourner fréquemment. C'est là qu'il écrivit ses Chants du soldat que toute la jeunesse française récitait alors par coeur dans les écoles, jusqu'à la Grande Guerre", ajoute F. Pairault. Il est le fondateur du journal Le Drapeau (1881-1889), dont Dick de Lonlay fut le rédacteur en chef (cf. Français et Allemands, PH 8/161), et H. Galli le secrétaire de rédaction. "Déroulède incarne l'opposant majuscule de la IIIe République", dit Bertrand Joly son biographe. "Il joue un rôle décisif dans toutes les crises de la République depuis le boulangisme jusqu'à l'affaire Dreyfus, en passant par les scandales des décorations ou de Panama. Surtout, par son obsession de la revanche contre l'Allemagne, il doit être considéré comme l'"inventeur" du nationalisme à la française, au point que ses Chants du soldat nourriront l'idéologie et l'imaginaire du peuple jusqu'en 1939" (Déroulède, l'inventeur du nationalisme français, 1998). De par la personnalité de son auteur, cet ouvrage est l'un des plus emblématiques de cette période 1870-1914, où le cartonnage à plat historié se met au service de la revanche, préparant la nouvelle guerre que Déroulède appelait de tous ses voeux et dont, par une curieuse ironie du sort, il ne fut pas témoin, étan t décédé à Nice le 30 janvier 1914. Bel exemplaire.
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