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DEROULEDE (Paul). Monsieur le Hulan et les trois couleurs .

DEROULEDE (Paul). Monsieur le Hulan et les trois couleurs .

SKU : 9500929
750,00 €Prix
Paris, A. Lahure, C. Marpon et E. Flammarion, [1884], in-4 (32,5 x 25 cm), percaline grise, bords biseautés. Premier plat polychrome orné d'un uhlan tombé en arrêt à la vue des trois couleurs (ruban flottant dans le ciel, d'après le dessin illustrant la strophe VIII, où ce ruban décore un chapeau), un tabouret renversé à ses pieds, titre rouge, second plat et dos muets, tr. rouges (A. Souze, graveur, Engel, relieur), 14 ff. n. ch. ¦Édition originale illustrée de 14 compositions grises, sépia et en co uleurs de Paul KAUFFMANN. Conte de Noël, recueilli dans les Chants du soldat (1888) de Paul Déroulède (1846-1914), le célèbre nationaliste et partisan de la Revanche, qui a raconté ses souvenirs de la guerre franco-prussienne dans Feuilles de route, 1 870 (Juven, 1907, PH 18/347). Selon la Revue alsacienne, ce conte en vers a été lu en 1882 par l'acteur Coquelin lors d'une remise de prix aux enfants des expatriés de l'Association générale d'Alsace-Lorraine. Il est du reste "dédié aux tout petits". Dans son article "L'Enfant héroïque en 1914-1918" (Analele Universitatii Bucuresti: Istorie, XLII-XLIII, 1993-1994, pp. 91-102), Stéphane Audoin-Rouzeau étudie la genèse de cette figure dans la fiction issue de la guerre précédente, constatant : "c'est ap rès 1870 qu'est bien apparue une littérature mettant en scène un type d'enfant-héros-combattant proche de celui qui s'épanouit en 1914-1918". Mais, "dans un premier temps, dans la littérature de l'après-1870, l'enfant n'est qu'un témoin passif de l'héroïsm e adulte, comme c'est le cas dans l'ouvrage d'Alphonse Daudet, Les Petits Robinsons des caves ou le siège de Paris raconté par une petite fille de huit ans, paru dès 1871. Il est parfois une simple victime comme dans l'ouvrage de Jean Richepin Les Morts bizarres" ou dans cet album. Après Erckmann et Chatrian (édité par Hetzel, cf. PH 3/59, Contes et romans alsaciens), "l'Alsace restait encore présente, bien après que le maître d'école eut achevé son ultime leçon dans La Dernière Classe d'Alphonse D audet, grâce au talent que mit Tuefferd pour conserver vivantes dans ses Récits et légendes d'Alsace des traditions et une culture que les Français n'allaient plus savourer qu'avec amertume (Berger-Levrault, 1884 ; illustrations de Ganier [cf. PH 8/168]) . L'esprit qui règne alors explose dans le coup de trompette vengeur que Paul Déroulède sonne à l'adresse de Monsieur le Hulan, ce lancier prussien qui symbolisait les lugubres souvenirs de l'invasion, lui prêtant des réactions sanguinaires à la vue des yeux bleus, du teint blanc et des [lèvres] vermeilles d'une jolie petite Alsacienne (Lahure-Marpon et Flammarion, 1885)." (Embs et Mellot) Les commentateurs actuels soulignent la "violence" de ce livre pour enfants, qui rejoint celle exprimée dans Les Ci gognes de Daudet et Jundt (1883, cf. PH 8/151) ou dans Hans du seul Jundt (1883, cf. PH 9/185), qui, tout comme Déroulède, annoncent l'oeuvre de Hansi. A l'époque de sa sortie, l'album de Déroulède était salué pour sa réussite esthétique, par exemple d ans Le Livre (1884) : ce "délicieux album patriotique, tiré en chromotypographie avec un soin extrême", est un "petit poème enflammé". "Kauffmann a fait pour ce petit bijou littéraire seize aquarelles très délicates, qui ont été reproduites par des clich és repérés selon le goût du jour. Cette forte plaquette est de format in-4, richement reliée avec plaque en couleur." Celle-ci est certainement un des aspects les plus remarquables du livre, qui nous invite à reculer d'une année encore l'apparition (ou pl utôt la réapparition) de la polychromie sur un plat historié. Après avoir indiqué la date de 1886 (pour deux livres de Daudet, Tartarin sur les Alpes, cf. article de X. de Planhol, IN12 et IN13, Bulletin n6 p. 5, et peu après Aventures prodigieuses de T artarin de Tarascon, PH 15/282), nous avons présenté Les Légendes de France de Carnoy (1885, PH 17/326). Or, dès 1884, la polychromie est utilisée d'une manière remarquable - il n'est que de comparer le plat réalisé pour Les Cigognes (1883, décor à l' or) et ce livre de Déroulède un an après, pour constater combien le résultat est la différent ! On a déjà souligné le fait que le drapeau tricolore est associé, d'emblée, à l'emploi de la polychromie (cf. Jean-le-Conquérant d'Edgar Monteil, 1888, PH 12/2 40). Ceci se vérifie pleinement ici. Depuis l'exposition Paul Kauffmann : images d'Alsace et d'ailleurs qui s'est tenue à Riquewihr en 2008, l'artiste est mieux connu et on a pu préciser sa date de décès (1940, dans l'Yonne). Il a illustré de nombreux l ivres, dont, en plat historié, Voyage à dos de baleine par Alphonse Brown (1880, PH 2/27), Jean-Baptiste Blanchard au Dahomey par Adolphe Badin (1895, PH 3/51), L'Enfant de la mine par Augusta Latouche (1910, PH 4/72), etc. Il est l'auteur et l'illus trateur d'un livre qui fait pendant à celui-ci, Nos petits Alsaciens chez eux (Garnier, 1918). Exemplaire rutilant.
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