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DESBEAUX (Émile). Les Découvertes de monsieur Jean. La terre et la mer .

DESBEAUX (Émile). Les Découvertes de monsieur Jean. La terre et la mer .

SKU : 9500916
350,00 €Prix
Paris, P. Ducrocq, libraire-éditeur, 1883, gr. in-8 (25,5 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat noir et or, une très grande vague semble envelopper un voilier situé au second plan (p. 176-177), portrait de "monsieur Jean" sur fond doré en haut à droite. Au second plat noir, encadrement de filets et fers végétaux au centre et aux angles, dos noir et or à la fleur de lotus, tr. dorées (A. Souze, graveur), (8)-296 pp. ¦Édition originale illustrée de 110 dessins, dont 20 à pleine page, par Fernand BESNIER, Pierre André BROUILLET, Alexandre FERDINANDUS, Charles GOSSELIN, Frédéric de HAENEN, Fortuné MÉAULLE, Henri VOGEL, Édouard ZIER, gravées par F. Méaulle. Voici comment Le Livre (1882) présente cet ouvrage et son auteur : « Chaque année, aux étrennes, l'intelligent et actif éditeur P. Ducrocq se manifeste par la publication d'un ouvrage curieux et original pour les adultes ou les enfants. Ces dernières années, il s'est habilement attaché un jeune collaborateur de talent qui a apporté dans sa maison d'édition le succès et les honneurs académiques. Nous voulons parler de Émile Desbeaux, qui profite des loisirs que lui laisse la direction de la Presse illustrée et ses courriers de théâtre pour écrire de délicieux ouvrages pour les enfants, qui joignent aux charmes du récit l'attrait de très innombrables connaissances utiles. La devise de Desbeaux pourrait être : utile dulci. (...) L'auteur du Jardin de Mlle Jeanne et des Pourquoi et des Parce que de Mlle Suzanne s'est attaché à raconter cette fois l'histoire de la Terre et l'histoire de la Mer. La formation de la Terre, l'origine du globe terrestre, la Mer, ses profondeurs, ses abîmes, ses phénomènes extraordinaires, tout cela est appris à M. Jean et aussi à Mlle Fernande, pendant un voyage de Paris aux côtes bretonnes et à Jersey, et au milieu d'aventures très dramatiques et très émouvantes. C'est, en effet, un véritable petit roman que Les Découvertes de M. Jean, mais un roman très moral, plein d'émotions et d'intérêt, qui ne le cède en rien aux précédents ouvrages de M. Émile Desbeaux ». Selon le principe bien rôdé de la collection, nous est relatée la découverte par un enfant d'une science, naturelle ou physique, et d'une vocation. L'eau, la terre, les volcans, l'Atlantide, l'océan se mêlent en une sarabande de connaissances attrayantes, qui fait découvrir ensuite les forêts sous la mer et les éléphants de Montmartre (les fossiles et les âges géologiques), la salinité de l'eau de mer et les marées, avant de partir visiter Saint-Malo, le Mont-Saint-Michel, Cancale, etc., ce qui nous occasionne des exposés sur les navires, la navigation, la boussole... La collection reviendra sur ces thèmes avec Le Petit Amiral de F. Méaulle (1890, PH20/389), l'univers de la marine, porté par l'actualité à la fin du XIXe siècle, ayant toujours un attrait particulier pour les enfants. Le livre a cependant une particularité supplémentaire : l'illustration de la couverture nous rappelle une célèbre image, La Grande Vague d'Hokusai ! En effet, il s'agit d'un des tout premiers détournements occidental de cette estampe japonaise (1830, Trente-six vues du mont Fuji), aujourd'hui parmi les plus connues au monde. Pour mieux nous en convaincre, la gravure de la page 176 reproduit une seconde estampe d'Hokusai, La Vague aux oiseaux (1835, Cent vues du mont Fuji, vol. 2), où le maître se plagie lui-même. Sur la couverture, Auguste Souze a remplacé le mont Fuji au creux de La Grande Vague par un voilier, prélude d'innombrables variations à venir, dans l'art et dans la publicité. La mode du japonisme s'installe en France dans les années 1860. Pour la première fois, le Japon a un stand à l'Exposition universelle de 1867 à Paris. En 1865-70, Gustave Courbet peint ses premières études de vagues ; si elles n'ont pas la forme exacte de celles d'Hokusai, elles montrent néanmoins son influence (Annette Haudiquet, Vagues : autour des paysages de mer de Gustave Courbet, 2004). Ce sont des images "cinétiques", fixant le mouvement dans une position instable (F. Popper, Naissance de l'art cinétique : l'image du mouvement dans les arts plastiques depuis 1860, 1967). L'art japonais apprend aux artistes européens à saisir ce mouvement, et conduit à la fois à l'impressionnisme et à "l'art cinétique", qui passe par la chronophotographie de Marrey. « Hokusai et Hiroshige s'attachent à saisir tout à la fois l'instantanéité, l'ampleur et la pérennité du mouvement des eaux. Des jeux de lumières et de couleurs, une recherche dans le graphisme et la composition, des lignes stylisées, des traits vifs, des courbes, des volutes, leur permettent de synthétiser et de schématiser les ondulations de la houle, le tumulte des flots, le fracas des vagues écumantes sur les falaises et les récits, le bouillonnement des torrents, des tourbillons et des cascades, et la violence des précipitations » (Jocelyn Bouquillard, Images d'un monde éphémère, BNF, 2008). Précisons que c'est en août et octobre 1882 que Théodore Duret publie ses articles sur Hokusai dans la Gazette des Beaux-Arts, et en avril 1883 que se tient la première "Exposition rétrospective de l'art japonais", organisé par Louis Gonse, galerie Georges Petit. L'importance de Duret a longtemps été négligée. Sa première biographie est toute récente (Théodore Duret, entre négoce de cognac et critique d'art par Marie-Chantal Nessler et Françoise Royer, 2010). C'est avec ce type de plat historié que l'on peut saisir le fulgurant génie d'Auguste Souze.Exemplaire très frais.
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