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DUPAIGNE (Albert). Les Montagnes .

DUPAIGNE (Albert). Les Montagnes .

SKU : 9500669
600,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, 1883, 5ème éd., gr. in-8 (25,5 x 17 cm), percaline rouge. Au premier plat, gravure grise et noire (d'après le frontispice), le pont du milieu dans les gorges de la Via Mala, sur la route du Splügen (Suisse), dans un encadrement de motifs géométriques noir et or, titre doré dans un cartouche noir. Encadrements de filets noirs au second plat, fers dorés floraux au dos, tr. dorées, 591-(1) pp. (H56)¦Édition illustrée de 186 gravures in et hors-texte par Émile BAYARD (37 ill.), W. FREEMAN (= WEIL, sic ; au moins 6 ill.), GERLIER (4 ill.), Karl GIRARDET (6 ill.), D. LANCELOT (1 ill.), RIOU (24 ill.), YAN DARGENT (3 ill.), etc. Sept cartes en couleurs hors texte, dessinées par Dumas-Vorzet et gravées par Erhard. Parmi les ouvrages de géograph ie et de géologie populaire de la fin du XIXème siècle (La Terre et les mers de Louis Figuier, La Terre d'Élisée Reclus, La Terre, géographie physique et économique de Vidal de La Blache), celui de Dupaigne a fait date (Numa Broc, Regards sur la géo graphie française de la Renaissance à nos jours, 1994). La Revue de géographie alpine (2001) en donne une rapide analyse : ce livre (d'abord publié en 1873) "est particulièrement intéressant car, dans sa structure, dans ses débats comme dans son iconog raphie, il se situe vraiment à "la croisée des regards" (Briffaud, 1994 [Naissance d'un paysage. La montagne pyrénéenne à la croisée des regards XVIe-XIXe siècles]) entre artistes, scientifiques et promeneurs au moment où ces points de vue commencent à s e dissocier. De fait s'y juxtaposent et se mêlent trois formes de représentation de la montagne : les plus nombreuses sont des gravures d'assez grande taille (le format est souvent "à l'italienne") mettant en scène de hautes montagnes vues d'en bas à parti r des lieux habités. Au premier plan de ces vues, que régit la tradition artistique de l'estampe, on voit des personnages, des animaux et les lieux que l'homme habite dans la vallée; au deuxième plan sont les masses sombres et précisément dessinées des mon ts; au fond, des contrastes lumineux agitent les cieux et les cimes de présences surnaturelles. La deuxième catégorie de vues accompagne la partie du livre consacrée à la vie des hommes dans les montagnes. Presque toujours de format vertical, ces gravures aux lumières très contrastées, mettent en scène le mouvement des cascades et des torrents qui dévalent les pentes et, en sens inverse, celui des hommes qui escaladent la montagne en passant par les gorges étroites et les chemins escarpés où toutes sortes d e dangers les guettent. Toutes les "sublimes horreurs" de la montagne romantique sont encore là. Enfin, la troisième catégorie semble la plus "éclairée" qui, à partir de quelque belvédère, offre aux alpinistes et aux savants des vues panoramiques précises et dégagées sur des sommets bien identifiés. Chaque regard trouve la représentation qui lui convient dans la confusion des genres." Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et agrégé de sciences physiques (1863), professeur au collège Stanislas, puis in specteur de l'enseignement primaire à Paris, Albert Dupaigne a surtout écrit des manuels scolaires entre 1889 à 1903. Il fut le maître du géologue Emmanuel de Margerie (1862-1953), qui écrivit à son sujet (Critique et géologie, contribution à l'histoire des sciences de la terre, tome 1) : "Alpiniste enthousiaste, avant que ce mot ne fût créé, on lui doit un livre qui est un chef-d'oeuvre : Les Montagnes - le premier ouvrage de géographie vivante, pourrait-on dire, qui ait paru en France après 1870, et dans lequel son auteur ait su introduire, en s'appuyant sur des bases solides, des notions capables de renouveler l'enseignement de cette discipline. En ce qui me concerne, c'est à Albert Dupaigne que je dois ma première initiation sérieuse aux choses de l a Nature, et c'est son influence directe, je ne crains pas de l'affirmer, qui a décidé de ma vocation scientifique. Aux leçons que j'allais prendre chez lui tous les deux jours - il n'était guère avare de son temps, et l'heure prévue pour leur durée se pro longeait, souvent, en entretiens qui continuaient pendant la matinée entière - s'ajoutait, dans l'intervalle, la lecture de quelques livres qu'il m'avait recommandés, comme La Terre avant le Déluge de Louis Figuier, Les Phénomènes terrestres d'Élisée R eclus ou les Souvenirs d'un Naturaliste d'Armand de Quatrefages. En outre, il avait la passion des cartes, passion qu'il me fit bien vite partager, en m'engageant à acquérir les feuilles de la Carte de l'État-Major qui concernaient les parties de la Fran ce où j'avais l'occasion de me rendre et à les emporter sur place, pour les confronter avec le terrain. De même, j'avais acheté sur son avis le petit Atlas général de Justus Perthes, avant de souscrire bientôt après à la nouvelle édition du Stieler's Ha nd Atlas, dont j'allais chercher tous les mois, chez Haar et Steinert, rue Jacob, les livraisons successives. En 1874, j'avais reçu pour mes étrennes la belle Carte murale de la France à 1 : 800 000 que la maison Erhard venait de faire paraître, en colori ant à l'effet le fond établi pour la Carte des Gaules prescrite par Napoléon III, et où le modelé du sol avait été traité avec un soin particulier. Combien de fois n'ai-je pas contemplé ce tableau saisissant du relief de notre pays, en y puisant la matière de rapprochements dont la fécondité devait, plus d'une fois, s'affirmer par la suite !" Margerie ajoute : "En 1875, Albert Dupaigne m'avait conduit à la magnifique Exposition organisée au Pavillon de Flore, à l'occasion de la 2e Session du Congrès Interna tional des Sciences Géographiques, réuni à Paris, du 1er au 11 Août. Cette importante manifestation, à laquelle la plupart des États de l'Europe et de l'Amérique avaient pris part officiellement, en y envoyant à la fois des délégués, désignés par leurs fon ctions ou par leur compétence particulière, et des objets très variés, marquait avec éclat, pour la première fois, depuis la Guerre de 1870-1871, la renaissance scientifique de la France et l'affirmation du rôle que notre pays est appelé à jouer dans le mo nde." Superbe état.
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