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DURAND (Henri). Poésies .

DURAND (Henri). Poésies .

SKU : 9500806
450,00 €Prix
Lausanne, Georges Bridel, 1885, 6e édition, in-8 (22 x 15.5 cm), percaline marron, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, vue du château de Chillon et du lac Léman (ill. p. 64), encadrée dans une fenêtre ogivale à balustrade, sur laquelle est assis le poète qui saccompagne à la guitare, au pied duquel se trouvent inscrits trois vers ("Pour la sainte amitié rien ne meurt, rien ne passe ; / Sur tout ce qui vieillit je monte et je l'embrasse / Avec mes rameaux toujours verts", extraits de « Le Bouquet de Clarens », p. 175), avec les dates du poète 1818-1842, inscrites sur deux pierres au-dessus de l'arcade. Au second plat, encadrements noirs, au dos fer doré (F. Homberg, graveur, Berne, H. R. Sauerländer's, Buchbinderei, Aarau), (4)-307-(1) pp. ¦Édition illustrée d'un portrait de l'auteur, de quinze croquis pris dans les Alpes vaudoises par Louis Durand, reproduits en héliogravure par Max Girardet, et suivis de quelques poésies par Louis Durand, frère de lauteur.Précédées d'une Notice biographique par Alexandre Vinet.Première édition, 1842.Parmi les poèmes de ce recueil, on remarque ceux qui sont dédiés à des personnalités : Vinet (auteur de la notice), Sainte-Beuve (1837) avec sa réponse en vers, Juste Olivier (son maître et initiateur) ou ceux à sujet historique tirés de lhistoire suisse : « Un anniversaire, 17 novembre 1307 » (date du serment du Grutli).Avec Henri Durand (1818-1842), nous sommes en plein dans le mythe romantique du poète à la sensibilité exacerbée et mort jeune dont le modèle au siècle précédent fut Thomas Chatterton (1752-1770) qui inspira un drame romantique à Vigny (1835). Étudiant suisse en théologie, mort à 23 ans, élève de Juste Olivier (auquel il dédie un de ses poèmes), il fait partie de cette cohorte de jeunes écrivains ayant entrepris de fonder la littérature suisse, à la suite de Juste Olivier (1807-1876) et dImbert Galloix, autre figure tôt disparue. Le Dictionnaire du romantisme écrit à leur propos : « De la même génération qu'Olivier, mais mort beaucoup plus tôt, Imbert Galloix (1807-1828) s'efforce de faire apprécier la littérature romantique au public de Genève. Dans la préface de ses Méditations lyriques (1826), le jeune écrivain insiste sur labsolue individualité de sa poésie et des sensations qui lont inspirée tout en mentionnant linfluence de Lamartine, de Byron et dautres contemporains. Moqué à Genève, il profite à Paris d'une reconnaissance posthume grâce à un article retentissant de Victor Hugo, intitulé « Ymbert Gallois » (sic) et publié en 1833 dans L'Europe littéraire. Hugo fait du jeune poète « mort de misère à Paris » un suicidé du désenchantement et un « symbole [...] de la généreuse jeunesse d'à présent ». Deux autres poètes partagent le destin romantique dune mort précoce. Frédéric Monneron (1813-1837) crée une poésie à la fois mélancolique, philosophique et passionnée. Plus simples et moins tourmentés, les poèmes d'Henri Durand (1818-1842) racontent les bonheurs domestiques de la patrie. Les deux auteurs, destinés au pastorat, donnent à leurs textes une tonalité religieuse : comme Juste Olivier leur porte-voix, ils célèbrent les Alpes et les paysages du canton de Vaud. Les Poésies (1842) de Durand et les Poésies (1852) de Monneron paraissent à titre posthume et sont réédités au cours du XIXe siècle. » (Dictionnaire du romantisme, dir. Alain Vaillant, 2011, article « Romantisme en Suisse francophone » par Timothée Léchot).Sur Henri Durand, on consultera une étude bien documentée dHenri Perrochon, « À propos du "Journal" d'Henri Durand » (Revue historique vaudoise, vol. 53, 1945, p. 139-149), qui écrit : « Vers 1830, tous les Vaudois rimaient (…). Autour de Juste et de Caroline Olivier les vocations naissaient nombreuses et un certain romantisme les pénétrait, élégiaque : yeux levés vers le ciel, quelque brouillard, un saule au bord d'une onde pâle. Le romantisme de Marcelline Desbordes-Valmore avec une teinte lamartinienne. Exaltation intellectuelle et sentimentale, et en plus tendance pieuse. La rêverie incline vers laction de grâce. Les raisons de cette action de grâce, nos romantiques les trouvent dans leur joie d'habiter une terre fortunée et libre, dans un décor magnifique, dont ils chantent les eaux, les champs, les troupeaux et les monts. Parmi ces romantiques, il y eut le gentil ménestrel, qui, s'accompagnant de la guitare, chantait de délicates romances : Henri Durand. Talent d'improvisateur, imagination sensible, enivrement de la jeunesse, de sa jeunesse, et aussi dédain du style, facilité qui trahit souvent ses intentions. Longtemps le souvenir de l'écolier poète a perduré : du grand adolescent à la chevelure abondante, aux yeux largement ouverts, à l'expression rêveuse et tendre, et dont les œuvres, publiées après sa mort par ses camarades de Zofingue, furent huit fois rééditées et eurent même à Londres la faveur d'une version anglaise. Grâce à Vinet, à J. Olivier, à E. Rambert, à Ph. Godet, le ménestrel ne fut pas oublié. Si sa ville ne lui a pas élevé de statue comme à Anna de Noailles, elle a reçu en dépôt du Musée historiographique sa pierre tombale, et au Collège lun de ses petits-neveux, Me Sillig, a créé un prix Henri Durand. »Sur le plat historié suisse, voir Le Plat historié n°43, septembre 2018.Agréable exemplaire.
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