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ESCUDIER (Gaston). Les Saltimbanques. Leur vie, leurs moeurs .

ESCUDIER (Gaston). Les Saltimbanques. Leur vie, leurs moeurs .

SKU : 9501290
1 500,00 €Prix
Paris, Michel Lévy frères, Librairie Nouvelle, 1875, gr. in-8 (25,5 x 17,5 cm), percaline chagrinée brique. Au premier plat, noir et or, "L'homme-canon" (p. 221), dans un encadrement de filets et d'une frise de motifs décoratifs. Au second plat, encadrement décoratif noir, au dos, caissons dorés, tr. dorées (A. Souze, graveur), (4)-480 pp. (H00) ¦Édition originale illustrée de 500 dessins à la plume par Paul de Crauzat.Un des tout premiers ouvrages modernes sur le cirque à attirer lattention du public et des écrivains sur ce thème ; comme le note R. Toole Stott (Circus and allied arts: a world bibliography, 1958, n°255), il contient nombre dinformations peu communes sur le sujet et les illustrations de Crauzat sont « délicieuses »Les Escudier sont une famille déditeurs de musique. Les deux frères Marie (1819-1880) et Léon Escudier (1821-1881), journalistes et critiques de musique, se sont associés pour créer la revue La France musicale (1837-1860) et fonder une librairie musicale vers 1840-42, qui éditera les œuvres de Verdi à partir de 1854. En 1853, Léon reprend seul le commerce jusqu'en 1881, tandis que Marie devient rédacteur au journal Le Pays (1850-1858). En 1860, La France musicale cesse de paraître et Léon crée une nouvelle revue, LArt musical (1860-1894), dont il confie la direction à son fils Gaston.Celui-ci explique : « C'est un article publié dans LArt Musical au sujet de la fête de Neuilly, qui m'a donné l'idée de poursuivre ces études sur les saltimbanques. Je me suis laissé entraîner par ce sujet original, et, de chapitre en chapitre, je suis arrivé à former ce volume. L'un de nos artistes les plus distingués, M. de Crauzat, a bien voulu s'associer à mon œuvre, pour ainsi dire improvisée. C'est à sa plume habile et spirituelle que l'on doit les dessins qui ornent les pages de ce livre. »Paul de Crauzat (1831-1922), ancien payeur particulier de la Maison de l'Empereur Napoléon III, puis chef de bureau au ministère des postes et télégraphes, est également dessinateur. Il a illustré dinnombrables partitions pour les principaux éditeurs de musique, Choudens, Gambogi, Gheluve, Girod, Legouix, Petit, etc., ainsi que la librairie Escudier. Il collectionnait les ex-libris et fut président de la Société française des collectionneurs d'ex-libris de 1907 à 1908. Son fils Ernest de Crauzat (1866-1944) est écrivain d'art et collectionneur.Dans sa préface, lauteur écrit : « Sorciers, farceurs, jongleurs, charlatans, bateleurs courent le monde depuis que le monde existe, montrant des animaux ou des tours de passe-passe, vendant de tout, même de bonnes choses parfois, amusant les populations de leurs lazzi traditionnels, jetant dans les campagnes lointaines comme un reflet terni d'une vie urbaine fantastique, où les femmes porteraient à l'ordinaire des maillots couleur de chair et des jupes pailletées, et les hommes des uniformes de cour et des chapeaux à claque ; nomades, cosmopolites, et gardant néanmoins leur caractère propre, ainsi vont-ils, par clans, par familles ou isolément, travaillant chacun pour son compte, mais se retrouvant, au besoin, pour se porter secours ; membres d'une grande confrérie, ayant ses us et coutumes, ses héros, ses prototypes et ses dieux, cousine germaine de la truanderie, où elle se recrute, et qu'elle méprise en attendant qu'elle y retombe. Humanité à part dans la civilisation, vivant de celle-ci en payant son écot en monnaie de singe, c'est toujours cette bohème bigarrée et errante qui vient on ne sait d'où et qui y retourne, honnête à ses heures, ne reconnaissant qu'une royauté au monde : LE MONSTRE sous toutes les formes, parce que le monstre fait vivre ses courtisans, sans que ceux-ci aient à faire quoi que ce soit. Le monstre se laisse choyer ; plus il est monstre plus il est tyrannique, et plus il est choyé par conséquent. Que d'autres se disloquent, se contorsionnent, dansent sur la corde, se crèvent l'estomac en mangeant des cailloux ou des sabres, portent des canons ou se lancent à travers les espaces au risque de se rompre les os, c'est leur affaire. Un bon petit ou gros monstre bien conditionné est infiniment plus avantageux pour son entourage. Aussi, il est roi. »Lauteur rappelle les ancêtres célèbres : « Voici, tout d'abord, Gaultier Garguille, Gros-Guillaume et Turlupin (…), dont le nom de théâtre a passé dans la langue française avec les turlupinades (…), Bruscambille, Mondor et Tabarin, beau-père de Gaultier Garguille. Nous ne pouvons passer sous silence les héros de la comédie pure, c'est-à-dire les types qui, après de si longues années, se conservent encore intacts, portant le même costume, les mêmes couleurs, le même masque qui leur avait été donné au commencement par les maîtres de l'art. Quels types et quels maîtres ! Voici Pantalon, Crispin, Pasquin, Scapin, Mezetin, Scaramouche, Le Capitan (Matamore), Briguelle, Jocrisse, Gilles, Pierrot, Paillasse, Janot, Jean-Bête, Cadet-Roussel, Arlequin, Trivelin, Cassandre, Polichinelle, Madame Gigogne, Violette, Colombine, Marinette, Bamboche, qui fut le père des marionnettes. C'est l'Italie qui nous a donné ces personnages immortels, dont la tradition se perpétuera jusqu'à la fin du monde. (…) Aujourd'hui, les trucs sont plus compliqués qu'ils n'étaient jadis. Les boniments se ressentent du progrès général. En 1800, ils étaient plus modestes, mais, en somme, ce qu'on voit de nos jours ressemble assez à ce qu'on montrait à cette époque. Tant il est vrai qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. »Les saltimbanques appartiennent de tout temps au pittoresque de Paris (V. Fournel, Le Vieux Paris, 1887, PH 4/70), au monde de la foire et de la fête, aux spectacles populaires. A la fin du XIXe siècle, ils ont une nette tendance à devenir des personnages romanesques de premier plan. Ainsi, Hector Malot en fait-il lun des héros de Sans famille (1878, PH 7/143). Chez Jules Verne, de sympathiques personnages secondaires dans Mathias Sandorf (1885), ils deviennent les héros principaux dans César Cascabel (1890). Cest après cette date de 1890 que lunivers du cirque inspire un nombre croissant de romanciers dont les œuvres sont publiées en plat historié, tels dont Edgar Monteil (Histoire du célèbre Pépé, 1891, PH 16/314), Fernand Calmettes (Mademoiselle Volonté, 1892, PH 26/490), Frédéric Dillaye (Les Étapes du cirque Zoulof, 1892, PH 28/529) ou Rémy-Allier (Retrouvée !, 1896, PH 27/519).Pour témoigner de cet engouement, Sophie Basch a réuni des Romans de cirque (de Jules Claretie, Edmond de Goncourt, Rodolphe Darzens, Félicien Champsaur, etc.) pour la collection Bouquins de Robert Laffont, en 2002.Très bel exemplaire de ce classique rare et recherché.
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