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FAVIER (Mgr Alphonse) . Péking .

FAVIER (Mgr Alphonse) . Péking .

SKU : 9501131
750,00 €Prix
Histoire et description. Paris, Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, 1902, gr. in-8 (30,5 x 23,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, gravure au palladium rehaussée du titre et d'idéogrammes dorés (combat de dragons, estampe page de titre). Au second plat, dessin au palladium d'un mandarin à longue barbe, dans un cadre de deux filets noirs, au dos, même mandarin, tenant une bannière portant le titre, tr. dorées, 416 pp., index ¦Nouvelle édition illustrée de "524 gravures anciennes et nouvelles reproduites ou exécutées par des artistes chinois d'après les plus précieux documents". Première édition en 1897 (luxueusement publiée à Pékin, par l'imprimerie des Lazaristes au Pé-T'ang) puis nouvelle édition à Lille en 1900. Le grand livre sur Pékin, une véritable somme : partie historique (la mythologie, la succession des dynasties, Marco Polo, l'arrivée des missionnaires, Jean de Montcorvin, premier évêque de Pékin, Saint François Xavier, la suppression des Jésuites, la guerre de l'opium, les expéditions de 1858 et 1860, la guerre du Tonkin, la guerre sino-japonaise) ; partie description (plan de Pékin, monuments de la ville : le palais impérial, les murailles, les portes, les jardins, l'observatoire ; les temples, les ponts, la sépulture des Ming ; l'empereur et la cour, les ministères, les Légations, l'armée chinoise, les tribunaux, la police, les rues, places, banques, théâtres, maisons de jeu, restaurants, cafés ; la société, la famille, l'école, le mariage, les fêtes, les industries et métiers, les arts, la médecine, l'acupuncture, les funérailles ; les vêtements, la nourriture, les habitations du peuple ; les voyages et transports ; la géologie, les fleurs, oiseaux et animaux ; les oeuvres d'art en bronze, la céramique). Alphonse Favier (1837-1905), mort à Pékin, est un prêtre lazariste, missionnaire en Chine à partir de 1862, devenu évêque de Pékin en 1899. Dans cette fonction, il a vécu le siège des Légations par les Boxers, en 1900 (il a relaté l'événement dans son journal, "Siège de l'évêché de Pékin, 3 juin-16 août 1900"). Tous les résidents français connaissaient et visitaient Mgr Favier, comme par exemple Loti (20 avril 1901, dans ses chroniques sur la Chine publiées dans Le Figaro, recueillies sous le titre Les Derniers jours de Pékin). On consultera aussi les Carnets de Pékin, 1899-1901 de l'orientaliste Paul Pelliot (publiés en 1976) pour un témoignage de première main, ainsi que le livre de René Bazin sur Paul Henry (L'Enseigne de vaisseau Paul Henry, Mame, 1902, PH. 23/394) relatant l'épisode du siège. Il faisait montre d'une puissante personnalité soulignée par les commentateurs et les historiens (Zhang Long, La Chine à l'aube du XXe siècle, 1962 ; Claude Prudhomme, Stratégie missionnaire du Saint-Siège sous Léon XIII, 1994 ; Claude Soetens, L'Église catholique en Chine au XXe siècle, 1997 ; Claude Prudhomme, "Résistances à l'évangélisation et stratégies missionnaires romaines, l'exemple de la Chine (19e et 20e siècles)", dans Jean Pirotte (dir.), Résistances à l'évangélisation, 2004 ; Philippe Bonnichon et Pierre Gény, Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, 2012 ; Bernard Brizay, La France en Chine, du XVIIe siècle à nos jours, 2013 ; Jacques Weber, François de Sesmaisons (dir.), La France en Chine (1843-1943), 2013). Un des témoignages les plus étonnants est offert, de manière inattendue, par Jacques Benoist-Méchin. Dans ses souvenirs, A l'épreuve du temps (tome I, 1905-1940, Julliard, 1989, pp. 119-120), il raconte comment son père Gabriel Benoist-Méchin, explorateur et diplomate, alors en route, vers 1882, pour une traversée de l'Asie jusqu'à Saint-Pétersbourg (sous la protection de l'amiral Courbet), est entré en relations avec Mgr Favier : "Cet ecclésiastique - auquel il avait été présenté par un des plus grands collectionneurs d'objets d'art chinois, un certain Etchegoya (...) - lui avait fait signaler par un prêtre de son diocèse que les temps étaient durs, que les catholiques français avaient été décimés par une épidémie de peste consécutive au soulèvement des Pavillons Noirs et que, n'ayant les moyens ni de les guérir ni même, plus simplement, de venir à leur secours, il était à la recherche d'un riche amateur susceptible de lui racheter l'ensemble de ses collections privées, et demandait à mon père s'il était en mesure de lui rendre ce service. Mon père entama immédiatement une correspondance avec le prélat. Il lui proposa une somme globale destinée à couvrir les frais de cette acquisition. Si l'intervention de l'amiral Courbet avait donné à l'expédition une teinte politico-militaire, l'amit ié nouée avec l'évêque de Pékin lui conféra à son tour un caractère artistique. Tous les biens de Mgr Favier furent emballés dans des caisses en laque et expédiés à Paris en attendant le retour de la caravane. Quelques semaines après son arrivée, des amis ayant appris la venue de ce pactole vinrent rendre visite à mon père et le conjurèrent d'en faire don au musée Guimet, spécialisé dans les oeuvres d'art d'Orient et d'Extrême-Orient. Mon père hésita quelque temps car, n'ayant effectué cet achat que dans un but charitable, il ne trouvait pas convenable que cela se sût. Il y apporta une condition particulière : un autre collectionneur de ses amis, du nom de Grandidier, ferait don de deux pièces importantes de sa propre collection, et mon père y joindrait, en bloc, les objets de la collection Favier qui devraient figurer au catalogue sous le nom de "collection Grandidier". C'est sous ce titre, en effet, qu'on peut les voir aujourd'hui au musée Guimet, place d'Iéna. Ainsi, tout était respecté : le caractère fondamentalement charitable de l'opération et la modestie pointilleuse de mon père."
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