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FEUILLET (Octave). Le Roman d'un jeune homme pauvre .

FEUILLET (Octave). Le Roman d'un jeune homme pauvre .

SKU : 9500197
450,00 €Prix
Paris, Maison Quantin, [1887], gr. in-8 (29 x 21 cm), toile verte, bords biseautés. Premier plat orné d'une composition polychrome représentant la Tour d'Elven (d'après l'ill. p. 173) dans un encadrement de motifs géométriques où serpente le titre inscrit sur un ruban. Second plat orné d'un encadrement de motifs décoratifs de même style (arabesques végétales), au centre un tapis de motifs floraux, dos orné dans le même esprit, tr. dorées (10)-227-(7) pp.¦Première édition illustrée de 50 dessins in et hors texte par Ludovic MOUCHOT, gravés par MÉAULLE, portrait de l'auteur par E. WALLET en frontispice, planche hors texte liminaire en couleurs (portrait de l'héroïne, Marguerite Laroque). Collection Calmann Lévy. La première édition de ce roman célèbre paraît en 1858, en deux parties dans la Revue des Deux Mondes, puis en volume chez Michel Lévy, et obtient un succès immédiat. Il est porté au théâtre la même année et devient un best-seller (246 éditions en 1923). Écrivain très apprécié à la cour de Napoléon III, Octave Feuillet (né à Saint-Lô, 1821-1890) fut, en 1862, le premier romancier élu à l'Académie française en tant que tel (au fauteuil du dramaturge Scribe) Son succès provient de la réaction esthétique qui anime son oeuvre, à la fois contre le romantisme et contre le réalisme. Nous sommes bien, avec ses romans, dans un univers où l'imaginaire romanesque a libre cours, à travers des situations extrêmes frisant l'invraisemblance, portés par des personnages aux caractères excessifs, et où un humour sarcastique inattendu et dévastateur parcourt le récit, dont la lecture ne peut que surprendre, voire stupéfier un lecteur moderne blasé qui aurait des préjugés contre ce type de roman, car il est aux antipodes du genre mièvre. Aujourd'hui, ce romancier est tout à fait oublié dans l'histoire littéraire et ses oeuvres ne sont pas rééditées. Peut-on le réhabiliter comme "romancier populaire"? se demande un de ses lecteurs actuels, Michel Besnier, dans un artic le paru en 2002 : "Si l'on peut facilement admettre qu'Octave Feuillet connut une gloire excessive", dit-il, "l'oubli dans lequel il est tombé pousse le balancier trop loin de l'autre côté", ajoutant : "Octave Feuillet mérite d'être redécouvert par ceux qu i aiment la littérature, en particulier ceux qui aiment la littérature populaire. Il serait illogique et dommageable de connaître Les Mystères de Paris et d'ignorer Le Roman d'un jeune homme pauvre, ces deux oeuvres ayant profondément marqué la sensibi lité collective". Or, Feuillet "n'est pas considéré comme un romancier populaire, pour des raisons sociologiques et esthétiques". Mais "l'important, pour le lien avec la littérature populaire, est qu'il fasse l'éloge d'une forme de romanesque. C'est cette qualité que Jules Lemaître reconnaît à l'auteur qui a enchanté sa jeunesse : "La plupart des romans de M. Octave Feuillet ont ceci de remarquable que ce sont des romans éminemment romanesques." Une autre formule de Jules Lemaître repose sur cette tautologi e qui sert souvent de définition au roman populaire : "Ses romans sont, par excellence, des romans"." (Lemaître, Les Contemporains, 1887, cité par M. Besnier, Le Rocambole n° 20, 2002). Cette formule s'applique à merveille au Roman d'un jeune homme p auvre, où l'auteur joue avec les ingrédients du roman populaire : les fausses identités, les parentés inattendues, l'amour contrarié par les inégalités de fortune, et des sentiments ou des situations d'exception, ponctués de coups de théâtre. Tout est émi nemment romanesque (pour ne pas dire rocambolesque) dans ce roman, dont le personnage (le fameux jeune homme pauvre) est d'une droiture, d'une rigueur morale, d'une honnêteté extravagante, ce qui le conduit à des situations exacerbées et inextricables dont il se sort par des décisions à la fois folles et parfaitement assumées. Face à lui, l'auteur campe un caractère féminin fantasque, imprévisible et provocateur, à la fois sensible et insensible (comme dit M. Besnier), qui donne un charme inouï au récit, qu e l'on pourrait rapprocher, par certains côtés, de ces romans anglais dont les héros demeurent imperturbables dans les situations les plus difficiles. Ajoutons que ce roman a rendu célèbre le château de Largoët, dont la tour en ruine s'élève sur la commun e d'Elven, près de Vannes, en Bretagne. Une des scènes capitales du récit se déroule en effet dans la "Tour d'Elven", qui figure sur le plat historié. Son illustrateur, le peintre et graveur Ludovic MOUCHOT (1846-1893), a travaillé pour les grands éditeur s de livres illustrés : Ducrocq, Mame, Marpon et Flammarion, souvent en collaboration avec le graveur Fortuné MÉAULLE (cf. Perdus dans la grande ville, Mame, 1891, PH 13/252). Soulignons enfin que cette édition est artistiquement éditée par la Maison Qu antin, qui l'a habillé d'une magnifique toile décorée à gros grain, ce qui lui donne la texture et l'aspect d'une tapisserie. Très bel exemplaire.
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