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FOURNEL (Victor) . Les Rues du vieux Paris . Galerie populaire et pittoresque .

FOURNEL (Victor) . Les Rues du vieux Paris . Galerie populaire et pittoresque .

SKU : 9501622
750,00 €Prix
Paris, Librairie de Firmin-Didot, 1879, in-8 (24.5 x 17 cm), demi-chagrin rouge, plats de percaline rouge. Au premier plat, noir et or, frise de personnages entourant le titre au centre (de haut en bas : Fanchon la vielleuse (p. 407) avec trois angelots, la nef de Paris et deux allégories des vents, un musicien, un marchand de soufflets (p. 549), un homme coiffé d'un haut-de-forme, un dresseur d'animaux tenant un cerceau de papier que perce un chien, deux singes habillés à ses pieds, un groupe de trois chanteurs sur un tonneau, l'homme-orchestre jouant de cinq instruments à la fois (p. 431), en bas, devant le tonneau, trois masques, mandoline, guitare et trompes. Au second plat, encadrement décoratif noir, au centre, noir et or, écusson de la ville de Paris (une nef à trois mâts, surmontée de fleurs de lys), au dos, motifs décoratifs végétaux (feuilles de palme en bas, petites fleurs au cartouche), écusson similaire couronné, mais avec une nef différente et la devise Fluctuat nec mergitur dans un ruban, tr. dorées (A. Souze, graveur, Engel, relieur), (2)-VI-663-(1) pp. ¦Édition illustrée de 165 gravures sur bois, dont 5 hors texte, par E. Allouy, G. Boutet, O. Brux, H. Chapuis, N. Cochin, Rousselet, H. Scott, gravées par Huyot, F. Méaulle.Table : Les solennités nationales. Les fêtes religieuses. Les fêtes populaires. Histoire du carnaval. Les clercs de la basoche, les sots et les enfants sans souci. Jongleurs, trouvères et ménestrels populaires. Les chanteurs des rues. Les farceurs en plein air et les parades. Les cris du vieux Paris et les petits métiers de la rue. Types et personnages célèbres des rues de Paris.Édition refondue dun précédent livre de Fournel (1829-1894), Tableau du vieux Paris (Dentu, 1863), ce livre est un classique, formant une paire visuelle et thématique avec Le Vieux Paris (Mame, 1887, PH 4/70), du même auteur, bien que publié chez un autre éditeur. Ces deux plats historiés remarquables sont conçus dans le même esprit par Souze, mais organisés différemment : si le premier offre une « frise » de scènes disjointes, le second a intégré les différents groupes de personnages dans une scène unique et selon une ligne de fuite.« Le livre de M. Fournel est de ceux qu'on ne peut pas se contenter de citer en passant (…) c'est le plus amusant des livres d'étrennes qu'on puisse offrir à ceux qui n'ont pas le goût des sciences et qui veulent s'amuser tout en s'instruisant. L'histoire des rues de Paris, c'est l'histoire de la vie française tout entière. Paris, comme Athènes et Rome, est la personnification d'un grand peuple et tous les événements, toutes les modes, toutes les idées, toutes les fêtes se manifestent chez nous dans la rue. Les fidèles de l'histoire politique trouveront à apprendre dans le livre de M. Victor Fournel ; mais les amateurs de pittoresque s'y plairont bien davantage encore. Les types de la rue, les mendiants de Callot, les gamins espiègles de tous les âges, les originaux de chaque siècle y défilent dans un pêle-mêle qui ne manque pas de charme. Nos contemporains y viennent à leur rang, et nous pouvons ainsi constater par nous-mêmes la vérité des peintures de l'auteur. M. Gagne lui-même y tient une place honorable à côté de célébrités plus sensées, mais aussi plus tapageuses. Il y a plus de philosophie qu'on ne l'imagine dans les études de ce genre. Les préjugés populaires s'y révèlent avec une candeur qu'on ne retrouve pas autre part ; le tempérament ne peut s'apprécier que dans sa vie courante, et on ne peut saisir cette vie au vol qu'à l'air libre des grandes villes. » (Revue scientifique, déc. 1878). La même revue reviendra sur le livre de Fournel dans un long article (9 août 1879, p. 124-129, réédité par Denis Blaizot dans Le Vieux Paris, Gloubik, 2011, ainsi quun article dans La Nature, 1er novembre 1879).« Ce n'est pas un livre d'érudition que M. Victor Fournel a prétendu nous donner sur les rues de Paris ; il a seulement voulu peindre d'une plume facile et amusante les mille détails, les mille traits de mœurs, qui donnaient au Paris d'autrefois une physionomie si originale et si pittoresque. Le sujet du livre, c'est la vie de nos pères dans la rue, ce sont les événements extraordinaires, les solennités politiques ou religieuses, les fêtes, les amusements de toutes sortes qui attiraient les badauds sur les places publiques ; ce sont les petits métiers de la rue, les types bizarres qui aux diverses époques ont attiré l'attention des Parisiens ; ce sont en un mot ces mille riens que l'historien grave ne daigne considérer, mais que l'anecdotier, le philosophe, le moraliste se gardent de mépriser, car ils nous font connaître le caractère et les mœurs de nos ancêtres, ils nous font pénétrer dans leur vie intime, ils nous révèlent tout un côté de l'histoire des temps passés, non pas peut-être le plus important, mais à coup sûr le plus attrayant. Le livre de M. Fournel se lit avec plaisir, l'auteur a su dans la description de ces fêtes, entrées solennelles, inaugurations de monuments, feux d'artifices, accumuler les détails sans en abuser. On tombe facilement dans la monotonie en décrivant ces splendeurs qui en somme se ressemblent toutes. M. Fournel a su éviter ce défaut. Les divertissements populaires ont une large place dans le livre ; jongleurs, trouvères, chanteurs des rues, farceurs en plein air, pitres, etc., sont le sujet de deux ou trois longs chapitres. Peut-être l'auteur aurait-il pu s'étendre moins longuement sur les jongleurs ; il entre à leur occasion dans bien des détails, qui ne sont pas complètement nouveaux et n'ont rien de particulièrement parisien ; mais cette critique a peu d'importance, si l'on considère que le livre s'adresse au grand public plutôt qu'aux érudits. L'illustration du volume est fort soignée. L'auteur a fait reproduire bon nombre de gravures anciennes qui sont le commentaire naturel de son texte. Ici ce sont les charmantes estampes de Moreau représentant les fêtes données à Paris sous Louis XVI, ou les pittoresques gravures de Mérian, les types populaires dessinés par Bouchardon, Poisson, Garnier, Boissieu, Duplessis-Bertaux, Carle Vernet. Ailleurs ce sont des reproductions de gravures du XVe siècle, ou de miniatures. Le mérite de toutes ces reproductions n'est peut-être pas toujours parfaitement égal, mais beaucoup d'entre elles sont rendues avec une fidélité remarquable, et l'ensemble forme un tout fort satisfaisant. Pour tout dire, je ne sais si le livre de M. Fournel apprendra grand'chose aux érudits familiers avec l'histoire de Paris, mais il ne peut manquer d'intéresser vivement les gens du monde, qui ne sont pas fâchés de connaître les mœurs du vieux Paris, et qui n'osent les étudier dans les gros in-folio de Sauval et de Félibien. » (R. L., Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 1879, p. 31).On sait combien le vieux Paris sera à la mode à la fin du XIXe siècle. A partir des transformations de la ville opérées par Haussmann, un courant historique et nostalgique sest développé et des livres de plus en plus nombreux vont sinquiéter de sa disparition, jusquà Robida qui en tentera la reconstitution grandeur nature lors de lExposition Universelle de 1900. Ce mouvement dintérêt na pas cessé depuis. On consultera sur ce sujet, de Ruth Fiori, L'invention du vieux Paris : naissance d'une conscience patrimoniale dans la capitale (Editions Mardaga, 2012).Très bel exemplaire.
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