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GALLI (Henri). La Guerre à Madagascar .

GALLI (Henri). La Guerre à Madagascar .

SKU : 9501163
900,00 €Prix
Paris, Garnier frères, [1897], 2 vol. gr. in-8 (27 x 19 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, un fantassin de l'armée coloniale plante un drapeau français sur la carte de Madagascar, à l'or. Au second plat, motifs d'encadrement, rosace centrale et écoinçons noirs, au dos, caissons dorés, tr. dorées (Magnier et ses fils, relieurs), 960-VIII-(2) pp. et (6)-954-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 121 gravures en couleurs par Louis Bombled, 13 cartes et plans (tome I) et de 120 gravures en couleurs, 14 cartes et plans (tome II). Au frontispice du tome I, portrait du général Duchesne. A celui du tome II, allégorie de la France civilisatrice : un soldat colonial en uniforme blanc, debout sur un rivage entre une esclave libérée de ses chaînes qui le remercie à genoux, et un ancien esclavagiste, étendu mort, un fouet et un sabre dans les mains.Publié en 240 livraisons.Sous-titre : Histoire anecdotique des expéditions françaises de 1885 à 1895.Tome I : Tamatave, Majunga, Diégo Suarez, Ambohimarina, Marovoay, Mevatane, Suberbieville, Tsarasaotra, Andriba, Tsaininandry, Ambohimena.Tome II : La colonne légère, les combats des 27, 28, 29, 30 septembre, Capitulation de Tananarive, L'organisation de la conquête, Révoltes et massacres, Les héros d'Antsirabe, Historique des régiments du corps expéditionnaire, L'annexion.Henri Galli (1854-1922) a succédé à Dick de Lonlay (1846-1893) comme écrivain militaire chez Garnier. Après avoir publié chez cet éditeur deux ouvrages d'histoire, L'Armée française en Allemagne, 1806 (1888) et L'Allemagne en 1813 (1889), il publie, en 1895, Les Anniversaires de 1870 (PH 19/370), édition condensée en un volume des six volumes de Français et Allemands de Lonlay (1887-1891). Bien plus tard, il publie plusieurs livres sur la Grande guerre, dont La Guerre à Paris (1917), toujours chez Garnier.La campagne de Madagascar, sujet dactualité des années 1890, a donné lieu à de nombreuses publications sur la Grande Ile, devenue française pour soixante-cinq ans, jusquà son indépendance en 1960. Une Bibliographie de Madagascar en a été dressée par Guillaume Grandidier (3 vol., 1906, 1935, 1957). Nous avons déjà décrit : Madagascar, par Charles Buet (Victor Palmé, 1883, PH 3/56) et Adolphe Badin, Une famille parisienne à Madagascar (Armand Colin, 1897, PH 25/471), dont le propos est de faire découvrir le pays aux futurs colons.La carrière dHenri Galli a été évoquée par Jacques Tronchon, dans son article « La Révolution française et Madagascar, arguments ou oripeaux d'une conquête » (Révolution française et océan Indien: prémices, paroxysmes, héritages et déviances : actes du colloque de Saint-Pierre de La Réunion, dir. Claude Wanquet, Benoît Jullien, 1996) : « Cette difficulté de la conquête transparaît aussi à travers les différents ouvrages de mon fonds documentaire. L'un d'entre eux a retenu tout spécialement mon attention, à cause de la masse et de la richesse des informations qu'il contient. Il s'agit de deux volumes, totalisant plus de mille neuf cents pages, de lHistoire anecdotique de la guerre à Madagascar (1885-1895), publiée en 1897 par Henri Galli. L'intérêt de ces deux ouvrages est d'être un témoignage à chaud sur la période, fondé sur des correspondances, des notes personnelles d'acteurs ou de témoins des événements, des comptes rendus militaires très détaillés, des chroniques rédigées par différents journalistes européens envoyés par les grands journaux de l'époque sur le théâtre des opérations. L'interprétation donnée par Galli à toute cette documentation est parfaitement accordée à l'objet de notre recherche, attentive aux relations de cause à effet entre Révolution française et conquête coloniale. Républicain admirateur de Léon Gambetta, dont il est le cadet d'une quinzaine d'années, le Champenois Louis-Henri-Désiré Gallichet, autrement dit Henri Galli, est le contemporain de François de Mahy, dont il approuve les projets d'expansion à Madagascar, et de Paul Déroulède, avec lequel il fonde la Ligue des Patriotes. Juriste de formation, journaliste de profession, Henri Galli se lance dans une active carrière politique dès 1882, au moment où se développe le conflit entre la France et Madagascar, qui va aboutir à la conquête. Directeur du journal Le Drapeau, collaborateur à La Cocarde et à l'Intransigeant, Galli s'affirme comme un patriote convaincu et belliciste, un moment boulangiste, puis antidreyfusard. Cest dans l'effervescence de ses engagements passionnés qu'il publie La Guerre à Madagascar, en 1897. Il a quarante-trois ans. Il milite au sein de l'association des journalistes républicains. Après 1910, il devient un moment président du Conseil général de la Seine, puis du Conseil municipal de Paris, et enfin député du quatrième arrondissement de Paris sous l'étiquette "républicain démocrate". Membre de la Gauche démocratique et de l'Entente républicaine à la Chambre, il rapporte le projet de loi tendant à conférer la dignité de Maréchal de France à titre posthume au général Galliéni. Même si, à ma connaissance, Galli nest jamais allé à Madagascar, il faut bien reconnaître quil est très bien renseigné sur la situation malgache. Létendue de ses activités et de ses relations lui a donné accès à des sources dinformations considérables. Il arrive bien entendu qu'il se trompe dans ses jugements, qu'il épouse sans sourciller les mille et un préjugés de la plupart de ses concitoyens à rencontre des Malgaches. Cela, à mon avis, n'enlève rien à la valeur documentaire de premier ordre de sa publication, où il faut d'ailleurs savoir gré à l'auteur de s'effacer très souvent derrière les acteurs et les événements. L'intérêt de l'ouvrage de Galli, dans le contexte particulier de notre colloque, est d'apporter cette fois (ce qui n'apparaît pas dans le journal d'Adrien Géan) une preuve éclatante des fondements idéologiques révolutionnaires, ou à tout le moins républicains, que l'on voulut donner à la conquête. Spécialiste des questions militaires et internationales, Galli lest aussi, à sa manière, de la période révolutionnaire et impériale à laquelle il a consacré quatre études parmi la vingtaine douvrages quil a publiés. Fait significatif : sa publication la plus récente, trois ans seulement avant sa Guerre à Madagascar, est consacrée aux Représentations de la Marne (cest son département dorigine) aux assemblées de la Révolution. Pour Galli, les conquêtes révolutionnaires ne sont pas closes. Elles continuent en 1895 à Madagascar, où la France, estime-t-il, doit défendre ses "droits historiques" et l'honneur de son drapeau. Elles se poursuivront demain par la reprise aux Allemands des territoires perdus de l'Alsace-Lorraine. Sil existe un témoin de l'esprit belliciste de revanche après la défaite de 1870, nourri de l'idéologie républicaine héritière de la Grande Révolution, c'est bien lui ! »Jacques Tronchon consacre ensuite son article à une étude minutieuse de la somme de Galli.Le plat historié, dune grande sobriété, mélange lor et la polychromie, permettant la mise en valeur du drapeau français. Nous avons déjà souligné le mariage harmonieux des nuances du drapeau et de la percaline verte, bleue ou rouge, notamment chez léditeur Garnier (voir la série de Gaston Bonnefont, Aventures de six Français aux colonies, 1890, PH 29/542), mais aussi chez Charavay (Marc Bonnefoy, Autour du drapeau, 1891, PH 12/231), Mame ou sur les plats historiés de Paul dIvoi. Nous avions déjà signalé cette tendance à propos du livre Jean-le-Conquérant dEdgar Monteil (1888, PH 12/240).Bel état intérieur, très peu de rousseurs.Rare réunion des deux volumes en plat historié.Exemplaires superbes.
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