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GHIKA (prince Nicolas D.). Cinq mois au pays des Somalis .

GHIKA (prince Nicolas D.). Cinq mois au pays des Somalis .

SKU : 9501360
500,00 €Prix
Paris, Nancy, Berger-Levrault et Cie, 1898, gr. in-8 (27,5 x 18,5 cm), percaline crème, bords biseautés. Au premier plat, noir, un lion en arrêt, pattes posées sur une roche sommitale dominant le paysage environnant, une touffe de cactus derrière lui. Second plat muet, au dos titre et fleuron noirs, tranches non rognées, (2)-VI-223-(1) pp. ¦Édition originale illustrée de 27 photographies hors texte de l'auteur (dont deux portraits, de lauteur et de son père) et d'une carte dépliante sous pochette.Suivi de « La faune somalie » et d'une liste des plantes décrites par G. Schweinfurth et G. Volkens.Cette édition (imprimée par W. Kündig à Genève) a été publiée par Georg à Bâle et Genève et diffusée en France par Berger-Levrault, avec une page de titre propre à cet éditeur.Le prince Nicula? D. Ghica (ou Ghika) est fils de Dimitrie Ghica-Comãne?ti (aussi connu sous le nom Demeter Ghica, Ghica Comãne?teanu, ou Prince Ghica de Roumanie, 1839-1923), explorateur roumain, chasseur célèbre, aventurier et politicien. La famille Ghica remonte au début du XVIIe siècle.Le père et le fils ont fait ensemble des expéditions dans lest de lAfrique. En tant que chasseur, le père était aussi préoccupé de science : il fit des découvertes botaniques et rapporta des spécimens pour le Musée dhistoire naturelle de Bucarest. Son fils Nicolas Ghika-Comanesti la accompagné entre octobre 1895 et mars 1896, pour explorer la Somalie britannique, puis fit des voyages personnels en Afrique du Nord, au Sahara (1899), au Canada et en Alaska en 1910.Il est lauteur de ce livre de souvenirs de chasse et dexploration dune région encore peu connue à la fin du XIXe siècle, complété déléments sur la faune et la flore du pays.Comme souvent, la justification fournie de ces voyages et de ces aventures cynégétiques est la suivante, fort classique : « Notre but était avant tout déchanger pour quelques mois la monotonie de la vie civilisée contre les émotions, les aventures et les dangers dune expédition dans un pays peu exploré ou inconnu : sous ce rapport, notre programme fut bien rempli. » On parlait jadis de guérir son spleen ou sa neurasthénie et cela na guère changé aujourdhui !Les animaux chassés sont : rhinocéros, zèbre, éléphants, lion et lionnes, panthère, phacochère, girafe, crocodile.Aujourdhui, ce livre a un intérêt documentaire sur les mœurs cynégétiques dun temps dabondance, où les animaux dAfrique nétaient pas en voie de disparition et dextinction et où lAfrique soffrait, généreuse, comme un gigantesque terrain de chasse sans limite.Tandis que plusieurs photos du livre montrent des paysages et des indigènes, aucune dentre elles ne montre un animal vivant ou au milieu de son habitat : on est aux antipodes de nos critères en matière de livre animalier, et à lopposé de nos modernes conceptions résumées dans lexpression « safari photo » !Les termes que nous avons employés pour évoquer un ouvrage similaire sont parfaitement adaptés à ce livre. Que lon se reporte à notre notice sur le livre de H. Decaux, Chasses en Abyssinie (Delagrave, 1905, PH 5/89), où lon mentionnait aussi le classique de Jules Gérard, La Chasse au lion (Michel Lévy, 1874, PH 31/589) : à cette époque, le chasseur de fauves était considéré comme une sorte de héros, courageux voire intrépide, parfois imprudent car il pouvait y laisser la vie. Mais les êtres les plus dangereux ne sont-ils pas les tribus et indigènes hostiles qui sattaquent aux expéditions ?Lauteur mentionne aussi le peuple Galla, qui a fait lobjet dun ouvrage de Martial de Salviac, Les Galla, dits dorigine gauloise (Oudin, 1901, PH 4/75), mystérieux peuple de cette région, ennemi du peuple des Somalis.Pour un ouvrage descriptif sur les animaux du monde et de lAfrique en particulier, on consultera celui de Carl Vogt, Les Mammifères (1884, PH 19/376) ou, plus récent, et surtout illustré de nombreuses photographies, celui dirigé par Charles J. Cornish, Les Animaux vivants du monde (Flammarion, 1902-1903, 2 vols., PH 23/436), dont le programme est résumé dans son titre !Et pour un ouvrage où les animaux sont vus sous un jour comique, familier et affectueux, il ne faut pas manquer feuilleter Souvenirs dun hippopotame de Georges Trémisot (Delagrave, 1914, PH 28/539), à destination des lecteurs jeunes et moins jeunes, où tous les animaux de la jungle forment une sorte de grande famille ou de fratrie, hiérarchisée, sous lautorité du roi des animaux.Sans oublier les fables animalières de La Fontaine, dont nous avons vu en plat historié de magnifiques éditions comme celle publiée par Mame et illustrée par Auguste Vimar en 1897 (Fables, PH 13/258) ou celle illustrée par Benjamin Rabier (Fables, Tallandier, 1906, PH 26/497).Néanmoins, le livre du prince Ghika constitue un témoignage sur des mœurs pas tout à fait révolues : quon se rappelle, il ny a pas si longtemps, ce chasseur américain ayant posté des photos de ses exploits sur internet et qui fut assailli de réclamations indignées de la part des internautes sur les réseaux sociaux, qui réagirent violemment devant une telle attitude triomphale, déplacée en notre époque de protection de la faune et de la nature.Bien complet de la magnifique carte de l« Expédition Ghika au pays des Somalis », faite daprès les relevés du prince Démètre Ghika par le professeur Dr Philipe Paulitschke, imprimée par lEtablissement cartographique Th. Bannwarth, Vienne, Autriche.Très bel exemplaire.
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