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GORON (Marie-François). Mémoires de Poum, chien de police .

GORON (Marie-François). Mémoires de Poum, chien de police .

SKU : 9500851
750,00 €Prix
Paris, Librairie E. Flammarion, 1913, gr. in-8 (28 x 19,5 cm), percaline violine, bords biseautés. Au premier plat, vignette polychrome et dorée (portrait du chien Poum, berger allemand, de profil) dans un encadrement noir. Au second plat, initiales de l'éditeur en noir (EF), au dos, vignette dorée (tête de bouledogue), titre doré, tête dorée, (4)-393-(3) pp. ¦Édition originale (et unique) illustrée de 47 dessins, dont 18 compositions hors texte par Marin Baldo. Lorsque le livre paraît, la question du chien policier fait l'actualité depuis quelques années : "dès 1908, par l'intermédiaire de clubs privés qui opérèrent des sélections successives, le chien de police, berger allemand, eut une existence officielle" (revue L'Histoire, 1989). "Le chien de police doit être vigoureux, mais léger. Notre chien de berger de Beauce et de Brie rendrait, dans ce sens, d'excellents services. Actuellement, c'est le chien de berger allemand qui est le meilleur et le plus employé" dit Pierre Morel (La Police à Paris, 1907). Les chiens de police ont aussi été utiles pendant la guerre. "Il y a deux variétés de chiens de police : la variété belge et la variété allemande. Très fameuses l'une et l'autre, elles se valent, ma foi ; et chose étrange, elles ont été employées conjointement par les armées belges et françaises dans la dernière grande guerre, où elles ont rendu d'immenses services pour l'expédition des messages et le secours des blessés" (Le Naturaliste canadien, 1922). Poum est un berger allemand abandonné, recueilli en Alsace. "Il lui arrive, comme aux enfants abandonnés, toutes sortes d'aventures et de mésaventures. C'est d'abord un bûcheron qui le recueille, puis il passe aux mains d'un garde-chasse, d'un marchand de boeufs chez qui il est volé par des saltimbanques. Il devient un chien savant au prix du triste apprentissage que le métier comporte. Confié aux soins d'un sous-officier de cuirassiers", M. Simard, organisateur de la brigade des chiens de police en France, "Poum fait rapidement ses classes de chien policier et bientôt il débute, non sans éclat. Les sauvetages de noyés ne sont pour lui qu'un jeu, il en fait voir de dures aux voleurs et aux apaches de tout poil, mais à leur tour les apaches se vengent. Et dans un combat acharné", Poum est mis à mal. Blessé par le revolver d'un malfrat, il trouve encore la force de sauver un bébé de la maison incendiée. "Boiteux, mais couvert de gloire, Poum se retire du service avec la médaille, et se met à écrire ses amusants mémoires pour notre plus grande joie." (La Revue de Paris, 1913). Marie-François Goron (né à Rennes, 1847-1933), a servi dans l'infanterie de ligne, l'infanterie de marine et dans les tirailleurs algériens (campagne du Mexique (1865), campagne de 1870 aux tirailleurs algériens, armées du Rhin, de la Loire, de l'Est ; sous-lieutenant de réserve et capitaine territorial). En 1871, il entre à la Préfecture de police, gravit les échelons, devient commissaire, puis chef de la police de sûreté de Paris de 1887 à 1894. A ce titre, il est en charge des plus célèbres affaire de cette période : affaire Pranzini, la malle à Gouffé, affaire Altmayer (escroc notoire), affaire des décorations, de Panama, etc. "Il fonda en 1896 un cabinet de détectives privés qui connut une renommée européenne" (Keunings, Des polices si tranquilles, 2009). Surtout, à partir de 1897, il se mit à rédiger ses Mémoires, pour le grand quotidien de Fernand Xau, Le Journal, au public avide de faits divers sensationnels, qui furent immédiatement publiés (en quatre volumes) chez Flammarion, qui sera son éditeur habituel. Il poursuivit dans cette veine de révélations scandaleuses avec L'Amour à Paris (1899, 4 vol.), Les Mystères de la Tour Pointue (études policières, 1900, 3 vol.), Fleur de bagne (1901, 3 vol.), Nuits rouges (1910, 2 vol.), etc. Plusieurs de ces livres ont été réédités récemment : L'Amour criminel (Bruxelles, 2010, préface de Jean-Marc Berlière ; Fleur de Bagne (2012, 3 vol., présentation de Jean-Daniel Brèque). Jean-Emile Néaumet s'est inspiré des divers ouvrages de Goron pour retracer sa carrière : Un flic à la Belle époque : anarchistes, assassins mondains et scandales politiques (Albin Michel, 1998). Les aventures de Poum sont probablement basées sur diverses affaires réelles. Par exemple, en 1907, Le Correspondant raconte comment un chien policier aide à identifier l'assassin d'une fillette parmi le personnel d'une maison, en Allemagne, simplement en restant enfermé quelque temps dans la chambre du crime. Mais Goron écrit pour un public juvénile, avide d'aventures et a soin d'enrober ses péripéties dans une trame feuilletonesque que les lecteurs suivront sans peine, en s'identifiant au chien-narrateur. Le thème du chien-détective est d'ailleurs fort ancien dans la littérature, ce qui a é té remarqué par Régis Messac (Le Detective Novel et l'influence de la pensée scientifique, p. 481 ; cf. aussi Y. Olivier-Martin, "Crimes et chiens", Le Rocambole n°34-35, p. 306). Marin Baldo est un dessinateur d'origine espagnole qui a peu oeuvré en France. Il a fait des dessins d'actualité pour la presse illustrée internationale comme Le Journal illustré et l'Illustrated London News, et illustra quelques romans pour Flammarion, tels Le Fulgur de Paul de Sémant (1907, plat historié), Bruges-la-Morte de G. Rodenbach (1910) et L'Amour en Italie de Paul Heyse (1911). Il participe aussi à l'illustration de Petite Nagua de F. Méaulle et de L'Homme aux yeux de verre de Rossi et Méaulle (1892, cf. PH 4/77). Bel exemplaire.
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