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GOSSOT (Emile) [LESCURE (Adolphe de)]. Jeanne Darc, l'héroïne de la France .

GOSSOT (Emile) [LESCURE (Adolphe de)]. Jeanne Darc, l'héroïne de la France .

SKU : 9500682
650,00 €Prix
Paris, Librairie Ducrocq, [1894], gr. in-8 (27,5 x 19,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, noire, or et argent, la Pucelle en armure, étendard en main, s'élançant à cheval dans les rues d'Orléans, au milieu des passantes (d'après l'ill. et la scène p. 110). Au second plat, encadrement de motifs géométriques et médaillon central, au dos portrait doré et argenté sur fond noir de Jeanne sur un piédestal, auréolée, armée d'une lance et d'un bouclier, tr. dorées (Lachtchiver, graveur), XVI-488 pp. ¦Ouvrage orné de douze gravures sur bois par Léopold Flameng.Préface d'Émile Gossot. Ce livre pose un problème curieux, l'éditeur n'ayant pas jugé utile d'en mentionner l'auteur ! On se demande pourquoi, car il n'est pas difficile à découvrir. Trois indices irréfutables nous aident : le titre avec la graphie "Darc", l'éditeur lui-même et l'illustrateur. Ces trois éléments nous indiquent qu'il s'agit de la réédition du livre du même titre (Darc orthographié de même), paru chez le même éditeur (en 1866) avec les mêmes 12 hors texte de Léopold Flameng. L'édition de 1866 est signée par M. de Lescure (Adolphe Mathurin de Lescure, 1833-1892). On ne comprend pas, dès lors, que le catalogue de la BNF attribue l'édition de 1895 à Aimé Giron, erreur manifeste. L'ouvrage de Lescure est bien entendu répertorié dans la bibliographie de Jeanne d'Arc par Lanéry d'Arc, avec un long commentaire de presse contemporain. On peut simplement constater que M. de Lescure était mort depuis trois ans lorsque cette nouvelle édition a paru, et que l'éditeur lui a ajouté une préface d'Émile Gossot (né en 1822), professeur au lycée Henri IV puis au lycée Louis-le-Grand, auteur de quelques livres sur l'histoire de l'enseignement. Aimé Giron n'a rien à voir dans cette édition. Tout au plus peut-on remarquer qu'il a publié un livre chez Ducrocq en 1889, Le Sabot de Noël, illustré par Léopold Flameng, ce qui explique peut-être la confusion commise par la BNF. Par contre, M. de Lescure a écrit plusieurs biographies pour Ducrocq, après Jeanne Darc : Napoléon et sa famille, 1769-1821, étude historique, politique et morale (1868, 12 gravures sur acier, d'après A. Dumaresq et Léopold Flameng), Marie Stuart (1871), Henri IV, 1553-1610 ( 1874), François Ier, 1494-1547 (1878), Les Deux France, histoire d'un siècle, 1789-1889, récits d'une aïeule centenaire à ses petits-enfants (1889). Sa Jeanne Darc connaît une troisième édition en 1875 (précédé de deux lettres de Mgr Darboy et de Mgr Dupanloup). Le livre de M. de Lescure est l'une des nombreuses biographies de Jeanne d'Arc publiées au XIXe siècle lorsque l'héroïne devint un emblème national, revendiquée par des factions politiques opposées (républicains ou conservateurs). On peut parler d'une bataille autour de Jeanne d'Arc, où les catholiques marquèrent des points, en obtenant sa béatification en 1909 puis sa canonisation en 1920. La République française laïque y répondit en décrétant fête nationale officielle le dimanche suivant le 8 mai. Le témoignage de Charles Péguy (1914) est à ce titre éclairant. On sait que Jeanne d'Arc est un personnage central dans son œuvre, depuis sa pièce Jeanne d'Arc en 1897 jusqu'à Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, en 1910-1912. Péguy constatait, en 1914 : « Si, jusque vers 1891 environ, les volumes laïques, d'inspiration républicaine et patriotique, contestent la suprématie de la littérature édifiante sortie des officines catholiques Mame à Tours, Mégard à Rouen, Lefort à Lille, Ardant et Barbou à Limoges on observe, à partir de 1894, une sorte de mainmise presque exclusive de l'édition catholique sur la mémoire johannique. Comme si la promotion religieuse de Jeanne en 1894 qui entraîne désormais sa glorification rituelle par la Bonne Presse avait presque aussitôt provoqué de la part du monde laïque une sorte de décrochage bibliographique. Je constate notamment qu'entre 1895 date de la publication chez Ducrocq de Jeanne Darc, l'héroïne de la France, avec une préface d'Émile Gossot, superbe livre de prix et d'étrennes, plutôt réservé, du reste, aux enfants de la bourgeoisie qu'à ceux du peuple et 1914, je ne relève qu'un seul livre de lecture et de prix d'esprit laïque : Jeanne la bonne Lorraine par Jean-Baptiste Coissac, édité par Larousse en 1914 dans la collection Gestes héroïques de la douce France » (cité dans L'Amitié Charles Péguy, vol. 21, 1998). Ex-dono 25 octobre 1894.
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