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GUIMET (Emile). Promenades japonaises. Tokio Nikko

GUIMET (Emile). Promenades japonaises. Tokio Nikko

SKU : 9501342
750,00 €Prix
Paris, G. Charpentier, éditeur, 1880, gr. in-8 (28,5 x 22,5 cm), percaline rouge. Au premier plat, noir, bleu et argent, composition japonisante, tenture, paravent, lampion, jarre en rotin contenant un bouquet de fleurs, pot contenant des pinceaux, sur un fond de cartouches verticaux en quinconce portant trois caractères japonais (‘å dai = grand, “ú–{ nihon ou nippon = Japon, signifiant « Grand (Empire du) Japon »), séparé par lemblème de lempereur, le sceau (kiku no gomon) représentant des pétales de chrysanthèmes, motifs répétés sur toute la surface du second plat (mais seulement en noir et sans les cartouche dencadrement argentés du premier plat), ainsi qu'au dos, qui comprend en outre trois cartouches pour l'auteur, le titre et l'éditeur, tr. dorées (A. Souze, graveur, A. Lenègre, relieur), (4)-288 pp. ¦Édition originale illustrée de 140 dessins par Félix Régamey, dont 2 aquarelles hors-texte (une en frontispice, lautre p. 193), 6 hors-texte en noir, la page de faux-titre et celle de titre illustrées et imprimées en rouge et noir, 24 lettrines, une tête de chapitre, un cul-de-lampe (éventail), 31 à pleine page et 72 in-texte. Le premier ouvrage décrivait les premiers jours du voyage : séjour à Yokohama, visite de lîle sacrée dEnoshima et une soirée au théâtre. Le second volume prend la suite du circuit : « le 2 septembre 1876, Guimet et Régamey quittent Yokohama pour Edo (ou Yedo), qui sera rebaptisée Tokyo, la « capitale de lEst » à vingt-cinq kilomètres de Yokohama, accessible par chemin de fer. Là, les deux voyageurs font la connaissance du peintre et caricaturiste Kawanabe Kyôsai (1831-1889), avec qui Régamey engage une joute picturale. Une semaine plus tard, ils se rendent au temple de Nikko perdus dans la forêt. Ils assistent à une cérémonie religieuse en leur honneur et Guimet peut obtenir dun supérieur religieux une foule de renseignements sur la secte bouddhique qui gère un des temples. Fin septembre ils retournent à Tokyo, où le récit sinterrompt.La narration de la seconde partie du séjour aurait dû se poursuivre dans deux volumes supplémentaires qui ne virent jamais le jour : la route de Tokaido et Kyoto et Kobe. On ignore la raison de cette interruption, Guimet pouvant très bien financer la publication de ses ouvrages. Il est vrai que la maison Charpentier allait se convertir à la littérature naturaliste mais ceci ne suffit pas à expliquer cet arrêt.« Au cours de son voyage au Japon, Guimet pérégrine avec la simplicité dun moine. Il se livre à ce quil découvre, ce qui le touche, ce quil rencontre. Il nest pas bouddhiste par vocation mais se rapproche de lessence de la doctrine de Bouddha. Sil porte en lui les valeurs bouddhiques dépositaires de spiritualité et daltruisme, son expérience mystique trouvera un écho après son expérience japonaise, dans son humanisme, sa générosité et ses nobles sentiments (…) Mais Guimet ne doit pas perdre de vue ses collections. Au Japon, il ne cesse de collecter, afin de rapporter un panthéon religieux unique en France déjà élaboré dans son imagination, et qui deviendra réalité et sa raison de vivre. Dans chaque ville, il sélectionne, marchande, achète, selon ses « coups de cœur », un nombre impressionnant dobjets de culte et de documents, ce qui ne lempêche pas de « bibeloter » dans les petites échoppes de soierie et de curios. Il songe à la bibliothèque de son futur « musée des religions orientales » et ne néglige pas lachat dun lot douvrages complets et importants dans les domaines des religions et de la linguistique ».« Le voyage dans larchipel nippon sachève vers le 3 novembre 1876. Guimet et Régamey sembarquent dans le port de Kobe pour la Chine maritime. Destination : Shanghai. Le séjour au Japon aura duré près de onze semaines. Guimet naura de cesse de faire connaître à son entourage ce quil a appris ; il aura toute sa vie pour cela. Au retour de son patron, lusine de Fleurieu adoptera des coutumes nippones et deviendra presque japonaise ! Guimet, impressionné par les règles de préséance pratiquées dans larchipel, instaurera, avec un grand sérieux, le rituel de la salutation à la japonaise entre dirigeants et ouvriers, ces derniers devant sincliner selon les règles, plus longuement que leurs supérieurs. Unr pratique peu courante dans les usines en France en 1877 ! », conclut Hervé Beaumont (Les Aventures d'Émile Guimet (1836-1918), un industriel voyageur, 2014).Quant à Félix Régamey (1844-1907), nous avons présenté cet artiste dans le Bulletin Le Plat historié n°38, spécial Alsatica, p. 3. Frère de Frédéric Régamey, illustrateur dalsatica, tous deux sont les fils du peintre Louis Régamey (1814-1878).De lAlsace au Japon, les deux frères ont fait le grand écart artistique !Nous présentons les deux volumes dans deux couleurs différentes, formant une très belle paire de plats historiés aux contrastes chromatiques attrayants.Bel exemplaire.
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