top of page
HAUFF (Wilhelm). Contes merveilleux.

HAUFF (Wilhelm). Contes merveilleux.

SKU : 9501014
450,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, 1890, gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline rouge. Au premier plat noir, vert, or et argent, le sultan Saoud invoque la fée Adolzaïde, sortie du tronc d'un cèdre, tendant deux coffrets au sultan : "Prends ces deux coffrets, fais-en choisir un à chacun de ceux qui prétendent être ton fils" (p. 134 et ill. p. 137). Encadrement à gauche (collier de perles entourant une frise de pierreries), et en bas (bandeau formé de joyaux). Au second plat encadrement noir, au dos reprise du motif latéral, titre sur cartouche doré, tr. dorées (A. Souze, graveur), 400 pp. ¦Édition illustrée de 38 gravures hors-texte, la plupart non signées, certaines portant des noms de graveurs allemands (Goebel, Muller, etc.). Réunion de trois contes par mi les plus célèbres de l'auteur, "La Caravane", "Le Cheikh" et "L'Auberge du Spessart", extraits de ses trois principaux recueils. Wilhelm Hauff, mort à 25 ans (Stuttgart, 1802-1827) a eu le temps de composer une oeuvre qui l'a rendu célèbre en Allemagne . Préromantique influencé par Jean-Paul, Hoffmann, Tieck et les frères Grimm, il écrivit un roman historique à la manière de Walter Scott, Lichtenstein (1826), des Nouvelles et des Contes, d'inspiration européenne ou orientale, renouvelant habilement ceux de ses prédécesseurs. Ses contes orientaux sont célèbres et appréciés, comme le souligne le compte-rendu d'une de leurs premières traductions françaises, parue à Genève en 1836 : "Il y a longtemps que les conteurs de tous pays taillent, dans le vaste Orient, des fables merveilleusement romanesques ; mais l'étoffe est large (...). Avec les grandes barbes, les caftans, les chameaux et les sorbets, il y aura toujours moyen de bâtir un récit pittoresque : immense privilège. Les moeurs, les habitudes orien tales prêtent à elles seules à la fiction de chaudes et vives couleurs, que notre vie extérieure de populations européennes serait bien impuissante à fournir avec une aussi brillante profusion. La caravane qui traverse le désert avec ses pèlerins, ses opul ents marchands et son escorte d'Arabes, est bien d'un autre aspect que la diligence Laffitte et Gaillard, roulant sur un pavé de village, et portant dans ses tristes flancs une collection de dormeurs en bonnets de coton, et les pieds dans de triples chauss ettes. L'heure du repos venue, la caravane fait halte sous un bouquet de palmiers, pose ses tentes ; les cavaliers arabes, avec leurs lances, regardent à l'horizon si quelque signe n'annonce point les approches du simoun ou des brigands du désert ; les voy ageurs croisent leurs jambes sur leurs tapis de Perse, et fument dans leurs narguilés. Quel coup d'oeil ! Et pourquoi ces gens n'auraient-ils pas de merveilleuses aventures à se raconter tour à tour ? (...). L'Orient d'ailleurs est la terre des merveilles et des talismans, et l'humanité a un faible pour les talismans. C'est pour toutes ces raisons que [ce volume] est réellement fort amusant (...) ces petits contes ont de la grâce, du charme, et une gaîté aimable qui rappelle ici et là, de loin, il est vrai, ces adorables folies d'Hamilton, qu'on n'a jamais lues sans rire ; mais c'est beaucoup de rappeler, fût-ce de plus loin encore, le classique de l'esprit précieux et de la frivolité élégante." (Bibliothèque universelle de Genève, 1836). Les premières t raductions françaises datent de 1832 et 1834, mais ses recueils de contes les plus connus sont ceux traduits (et adaptés) plus tard par Amédée Tallon pour la Bibliothèque rose d'Hachette, illustrés par Bertall : L'Auberge du Spessart (1857) et La Cara vane, contes orientaux (1861), souvent réédités. Bien que nombreuses, ses traductions, éditions et adaptations françaises ne font pas de lui le conteur allemand le plus connu dans notre langue. Il faut attendre 2002 pour voir paraître une édition complète en un volume de tous ses Contes, chez Actes Sud. L'édition Mame est vantée en ces termes en 1890 : "Contes merveilleux : on ne saurait mieux dénommer le livre de W. Hauff, traduit par M. Louis de Hessem. Produit allemand, mais quelle imagination méridi onale chez l'auteur ! En lisant ces contes, on se croirait, le plus souvent, transporté en plein pays des Mille et une Nuits, grâce aux sultans, aux vizirs et aux enchantements de toutes sortes. De temps à autre, toutefois, à la suite de MM. Hauff et de Hessem, on fait des incursions dans la patrie des vieux burgraves où, pour changer de genre, le fantastique n'en est pas moins saisissant. Tragiques, comiques, fabuleux, féeriques, tels sont ces Contes merveilleux d'où la licence est absolument bannie et où la saine morale trouve son compte. Belle illustration, cadeau d'étrennes enviable." (Polybiblion). C'est parfaitement exact : la couverture de Souze est, encore une fois, un chef-d'oeuvre. Elle fait partie de cette courte série, réalisée surtout pou r Mame, avec la collaboration de Souze fils. Ces plats historiés marient l'or et l'argent avec le vert et le noir, dans un style unique que la polychromie (qui s'imposera par la suite avec Paul Souze), ne saura faire oublier. L'un des plus beaux cartonna ges sorti des ateliers Mame, et peu courant. Pâles rousseurs. Très bel exemplaire.
bottom of page