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HERVILLY (Ernest d') . Trop grande . Roman de jeune fille .

HERVILLY (Ernest d') . Trop grande . Roman de jeune fille .

SKU : 9501776
450,00 €Prix
Paris, Charavay, Mantoux, Martin, [1890], in-4 (32,5 x 24,5 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, or et polychrome, une jeune fille, Hélène, cueille sur un arbuste des fleurs qu'elle met dans un panier (d'après la page de titre). Au second plat, grecques d'encadrement noir, au dos branche fleurie, tr. dorées (A. Souze, graveur, A. Lenègre & cie, relieur), (8)-240 pp. ¦Édition originale illustrée de 84 gravures en noir par Mars (dont 19 lettrines), et deux pages d'envoi et de titre en couleurs.Lauteur donne le ton, dès la couverture et la page de titre, en annonçant quil propose un « Roman de jeune fille », ce que du reste le plat historié confirme en représentant lhéroïne, Hélène, orpheline de 18 ans recueillie depuis son enfance par son beau-père, Désarnois, suite à un second mariage. Or, depuis ses 2 ans, Hélène a toujours été déclarée comme « trop grande » pour son âge (on la désigne dédaigneusement comme « la fille à lObélixe » (sic) ou « Mademoiselle Tour-Eiffel »), et lorsquil faut lui trouver un mari, cela pose un problème, que son beau-père entreprend de résoudre, bien quil soit paralysé et cloué dans son fauteuil.Chez Charavay, ce livre est paru en même temps que Simplette de Fernand Calmettes (PH 53-951), Droit au but de Louis Mainard (PH 48-860) et LAvenir dAline dHenry Gréville.Le chroniqueur de L'Intransigeant, H. Ayraud-Degeorge, écrit à leur propos (31 décembre 1890) : « Par les sujets quils traitent, ces ouvrages se rattachent à la littérature de récréation ; mais, par leur incontestable valeur littéraire, par lélégance de leur parure, par leur perfection typographique et par la richesse de lillustration, ils sont dignes de prendre place dans la série des ouvrages de luxe auxquels cet article est consacré bien quils soient dailleurs, dun prix très abordable. Ces quatre volumes sont quatre romans ou, si lon aime mieux, quatre œuvres dimagination, quatre récits dune haute et pure morale, écrits en vue des adolescents de douze à dix-huit ans, et qui peuvent, nous dirons mieux, qui doivent être mis entre les mains des jeunes filles. Cest à elles surtout que sadresse le délicieux conte dErnest dHervilly : Trop grande, et cest avec raison que le maître écrivain a écrit en sous-titre : Roman de jeune fille. Mars, le plus parisien des dessinateurs, linimitable Mars a, de son crayon épris des élégances féminines, tracé la charmante silhouette dune foule dagréables misses qui, certes, nont pas toutes le défaut assez excusable dêtre « trop grandes ».Un autre chroniqueur ajoute : « Ernest d'Hervilly, dont je parlais dernièrement au sujet de LIle des Parapluies, appartient à cette catégorie ; il s'est voué aux livres d'étrennes, et il en publie un peu partout. Le volume, que je vais vous présenter : Trop grande, est de lui. C'est un très amusant récit, illustré par Mars, dans lequel nous faisons connaissance avec une ravissante personne répondant au nom d'Hélène, que sa haute taille rend la plus malheureuse des femmes. Jolie comme un cœur, Hélène pourrait prétendre aux plus brillants partis, mais les amoureux reculent devant cet immense manche à balai qui les rendrait la risée de tout le monde ; aussi la pauvre enfant courrait-elle le risque de mourir dans la peau d'une vieille fille si son cousin Raymond ne se décidait à l'épouser. » (C. dAmezeuil, La Mode de style, 24 décembre 1890).Et Albert Cim de préciser, de son côté : « Le malheur d'être « trop grande », de s'entendre comparer à une asperge montée ou à une rose au bout d'un échalas, appeler girafe, obélisque ou tour Eiffel, Mlle Hélène le connaît, hélas ! Dès le bas âge, dès sa naissance, elle était déjà « trop grande » ; et aussi loin qu'elle se souvienne, elle se voit montrée au doigt par les polissons des rues, elle surprend sur son passage des sourires d'étonnement ou de pitié. Vous devinez quen vertu de la loi des contrastes, Hélène est prédestinée à faire choix d'un fiancé lilliputien, à épouser un tout petit bout d'homme. » (Le Radical, 16 décembre 1890).Le Polybiblion chronique également en détail ce roman destiné à la jeunesse, relevant des « romans pour dames et jeunes filles » quil doit évaluer pour ses lecteurs :« Comment Hélène, qu'on appelle Trop grande, à cause de sa taille peu commune, n'épouse pas son bon ami Walter Jendisson, dont la taille sappareillerait bien à la sienne, et donne sa main et son cœur à Adolphe Gérard, qu'on pourrait appeler « Trop petit », voilà toute l'histoire que M. Ernest d'Hervilly nous raconte. On le voit, la trame est légère, mais que de spirituelles et charmantes broderies sa main alerte a su y faire courir ! Cest surtout par le détail que vaut ce livre, plein de verve, dhumour et de fantaisie. Le crayon de Mars est digne de la plume de M. dHervilly : à eux deux ils ont fait un très amusant, très piquant, et, ce qui ne gâte rien, un très beau livre. » (Polybiblion: revue bibliographique universelle, 1890, p. 496).Comme le dit C. dAmezeuil, Ernest d'Hervilly (1839-1911) sest spécialisé dans les livres détrennes. On a déjà décrit de cet auteur de nombreux plats historiés, dont, chez le même éditeur : Seule à treize ans (Charavay, Mantoux, Martin, 1893, PH 35-658), ainsi que : Les Bêtes à Paris (Launette, 1885, PH 29-550), Héros légendaires (Lemerre, 1889, PH 40-738), Les Chasseurs dédredons (Jouvet, 1896, PH 5-92), A cocagne (Lemerre, 1898, PH 30-570), Au bout du monde (id., 1898, PH 31-591).Quant à lillustrateur Mars (1849-1912), cette commande quantitativement importante lui a été très bien rémunérée (selon Emmanuel de Bonvoisin qui avance la somme de 4000 fr. dans sa monographie sur Mars témoin de son époque, 1982, p. 198).Mars est plus connu pour ses albums de la vie mondaine ou pour la jeunesse, dans lesquels il excelle, publiés chez Plon avec des plats historiés (Aux bains de mer dOstende, 1885, PH 10-204 ; Compères et compagnons, 1887 ; Plages de Bretagne & Jersey, 1888 ; Aux rives d'or, 1890 ; La Vie de Londres. Côtés riants, 1894, PH 18-355, etc.). Il se plie à ce travail de commande, mais ce sera le dernier de sa carrière, étant peu fait pour travailler sous contrainte, bridant son inspiration, en dépit du bon résultat pour Trop grande et de « la joliesse de ses croquis » dit Emmanuel de Bonvoisin.Bel exemplaire.
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