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KOENIG (Marie) . Poupées et légendes de France .

KOENIG (Marie) . Poupées et légendes de France .

SKU : 9500556
900,00 €Prix
Paris, Librairie Centrale des Beaux-Arts, [1900], in-8 (29 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, gravure dorée d'une poupée (d'après celle de la p. 96 reprise en page de titre : "Riche paysanne des environs de Mâcon"). Second plat muet, titre en long au dos, tr. dorées, VIII-156 pp. ¦Superbe ouvrage sur les poupées traditionnelles françaises. Préface de Maurice Bouchor. Illustré par Paul MATHEY (1844-1929) de 35 planches en couleurs hors-texte, dont une à double page, représe ntant des poupées dans des costumes régionaux : paysanne d'Auray, riche mariée de Plougastel, joueur de biniou de Bannalec, poupées ouessantines, de Coutances, du vieil Évreux, de l'île de Ré, du Quercy, du Velay, de Mâcon, de Haute-Savoie, en costume alsa cien, en maraîchère, etc. La double planche représente le chef des bouchers et le tambourinaire à la procession de la Fête-Dieu à Marseille. Toutes les poupées et leur costume sont décrits et accompagnés de poésies, légendes, chansons, etc. Marie Koenig est l'auteur de plusieurs livres pédagogiques à l'intention des écoles maternelles et primaires publiés par Jeandé, Hachette et Nathan de 1889 à 1913. Responsable du Musée Pédagogique de la rue Gay-Lussac (à l'École normale d'institutrices maternelles), el le y a fondé une collection de poupées, objet de ce livre, et dont quelques pièces ont été montrées à l'Exposition universelle de Paris en 1900 (où Mlle Koenig a remporté une médaille d'or). Elle a publié ensuite son Musée de poupées chez Hachette en 190 9. "Et comment le Musée pédagogique ne leur donnerait-il point asile ?", dit Maurice Bouchor des poupées de cette collection. "Ne sont-elles pas tout un enseignement ? Leurs costumes, auxquels on a travaillé dans toutes les écoles normales de jeunes fille s, et dans quelques autres écoles, ont exigé des couturières fort habiles ; ce sont des merveilles de goût ; et ce sont aussi de précieux documents, d'excellentes restitutions, de vraies traditions vivantes ; c'est un peu et même beaucoup de notre histoire , de notre légende, de nos rêves, de nos amours d'autrefois et de toujours..." "La belle collection de poupées exposées au Musée pédagogique, 41, rue Gay-Lussac, et visible tous les jeudis de une heure à cinq heures, appartient à l'État et fait partie d e l'exposition permanente de travaux de couture créée en 1890 par Mlle Marie Koenig, inspectrice de l'Enseignement. "L'exposition des travaux à l'aiguille et des ouvrages enfantins fut installée au début dans l'ancien appartement qu'occupait Mme Pape-Carp antier [1815-1878], lorsque l'immeuble abritait le cours normal des institutrices d'écoles maternelles. C'est dans ces pièces, consacrées par le souvenir de la femme d'élite qui les habita, que Mlle Marie Koenig installa ses premières collections, c'est-à- dire de vieux albums trouvés dans les salles du Musée et datant d'expositions antérieures à celle de 1889, albums de la Martinique, de Saint-Pierre, de New-York, du Japon, etc. "Mlle M. Koenig orna les murs et les armoires de ces riens en papier, en paill e, en perles, que les petits enfants édifient dans les écoles maternelles et dont elle a inventé tant de modèles charmants, mille fois copiés ; puis, ayant été avisée qu'une exposition des Arts de la femme [1892] devait s'ouvrir au Palais de l'industrie, à Paris, elle obtint la permission de demander à certaines écoles des ouvrages pour les exposer. La vitrine fut très regardée". Cette première exposition fut suivie d'autres qui eurent lieu en France et à l'étranger, à Chicago (exposition universelle, 189 3), Lyon (1894) et Rouen (1896), et la collection s'enrichit de nouvelles créations. "Lorsqu'elles revinrent à Paris, les journalistes accoururent pour les voir. L'un d'eux, du Figaro, M. Charles Dauzats, les découvrit le premier alors qu'elles arrivaie nt de voyage, au milieu de leurs malles à peine entr'ouvertes. Il comprit de suite la valeur de cette collection, ce qu'elle pouvait obtenir dans la suite, le joli élan patriotique qui avait poussé les directrices d'école, à vêtir si parfaitement ces fille s de France, les reliques précieuses que ces poupées allaient devenir pour l'histoire, l'artiste, le penseur lorsque tous ces délicieux costumes de notre vieux pays auraient disparu, et il écrivit un long article qui fit sensation dans la Presse. Le Solei l, le Temps, Le Petit Journal, Le Radical, L'Intransigeant, Le Petit Parisien, L'Éclair, La Fronde, Les Débats, La Patrie, La Presse, etc., enfin tous les journaux de toutes les nuances vantèrent cette collection comme un grand nombre de revues françaises et étrangères. Et depuis ce jour, les louanges ont continué de paraître au fur et à mesure que de nouvelles poupées arrivaient au Musée. Il y en a actuellement 460" (préface, 1909). Les poupées sont regroupées par catégories : historiq ues, paysannes, coloniales (Algérie, Kabylie, Comores, Inde, Tonkin, Madagascar) et étrangères. L'article de Charles Dauzats est paru dans Le Figaro le 30 décembre 1896, après un premier écho le 13 novembre. D'innombrables mentions sont publiées jusqu'e n 1915 dans ce journal pour tenir ses lecteurs au courant et de l'actualité et des activités du musée des poupées, des donations qui y sont faites (de poupées malgaches par Gallieni en 1904 et 1905) et du déménagement de la collection en 1913 vers le Troca déro. Cette collection pittoresque fut un centre d'attraction mondain et parisien très fréquenté. Le Figaro rapporte encore que la reine Tanavalo fit une visite au musée des poupées en 1910, y donna des pièces, avant de rejoindre son exil à Alger. Un art icle illustré d'une vue intérieure du musée de la rue Gay-Lussac a été publié dans Le Petit Français illustré (n°232, 7 mai 1904). Marie Koenig fit voyager ses poupées dans le monde entier, pour les présenter dans les expositions universelles, après cel le de Chicago (1893) et de Paris, elle les emporta à Saint-Louis (1903) ! Les collections et archives de Marie Koenig furent ensuite conservées au Musée national des arts et traditions populaires (transféré aujourd'hui au Musée des Civilisations de l'Euro pe et de la Méditerranée, à Marseille). Sur le sujet, on lira un article de Michel Masson, "La poupée, objet de recherches pluridisciplinaires" (Histoire de l'éducation n°18, avril 1983) et une étude sur le site Poupendol.com, "Les poupées de Marie Koen ig", par Hélène Bugat-Pujol (2004 et 2008). Voir aussi en plat historié La Poupée d'Édouard Pailleron (Calmann-Lévy, 1890, PH 24/464). Existe aussi en bleu marine et en vert émeraude. Un exemplaire du livre est conservé à l'Institut de France (car Mar ie Koenig fut lauréate de l'Institut), mais il est inconnu à la BNF, à la Bibliothèque de l'INRP de Lyon et à celle du Musée national de l'Éducation de Rouen. Bel exemplaire. Rare, surtout en bon état.
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