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LA FONTAINE (Jean de) et RABIER (Benjamin). Fables de La Fontaine.

LA FONTAINE (Jean de) et RABIER (Benjamin). Fables de La Fontaine.

SKU : 9501127
1 800,00 €Prix
Paris, Librairie illustrée, Jules Tallandier, éditeur, 1er déc. 1906, in-4 (32,5 x 26 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, encadrement animalier noir et or, en bas deux chauve-souris, à gauche un éléphant, à droite une girafe et un hippopotame, au centre, évidé, illustration de la fable "Le Loup et l'agneau", avec en vignette une cigale. Au second plat, vignette noir et or (logo de l'éditeur), au dos, chien lisant un livre, à l'or, tête dorée, (4)-315-(1) pp. ¦Édition originale illustrée par Benjamin RABIER de 310 compositions dont 85 en couleurs. Certaines fables ont été prépubliées dans Le Jeudi de la Jeunesse entre 1904 et 1906. "Publiées pour la première fois en 1906 et sans cesse rééditées depuis, les Fables de La Fontaine illustrées par Benjam in Rabier sont l'oeuvre maîtresse de cet artiste", dit Christophe Vital (Benjamin Rabier, 1864-1939 : La Vache qui rit et Cie, Historial de la Vendée, 2009). "Reconnaissons que le sujet s'y prête à merveille : quels autres textes auraient pu lui offrir u ne telle concordance avec son art de dessinateur animalier ? Pourtant, il faut alors à l'éditeur Jules Tallandier beaucoup de persuasion pour faire signer le contrat à Benjamin Rabier. Ce dernier est réticent devant l'ampleur de la tâche (deux cent trente- neuf fables illustrées chacune de quatre à six images !) que Tallandier lui présente comme une "oeuvre colossale", mais il est surtout impressionné, lui l'autodidacte, de s'attaquer à un tel monument de la littérature française et de succéder à des artiste s pour qui il éprouve une vive admiration : Chauveau, premier illustrateur des Fables, Grandville ou Gustave Doré. Néanmoins, peut-il refuser une telle proposition ? Non, car il sait qu'elle est une occasion unique pour un dessinateur animalier - même si un tiers des fables illustrées ne concerne pas les animaux -, et qu'elle peut lui offrir la reconnaissance qui lui manque encore". "L'objectif du projet consiste à illustrer pour des enfants des textes qui ne leur sont pas destinés mais qu'ils sont condu its à fréquenter, au moins dans le cadre scolaire. Pour y parvenir, Rabier va s'appuyer sur deux mots clefs : simplicité et variété. Simplicité du trait et variété des compositions. Si la lisibilité de ses dessins - de leur trait, "fermé", comme de leur mi se en couleurs - constitue déjà une des marques de l'artiste, il apporte un soin tout particulier à leur mise en scène, variant les découpages, les plans, les couleurs, les styles, tout en s'effaçant sans cesse derrière le texte." C'est ce qui frappe tous les lecteurs du livre, tel le jeune Georges Rémi, le futur Hergé : "J'étais émerveillé par la sûreté du trait, par la franchise des couleurs appliquées en aplat ; longtemps, j'ai considéré Rabier comme un sommet dans la création artistique, bien au-dessus de Rubens et de Rembrandt" (réponse à un questionnaire de Pierre Ajame, Les Nouvelles littéraires, juin 1963 ; cité par Benoît Peeters, Hergé, fils de Tintin, 2011). Rabier s'inscrit dans une longue suite d'artistes s'étant inspirés des Fables (voi r Gérard Gréverand, La Fontaine et les artistes, 2002). "Des illustrateurs comme Louis-Maurice Boutet de Monvel et Benjamin Rabier témoignent du glissement de La Fontaine vers le monde de l'enfance", suggère Marlène Lebrun (Regards actuels sur les Fabl es de La Fontaine, 2000), ce que confirment d'autres commentateurs, "L'illustration de Benjamin Rabier offre une approche encore très différente de la fable. Comme le souligne Alain-Marie Bassy, la technique de l'artiste emprunte à la bande dessinée. Elle s'adresse donc au public enfantin que concerne traditionnellement le genre et suit au plus près le déroulement dramatique du récit. Le texte est en effet cerné par les images qui racontent l'histoire en plusieurs séquences couvrant l'ensemble des vers. La situation initiale est résumée par le cartouche situé au haut de la page : la grenouille regarde d'abord le boeuf, enfermé dans un médaillon, et se propose ensuite de rivaliser avec lui. C'est du moins ce que l'on peut déduire de son doigt, pointé vers le gros animal, et de la multiplication des visages de batraciens" (Sabine Gruffat, Jean-Pierre Landry, L'Art du moraliste dans les Fables de La Fontaine, 2002). L'ouvrage n'est cependant pas destiné aux plus petits. Pierre Debray-Ritzen témoigne de ses l ectures d'enfance : "Un stade intermédiaire fut longtemps représenté pour moi par un gros La Fontaine avec illustrations de Benjamin Rabier. L'abondance anecdotique de celles-ci et une certaine vulgarité animaient opportunément ces fables, encore obscures pour moi. Surtout les dessins (coloriés toutes les trois ou quatre pages) rendaient crédibles, par leur physionomie, que les animaux fussent doués de parole. (Et même des choses, comme des pots de terre ou de fer). (...) Dans L'Oeil du maître, les boeufs avaient l'air épanoui de La Vache qui rit. Singe, dauphin, lièvre, grenouille, âne, chien, corbeau, renard, même cigale et fourmi, devenaient familiers. Et c'étaient finalement les hommes qui dans ce monde cruel avaient l'allure la plus étrange." (L'Us ure de l'âme, 1980). Embs et Mellot, p. 61. Alberelli, Benjamin Rabier, p. 78. Benjamin Rabier illustré (2003), p. 66. Calon, p. 109, 115-120. Exemplaire somptueux.
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