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LA GOURNERIE (Eugène de) . Histoire de Paris et de ses monuments .

LA GOURNERIE (Eugène de) . Histoire de Paris et de ses monuments .

SKU : 9501270
500,00 €Prix
Tours, Alfred Mame & fils, éditeurs, 1881, gr. in-8 (30 x 21,5 cm), percaline chagrinée rouge. Au premier plat, noir et or, blason de Paris, surmonté dune couronne de tours (associant les emblèmes de Paris et de Tours), encadré de branches de chêne et de palme, avec un ruban portant la devise Fluctuat nec mergitur, dans un cadre circulaire frappé de six petits cercles décoratifs dorés, le tout dans un encadrement géométrique avec le titre dans le caisson supérieur, le nom de léditeur dans le caisson inférieur, encadrés de filets noirs. Au second plat, encadrement de motifs géométriques noirs, au centre vignette circulaire de léditeur à la Tour, frappés de six petits cercles rappelant à ceux du premier plat mais en noir, au dos deux branches de palme dorées entrecroisées, tr. dorées, 400 pp. ¦Cinquième édition comprenant les derniers événements et les monuments nouveaux, illustrée de 8 pl. hors-texte dont 6 par Karl Girardet (gravées par Pannemaker) et 2 par E. Rouargue (gravées par A. Rouargue) et de 46 gravures in-texte ou à pleine page par Aug. Anastasi, Émile Bayard, H. Boetzel, Karl Clerget, Daubigny, Delannoy, Fichot fils, Foulquier, Lancelot, Lix, P. Phillipoteaux, V. Rose, L. Rousseau, gravées par A. Deroy, Hildibrand, Pannemaker, Pannetier, Ryckebusch, A. Sargent, Smeeton, Tauxier, E. Therington, Trichon.1re éd., Tours, A. Mame, 1852 ; 2e éd., 1854 ; 3e éd., 1860.Lhistorien et homme de lettres Eugène de La Gournerie (1807-1887) est lauteur de Rome chrétienne (Debécourt, 1843, 2e éd. 1858) et de Histoire de François Ier et de la Renaissance (Mame, 1847, 9 éditions jusquen 1896).« Présenter dans un tableau rapide les points saillants de l'histoire et de la physionomie de Paris, telle est la pensée qui a inspiré ce livre. Les volumes ne manquent assurément point sur notre grande capitale, les gros volumes surtout qu'on ne lit point ou qu'on lit peu. Ajoutons que le seul qui soit répandu dans le public, l'ouvrage de Dulaure, est un des livres les plus froidement systématiques et irréligieux de notre temps. (…) Dulaure passa sa vie à trier les documents. Ce n'est pas ainsi qu'on peut écrire un livre vrai. » (Préface).Le livre de Jacques-Antoine Dulaure (1755-1835), Histoire physique, civile et morale de Paris, parvenu à sa 6e édition après la mort de son auteur (Paris, Fume, 1837-1839, 8 vol.), avait en effet été revu, refondu et complété par L. Batissier, en 80 livraisons en l845-1846 sous le titre précisément de Histoire de Paris et de ses monuments, que La Gournerie réutilise à dessein pour son propre ouvrage, qui propose une approche différente.La Gournerie nest pas le seul à sen prendre à Dulaure, comme le remarque Christina Contandriopoulos dans une étude sur cet historien (« LHistoire changeante des origines de Paris », dans Lumières et histoire, 2010), rappelant les mots de Chateaubriand dans ses Études historiques : « Je ne sais comment classer M. Dulaure ; il fut connu avant, pendant et après la révolution. [... Ses écrits] sont remplis de faits curieusement choisis. ».La Gournerie se situe dans cette perspective en organisant son livre en deux parties : « Paris aux différents âges de son histoire » et « Histoire critique et anecdotique des monuments de Paris ». Il passe en revue les principaux édifices répartis en deux catégories (églises : Notre-Dame, Saint-Germain-lAuxerois, Saint-Merry, Saint-Eustache, le Val-de-Grâce, Saint-Sulpice, Saint-Augustin, etc. ; palais : les Thermes, le palais de justice, le Louvre, les Tuileries, le Luxembourg, le Palais-Royal, le palais Bourbon, etc.). Son propos est de restituer une histoire à la fois religieuse et politique de la ville au fil des siècles. Il participe ainsi des principes du catholicisme social défini par Christian Amalvi dans son article « Les livres dhistoire de la maison Mame, supports de la doctrine du catholicisme social, de 1830 à 1880 ? » dans Mame, deux siècles dédition pour la jeunesse (dir. Cécile Boulaire, 2012). Cette doctrine « défend lapplication intégrale des principes et des valeurs catholiques à lensemble de la société française pour la dégager de lornière où lont plongée les funestes idées de 1789. »Cest encore ce quexprime lauteur : « Dulaure avait assisté à cette Saint-Barthélemy de dix ans qu'on nomme la Révolution, cette Saint-Barthélemy des croyances, des traditions et des hommes ; et il en avait conclu que la civilisation datait précisément parmi nous de lère révolutionnaire. Il avait rencontré dans le passé des peuples féconds et énergiques dont le bon sens savait créer des institutions durables, et la foi des monuments sublimes ; et, en présence de nos catastrophes, en présence de nos monuments dessinés au calque, il s'était dit : « La France autrefois était ignorante et esclave ; ce nest que d'aujourd'hui qu'elle est savante et libre. » Il avait traversé, en remontant le cours des siècles, des calamités sans nombre, des passions, des pestes, des famines ; et il n'avait pas pris garde que la plus terrible des passions est celle qui nait du pervertissement réfléchi de la pensée ; il n'avait pas compris que, de toutes les famines, celle qui tue le mieux les peuples, ce n'est pas la famine du corps, mais la famine de l'âme lorsqu'elle n'a plus ni foi ni respect. »La Gournerie conclut : « Quant aux ouvrages d'érudition proprement dits, ils ont pour la masse des lecteurs le défaut trop habituel de disséquer au lieu d'animer. Nos villes, nos monuments sont cependant autre chose que des amas de pierres et des dépôts d'archives. Ils ont eu, à toutes les époques, une vie agitée et bruyante, une physionomie caractéristique et mobile. Pourquoi ne pas chercher à leur rendre cette physionomie et cette vie ? Je l'ai tenté du moins pour notre vieille Lutèce, comme je le tentais, en 1843, pour Rome. J'ai suivi, du point élevé des siècles, le panorama mouvant de son existence ; puis j'ai interrogé à part chacun de ses monuments ; j'ai voulu entendre la voix qu'il y a dans ces pierres. Au lieu de me borner à décrire les palais et les églises, j'ai tenu en outre à savoir quels étaient les saints et les grands hommes qui avaient prié dans ces églises, quels étaient les vertus ou les crimes qui avaient illustré ou souillé ces palais. Mon livre sera peut-être un peu court pour des érudits, un peu long pour des touristes : je loffre aux esprits studieux et jeunes comme je létais lorsque j'arrivai à Paris ; je l'offre à tous ceux qui, dans lart comme dans l'histoire, cherchent surtout des impressions et des souvenirs. »Exemplaire parfait.
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