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LABESSE (Edouard) et PIERRET (Henry). Voyage de famille (Région des Cévennes) .

LABESSE (Edouard) et PIERRET (Henry). Voyage de famille (Région des Cévennes) .

SKU : 9500423
350,00 €Prix
Paris, Librairie Ducrocq, [1894], in-8 (25,5 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, composition noire, dorée et au palladium, représentant un batelier manoeuvrant une barque à la perche pour remonter le Tarn (d'après les ill. pp. 53 et 69) bordé d'arbres, arrière-plan rocheux. Second plat frappé de fers d'angle floraux et d'un fer central, encadré de deux filets et listel, dos orné du motif "à l'éventail" de la Collection Ducrocq, tr. dorées (Lachtchiver, graveur), VIII-256 pp. (H205) ¦Édition originale illustrée de 75 (70 annoncées) vues et compositions de Léon FAURET, gravées par Pierre GUSMAN et F. MÉAULLE. Parmi les gravures : Castelbouc, différents aspects des Gorges du Tarn, cagnon de la Jonte, grotte à stalactites, grottes de Dargilan, Bramabiau, Païolive, Pont d'Arc (Ardèche), Dyke et château de Polignac, fontaine de Vals (Ardèche), Antraigues, Ventadour, château de Pourcheyrolles, Le Puy, etc. Nous suivons les Poinsot (charcutiers, rue Mouffetard) et leurs deux enfants, Émilienne et Auguste, se rendant en train à Mende dans les Cévennes, pour fêter leurs vingt-cinq ans de mariage. Il a d'abord fallu choisir une destination touristique parmi les sept merveilles de la France, dont les Gorges du Tarn, que M. Poinsot appelle "cagnon" (cañon), selon l'usage du temps. "On avait eu beau lui dire que cagnon est un mot espagnol signifiant canal, qu'un cagnon n'est qu'une gorge, il avait voulu en parcourir un. Il y avait tenu d'autant plus que, d'après sa fille, les cagnons des causses seraient les seuls d'Europe, que pour voir quelque chose de plus saisissant, il fallait aller en Amérique visiter celui du Colorado. C'était donc vers le cagnon du Tarn qu'il était en route avec sa famille. Émilienne avait combiné l'itinéraire du petit voyage qui, sous sa plume, était devenu un voyage passablement grand pour des gens disposant seulement des trente jours réglementaires d'un circulaire. Ce voyage comprenait, en effet, outre la promenade en bateau sur le Tarn, une petite course dans les causses et une excursion à travers les volcans du Vivarais, que Mlle Poinsot avait déclarés plus intéressant que ceux d'Auvergne." La jeune fille est en effet instruite, ayant obtenu le brevet supérieur. Elle est bien renseignée et a peut-être lu différents articles sur cette région dont on découvrait à peine les particularités. Ainsi, Louis de Malafosse écrit ("Les Gorges du Tarn", La Nature, 8 novembre 1884) : "Ces abîmes du Tarn entre les grandes causses, presque inconnus dans notre France il y a cinq à six ans ou n'ayant qu'une renommée localisée à la Lozère et l'Aveyron, ont ébahi les premiers voyageurs du Club Alpin que le hasard a attirés en ces parages. Leurs descriptions enthousiastes, qui ne trouvent pas de comparaison, dénotent leur surprise." Cela est si vrai que les gorges du Tarn ne sont guère décrites par Élisée Reclus dans le tome France de sa Nouvelle Géographie universelle (1877, pp. 408-09). Dix ans après, son frère Onésime en donne cette description, dans La France et ses colonies : En France (1887) : "Du pont ogival d'Ispagnac au pont du Rozier, le cagnon du Tarn a 52 kilomètres. Ce serait bien la caverne la plus grandiose d'Europe si quelque voûte, franchissant la fêlure, allait d'une oolithe à l'autre, de la dolomie de droite à la dolomie de gauche, et faisait des deux causses une seule et même neige en hiver. Mais, la voûte manquant, c'est, sous le soleil, un lumineux passage. On n'y frissonne pas aux vents aigus du causse. On y vit loin du Nord, éternellement abrités de lui, en serre chaude, avec le noyer, l'amandier, le figuier, le châtaignier, la vigne. Les rochers du Sauveterre tenant toujours debout, si ceux du Méjean chaviraient et que la mer montât jusque-là, Ispagnac, Prades, Sainte-Énimie, la Malène, seraient des villes tièdes comme celle de la Corniche, au pied de la montagne ardente. Cette chaleur, cette lumière, la joyeuse diversicolorité des roches, le Tarn si beau, les chastes fontaines, ainsi sourit cette gorge qui, de granit ou de schiste, serait sinistre, effroyable. Elle est gaie, même dans les ruines titaniques de ses dolomies, murs, tours et clochers de deux cités surhumaines, comme si les causses dont elles sont le rebord, étaient deux Babylones près de crouler de 500 à 600 mètres de haut. La première grande fontaine que le Tarn y rencontre, à Castelbouc, le rend navigable aux barques pendant les deux tiers de l'année ; elle sort des cavernes du Méjean par un portail de rocher : faible en été, c'est en hiver un torrent qui ne sait comment s'enfuir assez vite par la grande ogive de sa grotte ; tout près, d'un antique hameau pierreux s'élance un pic de 60 mètres où veillait une tour qui n'est plus qu'un décombre." Émilienne a peut-être également lu l'article d'Alphonse Lequeutre, président d'honneur de la section du Club alpin français de la Lozère et des Causses, publié dans Le Tour du monde ("Le Cagnon du Tarn", 1886-2, pp. 273-304, avec dessins de G. Vuillier), suivi de celui du spéléologue Édouard-Alfred Martel ("Le Causse Noir et Montpellier-le-Vieux" pp. 305-320). En effet, la famille visite les grottes à stalactites de Dargilan, et diverses excursions dans la région les mènent dans le cagnon de la Jonte, celui de Trévesel, à Meyrueis, Gilan, Roquesaltes, Bramabiau, Florac, Villefort, les Vans, Païolive, Vallon, Pont d'Arc, Vals, pour finir par les volcans du Vivarais et Le Puy. Ce livre termine la belle collection Notre pays de France, composée de quatre volumes, les trois premiers étant Autour des Puys (1888, cf. PH 10/200, réédité en 1892 sous le titre En cheminant (Auvergne)), Le Roi du biniou (Bretagne) (1889, réédité en 1893) et Fleur des Alpes (1891, cf. PH 1/10). Très bel exemplaire.
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