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LAFON (Mary) et DORÉ (Gustave). Le chevalier noir.

LAFON (Mary) et DORÉ (Gustave). Le chevalier noir.

SKU : 9501341
500,00 €Prix
Paris, Michel Lévy frères, éditeur, Librairie nouvelle, 1876, in-8 (27 x 18 cm), percaline rouge. Au premier plat, doré, le chevalier noir (Jaufre) portant étendard (épisode du nain gardien de la lance, son maître gisant à terre, chap. 3), château au second plan. Encadrement noir (frise et écoinçons) au second plat, au dos décor doré (lance, heaumes, serpent, blason et épées croisées), tr. dorées, (4)-XV-(I)-145-(3) pp. ¦Première publication dans la Revue de Paris, 1er mai 1855, pp. 401-441. Édition originale sous le titre Les Aventures du chevalier Jaufre et de la belle Brunissende (Paris, Librairie Nouvelle, 1856, gr. in-8, percaline noire chagrinée polychrome), illustrée de 20 hors-texte par Gustave Doré.Nouvelle édition illustrée des mêmes 20 hors-texte par Gustave Doré.Journaliste et littérateur, Jean-Bernard Lafon, dit Mary-Lafon (1812-1884) est un précurseur de la renaissance occitane, titulaire de la chaire de littérature française de l'Université de Toulouse (1847). Après les fastes de la période romantique, il redécouvre et traduit du provençal ce roman qu'il présente en ces termes : « La France littéraire ne se doute pas de ses richesses. Il y a dans les catacombes de ses bibliothèques et de ses archives une foule de joyaux inconnus qui feraient briller d'un nouvel et vif éclat sa couronne poétique. Le grand siècle n'en soupçonna pas même l'existence ; le dix-huitième passa sans les voir ; et si, de nos jours, quelques érudits ont songé à les mettre en lumière, le bruit de leurs travaux, très superficiels et très incomplets d'ailleurs, n'a pas franchi le seuil de l'Institut.« Il reste donc, en ce qui touche le midi surtout, à ouvrir le filon de cette mine d'or, mine vierge encore, car Sainte-Palaye, Rochegude, Raynouard, Fauriel n'ont fait que l'effleurer, et à réhabiliter, au point de vue poétique, le moyen âge, trop sacrifié à la renaissance, trop rigoureusement proscrit par l'Université. Nourris, en effet, dès le collège, des littératures de la Grèce et de Rome, admirables de forme mais un peu sobres d'invention, nous ne pouvons avoir une idée des œuvres où l'imagination de la France, jeune, vive et gaie, a fleuri pleine de fraîcheur comme rose au printemps. On va juger de la valeur de ces poèmes que rimèrent les troubadours dans les douzième et treizième siècles, par le roman dont nous donnons aujourd'hui la primeur au public. Tiré de la poussière où il était enseveli depuis six cents ans, le roman de Jaufre est traduit pour la première fois. En considérant le mérite du livre on peut dire, sans craindre d'être démenti, qu'il méritait cet honneur depuis longtemps. (...) Rien de plus piquant, de plus neuf, de plus fantastique, et qui reflète mieux les caprices charmants de l'imagination méridionale au moyen âge. La société féodale y revit tout entière avec ses féeries, ses fictions chevaleresques, ses mœurs et ses grands coups de lance (...). Deux particularités, qui ne sont point indifférentes pour l'histoire, augmentent encore le prix de cette perle poétique ; l'une est l'influence des idées arabes qu'on y sent de loin comme l'oasis embaumée de l'Orient, et l'autre l'inspiration qu'y puisa évidemment Cervantès. Si on y retrouve effectivement le Roc, les Souhaits et la Tente de la fée Paribanou, souvenirs des Mille et une Nuits, on voit que le roman de Jaufre a fourni au manchot d'Alcala l'idée première de l'aventure des galériens (desdichados galeotes), du Cavalier vert (Cavallero del verde Regidores), de la princesse Micomicona, de la Tête enchantée. » Enfin, conclut Lafon, « N'est-il pas curieux, après l'ingénieux Don Quixote, de lire avec plaisir les aventures d'un chevalier errant ?... »Les compositions de Gustave Doré sont à la hauteur du sujet : dramatiques, héroïques, sinistres, macabres, sombres. Doré est dans son élément lorsquil dessine des aventures médiévales dans des décors grandioses et tragiques, mettant en scène animaux et personnages fantastiques. On en a déjà vu un exemple avec le Roland furieux de lArioste (PH 5/82).Cet ouvrage représente un cas intéressant de réédition dun volume paru vingt ans auparavant. Il forme un trait dunion entre la période antérieure, dite des cartonnages romantiques à mosaïque polychrome, étudiés en 1985 par Sophie Malavieille dans Reliures et cartonnages déditeurs en France au XIXe siècle 1815-1865 (qui le reproduit en noir p. 213). Esthétiquement, le décor ne présente guère de différence avec les nombreuses réalisations de la période ultérieure, après 1865, à tel point que la réédition du livre utilise le même fer sans modification. Lesthétique des années 1870-1900 procède ici directement de la période romantique, en étant réinterprétée en rouge et or, ce qui constitue la différence principale. Ce volume constitue un exemple frappant de cette reconversion chromatique. Ce qui était polychrome et sombre change complètement daspect et devient rutilant et brillant, couleurs revendiquées par lesthétique du plat historié.Bel exemplaire.
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