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LALLEMAND (Charles). De Paris au désert .

LALLEMAND (Charles). De Paris au désert .

SKU : 9501198
950,00 €Prix
P., Librairies-imprimeries réunies, ancienne maison Quantin, 1895, in-4 (32,5 x 25,5 cm), percaline azur. Au premier plat, polychrome, un méhariste sur sa monture face au désert, un squelette blanchi de dromadaire étendu sur le sable à ses pieds. Au second plat, vignette noire au chiffre de l'éditeur, au dos, à l'or, palanquin pour les femmes (p. 112) et palmier, tr. dorées (Gillot, graveur), (4)-198-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 146 compositions, dont 8 aquarelles en couleurs hors-textes et 94 dessins en noir par Charles Lallemand, et 44 photographies (photogravures) d'après Gervais-Courtellemont. Philippeville, Constantine, Batna, Biskra, Touggourt, Ouargla, Ed-Oued, etc., retour par Bône. "Paris relié au Désert par une minuscule conjonction de deux voyelles, comme pour symboliser le rapprochement des extrêmes d'hier ! Quinze heures, - demain deux heures, - de Paris à Marseille ; de Marseille à Philippeville, à peu près vingt-huit heures ; quatorze de Philippeville à Biskra. C'est tout ! Et l'on se trouve comme par enchantement en plein Sahara ; et le soleil radieux a chassé le cauchemar de la vie glacée et figée des régions septentrionales. C'est l'épanouissement de l'être !" s'exclame l'auteur, ajoutant : "Ce livre, artistique et pittoresque, aura rempli son bu t si, tout en réjouissant le lecteur par ses illustrations, il arrive à lui donner une idée d'ensemble, exacte et suffisante, de la contrée qu'il faut traverser pour arriver par le plus court chemin au Sahara." Et concluant de manière facétieuse : "L'auteur ose espérer qu'en prêchant pour le Désert, il n'aura pas prêché...dans le désert". "La France est la première puissance musulmane, et ce n'est point un domaine à dédaigner. Lisez cet ouvrage, où les illustrations, exécutées par l'auteur-artiste, sont si parfaitement adéquates du texte, et vous en serez convaincus" (Le Monde moderne, 1895). Charles Lallemand, né à Strasbourg et mort à Bordeaux (1826-1904) est un auteur éclectique : il fut rédacteur et dessinateur à L'Illustration pendant plus de trente ans (1857-1893). Il illustra une série de quatre livres sur la viticulture par Charles de Lorbac sous le titre Les Richesses gastronomiques de la France (Hetzel, 1868), fonda la revue La Vigne et le vin en Gironde. En 1865, il collabore à la collection photographique de la Galerie universelle des peuples, publiée à Strasbourg (et reprise par Le Petit Journal en 1866), sur Le Wurtemberg et l'Alsace : costumes et paysages, en coopération avec le photographe allemand L. Wolfgang Hart. Il a illustré des livres pour Hetzel (Erckmann-Chatrian, Le Grand-père Lebigre, 1881, avec Benett ; Ernest Van Bruyssel, Les Arbres légendaires). Enfin, il a écrit, et illustré, plusieurs livres sur ses voyages en Afrique du Nord, notamment Tunis et ses environs (1890) et La Tunisie, pays de protectorat français (1892) chez le même éditeur, et tous en percaline azur. Il a publié un livre de référence sur les Nouveaux procédés d'impression autographique et de photo-lithographie (1867). En 1892, il voyage au Proche-Orient avec le photographe Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931). Celui-ci, qui épouse sa fille Hélène en 1893, avait créé en 1888, à Alger, une maison d'édition photographique, qui reproduit et commercialise des photographies de l'Algérie (voir Alain Fourquier, Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931), l'oeuvre d'un photographe, 2010). Ce photographe, qui s'était converti à l'Islam, s'installe à Paris en 1895, et entame une longue collaboration avec L'Illustration, où travaille son beau-père. En 1895, le critique du Polybiblion donne une analyse très intéressante de son livre, insistant sur l'attrait que le monde musulman a sur l'auteur, peut-être influencé en cela par son beau-fils : "Écrivain et dessinateur, l'auteur, qui a accompli ce voyage en compagnie de sa fille, s'est attaché à décrire à la fois avec la plume et avec le crayon ce pays si plein d'attraits qui exerce sur le voyageur une véritable séduction. Chemin faisant, il s'arrête dans les villes, et nous montre Philippeville, Biskra , Sidi-Obka, Touggourth, Témacine, Ouargla, Batna, Timgat, Constantine et Bône. Mais ce sont surtout les beautés de la nature qui le captivent, c'est la population arabe, ce sont les moeurs et les coutumes locales. M. Charles Lallemand est tellement épris de son sujet qu'il va jusqu'à dire (p. 21) que "la polygamie s'impose en quelque sorte, moins pour la satisfaction des sens du maître que pour le service de la tente", jusqu'à trouver (p. 23) que la traite des noirs n'est pas si abominable qu'on le prétend et que l'on ne doit point "s'apitoyer outre mesure sur leur sort, puisque la seule observance des prescriptions renfermées dans le Coran rend leur situation très tolérable." D'ailleurs, pour lui, "le Coran proclame et recommande les vertus chrétiennes" (p . 141), et il se demande "si l'état social musulman n'assure pas à l'individu le bonheur que la civilisation occidentale est impuissante à lui donner." On voit qu'il ne faut pas demander à l'auteur de vues bien élevées, un sentiment réel de ce qui constitue la vraie civilisation : c'est un artiste, et il n'est que cela. Ne cherchons pas dans son livre autre chose que le côté pittoresque du sujet, les curiosités de tout genre dont il nous présente le vivant tableau." Les éditeurs May et Motteroz (ancienne Maison Quantin) publient une Collection Courtellemont, "artistique et pittoresque", ornée d'illustrations phototypiques d'après nature par Courtellemont, écrits par Charles Lallemand, comprenant : Jérusalem, Damas (1894, 100 phototypies dont 22 hors-tex te), Le Caire, préface Pierre Loti (1894, 83 phototypies dont 23 hors-texte) et L'Algérie de nos jours (1893, 84 phototypies dont 24 hors-texte), qui complète le présent volume. Paru en 1895, celui-ci est un des premiers volumes illustrés d'un grand nombre de photographies. Cela n'était pas encore courant dans l'édition, et les magazines grand public (tel Le Tour du monde) commençaient seulement à avoir recours à la photographie plutôt qu'à la gravure sur bois pour leurs illustrations. Parmi les livres illustrés par la photographie, publiés avant 1900, que nous avons déjà présentés, citons : Cherbourg, Paris, Châlons (1896, PH 28/525), Le Village suisse à l'Exposition nationale suisse (1896, photos Fred Boissonnas, PH 19/375), Histoire de France par l'image par Armand Dayot (à partir de 1896, PH 29/547), La Tunisie, sous la dir. de Louis Olivier (Delagrave, 1898, PH 18/356), Sur le Haut-Zambèze de François Coillard (1898, PH 19/368). Que de chemin en si peu d'années, depuis que, en 1890, Aventures de six Français aux colonies, le livre de Gaston Bonnefont ne présentait que deux photographies ! (PH 29/542). Là encore, Lallemand se montre précurseur. Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace (1910). Vicaire, Bibliographie gastronomique (1890), col. 536. Superbe plat historié.
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