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Le Goffic (Charles) et Sévestre (Norbert). Le Roman du Mont Saint-Michel.

Le Goffic (Charles) et Sévestre (Norbert). Le Roman du Mont Saint-Michel.

SKU : 9501378
450,00 €Prix
Paris, Librairie Delagrave, 1935 (impr. 7-34), in-8 (28 x 23,5 cm), percaline grise. Au premier plat, noir, or et blanc, le Chevalier noir (pp. 52-59), cape dorée, sur un cheval blanc, épée en garde, devant la silhouette dorée du Mont-Saint-Michel sur fond de nuées (p. 189). Second plat muet, au dos vignette d'un voilier (p. 189), tête dorée, 189-(3) pp. ¦Édition originale illustrée de 59 dessins par René Giffey, dont 12 à pleine page.Lexergue de Louis Foisil (extrait de La Légende du Mont Saint-Michel, 1911, p. 40) donne le ton :« Des Marches de Bretagne, et jusques à Calais,Seul, le Mont Saint-Michel échappait aux Anglais. »Auteur de nombreux ouvrages, Charles Le Goffic (1863-1932) est un spécialiste renommé de la Bretagne. Moins connu, Norbert Sevestre (1879-1946) est un journaliste polygraphe et romancier populaire. Pour le journal Excelsior, ils ont coécrit un roman-feuilleton en 1912, Pépère de la Sûreté. Après la mort de Charles Le Goffic, ce roman est réédité en 1934 sous le titre L'Étrange énigme de Roz-Hir (Renaissance du livre). Dans le même temps, Norbert Sevestre publie en volume ce qui est devenu une collaboration posthume, expliquant : « Toute fiction nest pas bannie des épisodes que nous avons empruntés à lhistoire si pathétique et si mouvementée du Mont Saint-Michel. Au surplus, notre prétention, dans ce récit, naura été que de divertir la jeunesse en contribuant à linstruire. Lœuvre est restée longtemps sur chantier. Son action se passe au quinzième siècle. Rien ne pressait donc, semblait-il. « Baste ! Elle peut bien attendre, » disait mon illustre collaborateur, sollicité par des travaux littéraires plus urgents. Cétait compter sans les coups du sort. Terrassé en pleine maturité intellectuelle, il na pu parachever la mise au point de notre tâche commune. Quelle y ait perdu, je serai le dernier à y contredire. Je nen ai pas moins conscience davoir fait tout ce qui dépendait de moi pour lui donner jusquau bout ce mouvement et cette couleur quil se complaisait à y mettre, avec cette tenue impeccable quexigeait sa haute conscience professionnelle. Car aucun auteur neut jamais plus que lui le culte de son art et le respect de sa plume. »Fierté bretonne, le Mont Saint-Michel se dresse dans lhistoire et la littérature comme un symbole (de résistance autant que desthétique), attirant tous les regards. Cest aujourdhui une des destinations touristiques les plus célèbres et les plus prisées de France, dautant que son envasement fit lactualité pendant plusieurs années. Les auteurs qui en ont écrit sont innombrables. Il est lobjet de nombreuses légendes et anecdotes, qui ont nourri une importante bibliographie, tant historique que romanesque. Le roman de Paul Féval La Fée des grèves (1851) est resté un classique, celui de J. Joseph-Renaud, LEnlizé du Mont Saint-Michel (1909) est moins connu.En plat historié, il est le cadre de laction du roman de Marie Miallier, Les Enfants de Louisette (1893, PH 39-719), qui se situe également sur lîlot de Tombelaine. Tous les guides et toutes les histoires de Bretagne et de Normandie le mentionnent : Albert Robida (La Vieille France. Normandie, 1890, PH 30-577), Jules Gourdault (La France pittoresque, 1894, PH 20-382) ou Constant de Tours (Vingt jours sur les côtes de Normandie et de Bretagne et à lIle de Jersey, 1898, PH 36-670).Charles Le Goffic a son spécialiste en la personne de Jean-André Le Gall, auteur de Charles Le Goffic, 1863-1932, ou de la difficulté d'être Breton : biographie (La Plomée, 2001). Dans sa préface à une réédition de L'Étrange énigme de Roz-Hir (Ed. des Régionalismes, 2017), il écrit : « On sait fort peu de choses de Norbert Sevestre (Colleville, 1879-Paris, 1946), auteur très prolixe, puisque, durant la seule année 1909, il publia, entre autres, trois romans-feuilletons policiers situés en Bretagne : Le Manoir de Créc'h an vran, Les Vampires du cimetière et Double-Taf le dernier des Pentyerns [Il sagit de trois épisodes de la série Sâr Dubnotal, parus en fascicules anonymes]. Dans ce dernier roman, qui n'est pas sans rappeler Morgane de Charles Le Goffic (1898), il fait référence à une autre œuvre de cet auteur : L'Âme Bretonne. Dans quelles circonstances ces deux auteurs se sont-ils rencontrés et ont-ils décidé de collaborer ? En 1909, seule la première série de L'Âme Bretonne était parue. »Jean-André Le Gall pense que, à lapproche de la cinquantaine, Le Goffic connut une « sorte de dépression : collaborer à l'écriture d'un roman-feuilleton put lui apparaître comme un salutaire dérivatif, une sorte de récréation avant de s'atteler au projet qui lui était venu à l'esprit durant son étude sur Tristan Corbière : un roman sur le camp de Conlie qui, pour cause de guerre mondiale, restera à l'état d'ébauche. Ce qui est certain, c'est que, suite à cette première collaboration, Le Goffic et Sevestre se fréquenteront à Paris, le Journal de Guerre du premier mentionne plusieurs de leurs rencontres. Et c'est encore à Paris, le 5 janvier 1931, que Sevestre recevra quelques-unes des dernières confidences de Le Goffic, malade, peu avant son départ pour Lannion où il mourra un mois plus tard. »Le roman de Le Goffic et Sévestre reçoit un accueil dithyrambique de la part de la revue L'Éducation physique (1935, p. 72) : « Enfin, le livre que, sans hésitation, nous donnerons à tout enfant de 12 à 15 ans cela dépend de la précocité amoureux d'aventure, de risque, d'exercice, de prouesses, d'adresse et de courage, en un mot d'héroïsme : Le Roman du Mont St-Michel, par Charles Le Goffic et Norbert Sevestre. Charles Le Goffic mourut avant l'achèvement du livre, Norbert Sevestre le dit, mais rien ne permet de s'apercevoir d'un changement tant l'ouvrage a d'unité et tant il est d'un style excellent. C'est un très beau récit du XVe siècle, épisode de la résistance constamment victorieuse que le Mont Saint-Michel soutint contre les Anglais. Un jeune garçon en est le héros. D'excellentes illustrations donnent plus de prix encore à ce très bel ouvrage. »Lillustrateur René Giffey (1884-1965) sest surpassé avec sa finesse de trait habituelle, dans la représentation de ces aventures mouvementées, tant dans les scènes de bataille que dans les paysages ou les scènes intimes. Son chevalier noir à larmure mystérieuse est de la plus belle prestance. Nous lavons déjà rencontré comme illustrateur de LIle du solitaire de Maurice Champagne (Delagrave, 1913, PH 34/640). Le Dico Solo note quil fut un « élève exemplaire en histoire de France ». Ayant suivi lécole des Arts décoratifs puis les Beaux-arts, il débute chez Delagrave en 1904 (presse et livres). Sa passion pour lhistoire est constante durant toute sa carrière et transparaît avec force dans son travail pour Le Roman du Mont Saint-Michel.Cet ouvrage, devenu classique, a été réédité plusieurs fois chez Delagrave, avec de nouvelles illustrations : en 1954 et 1961, illustré par Pierre Leroy et en 1969, illustré par Henri Dimpre.Exemplaire superbe.
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